Le Prophète (ﷺ) se rendit dans ce verger alors que le champ et les palmiers étaient assoiffés. Il dit à ses compagnons : « Levez-vous. » Ils se levèrent, puis entrèrent dans le verger où se trouvait le chameau dans un coin. Le Prophète (ﷺ) s’avança vers lui. Les Anṣār dirent alors : « Ô Messager de Dieu, il est devenu comme un chien enragé et nous craignons qu’il ne t’attaque. » Il répondit : « Il ne me fera aucun mal. » Lorsque le chameau vit le Prophète (ﷺ), il s’approcha de lui et se prosterna devant lui. Le Prophète (ﷺ) saisit alors sa huppe et jamais l’animal ne s’était montré aussi docile. Il l’emmena travailler, puis ses compagnons dirent : « Ô Messager de Dieu, cette bête dépourvue de raison se prosterne devant toi, et nous, nous serions bien plus en droit de le faire… » Le Prophète (ﷺ) dit : « Il n’est pas permis à un humain de se prosterner devant un autre. Si cela avait été permis, j’aurais ordonné à la femme de se prosterner devant son époux en raison de l’immensité de son droit sur elle. Par Celui qui détient mon âme entre Ses mains, si, du bas de son pied jusqu’au sommet de sa tête, il avait une plaie qui éclatait (1) de pus et de sang corrompu, et qu’elle vînt à le lécher, elle ne s’acquitterait toujours pas de son devoir envers lui. »
C’est là une chaîne de transmission jugée bonne. An-Nasā’ī en a rapporté une partie d’après le hadith de Khalaf ibn Khalīfa (2).
• Récit de Jābir à ce sujet : L’Imām Aḥmad (3) a rapporté : « Mus‘ab ibn Sallām – je l’ai entendu de son père à deux reprises – nous a rapporté d’al-Ajlaḥ, d’après adh-Dhiyyāl ibn Ḥarmalah, d’après Jābir ibn ‘Abd Allāh, qui a dit : “Nous revenions d’un voyage avec le Messager de Dieu (ﷺ) lorsque nous arrivâmes à un verger parmi les vergers des Banū an-Najjār. Dans ce verger se trouvait un chameau qui s’attaquait à quiconque y pénétrait. Les gens en informèrent le Prophète (ﷺ). Il vint alors jusqu’à l’entrée du verger, appela le chameau, lequel s’approcha en posant son museau à terre avant de s’agenouiller devant lui. Le Prophète (ﷺ) dit : ‘Apportez-moi une corde’. Il l’attacha et le rendit à son propriétaire. Puis il se tourna vers les gens et dit : ‘Il n’est rien entre le ciel et la terre qui ne sache que je suis le Messager de Dieu, hormis les rebelles parmi les djinns et les humains.’” » Seul l’Imām Aḥmad a rapporté ce récit (4). Il sera également rapporté de Jābir par une autre voie, avec une formulation différente, si Dieu le veut, et en cela se trouve la confiance.
• Récit d’Ibn ‘Abbās : Al-Ḥāfiẓ Abū l-Qāsim aṭ-Ṭabarānī a dit : « Bišr ibn Mūsā nous a rapporté, Yazīd ibn Mihrān – le frère de Khālid al-Jayyār – nous a rapporté, Abū Bakr ibn ‘Ayyaš nous a rapporté, d’al-Ajlaḥ, d’adh-Dhiyyāl ibn Ḥarmalah, d’après Ibn ‘Abbās, qui a dit : “Des gens vinrent trouver le Messager de Dieu (ﷺ) en disant : ‘Ô Messager de Dieu, nous avons un chameau qui s’est emballé dans un verger.’ Le Prophète (ﷺ) se rendit auprès de l’animal et l’appela : ‘Viens.’ Le chameau s’avança alors, tête baissée, jusqu’à ce qu’il le capturât et le remît à ses compagnons. Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq dit alors au Prophète…” »