Ô Messager de Dieu, on dirait qu’il a su que tu es Prophète. Le Messager de Dieu (ﷺ) dit alors : « Entre ses deux labtayha (les deux limites rocheuses de Médine), il n’y a personne qui ne sache que je suis le Prophète de Dieu, mis à part les mécréants parmi les djinns et les humains. » (1)
Selon cette chaîne de transmission, il s’agit d’un hadith rapporté d’après Ibn ‘Abbâs qui est très rare. La version la plus vraisemblable est celle transmise par l’imam Aḥmad d’après Jâbir, à moins qu’al-Ajlaḥ l’ait rapporté d’après adh-Dhiyâl, d’après Jâbir et Ibn ‘Abbâs. Dieu est plus savant.
Il existe une autre chaîne de transmission renvoyant à Ibn ‘Abbâs. L’historien ḥâfiẓ Abû al-Qâsim aṭ-Ṭabarânî relate : « Nous a rapporté al-‘Abbâs ibn al-Faḍl al-Asfaṭî, qui tenait d’Abû ‘Awn az-Ziyâdî, lui-même d’Abû ‘Azza ad-Dabbâgh, d’Abû Yazîd al-Madînî, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs… »
Un homme des Anṣâr possédait deux chameaux mâles (ou deux bêtes) devenus agressifs. Il les conduisit dans un enclos, en ferma la porte, puis vint voir le Messager de Dieu (ﷺ) pour qu’il invoque Dieu en sa faveur. Le Prophète se trouvait alors assis avec un groupe d’Anṣâr. L’homme s’adressa à lui en disant : « Ô Prophète de Dieu, je suis venu pour une requête : j’ai deux chameaux mâles devenus furieux ; je les ai enfermés dans un enclos dont j’ai obstrué la porte. J’aimerais que tu pries Dieu pour qu’Il me les rende dociles. »
Le Prophète (ﷺ) dit à ses Compagnons : « Levez-vous, allons-y. » Ils allèrent jusqu’à la porte et il dit : « Ouvre. » L’homme craignit pour le Prophète (ﷺ), mais celui-ci insista : « Ouvre. » Lorsque la porte fut ouverte, l’un des deux chameaux, placé non loin, aperçut le Messager de Dieu (ﷺ) et se prosterna devant lui. Le Prophète déclara alors : « Apporte-moi de quoi lui attacher la tête, et je te le rendrai maniable. » L’homme revint avec un licou, l’attacha, et le Prophète (ﷺ) le lui soumit.
Ensuite, le Prophète (ﷺ) se dirigea vers l’autre chameau, resté au fond de l’enclos ; quand celui-ci le vit, il se prosterna de même devant lui. Le Prophète (ﷺ) dit à l’homme : « Apporte-moi de quoi lui attacher la tête. » L’homme fit ce qu’il avait dit, et le Prophète (ﷺ) lui en facilita également la maîtrise. Puis il lui dit : « Va, désormais il ne te désobéira plus. » Voyant cela, les Compagnons s’exclamèrent : « Ô Messager de Dieu, voilà que ces deux bêtes se sont prosternées devant toi. Ne devrions-nous pas nous prosterner devant toi ? » Le Prophète (ﷺ) répondit : « Je n’ordonne à personne de se prosterner devant un autre. Si j’ordonnais à quelqu’un de se prosterner devant un autre, j’ordonnerais plutôt à la femme de se prosterner devant son mari. » (3)
Cette chaîne de transmission est singulière, et le texte rapporté l’est également. Ce hadith fut également relaté par le juriste Abû Muḥammad ‘Abd Allâh ibn Ḥâmid dans son ouvrage « Dalâ’il an-Nubuwwa », par l’intermédiaire d’Aḥmad ibn Ḥamdân as-Sijzî, de ‘Umar ibn Muḥammad ibn Bujayr al-Bujayrî (4), de Bishr ibn Ādam (5), et de Muḥammad ibn ‘Awn Abû ‘Awn al-Ziyâdî, selon cette même version.