Un homme se présenta, et le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) lui dit : « Le réaliseras-tu ? » Il répondit : « Oui, si Dieu le veut. » Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) lui demanda : « Quel est ton nom ? » Il dit : « Ibrahim. » Le Prophète reprit : « Alors, fais-le. »
Lorsque le vendredi arriva, les gens se rassemblèrent autour du Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) à l’arrière de la mosquée. Quand il monta sur la chaire et s’y installa, le tronc de palmier poussa un gémissement, si fort qu’il parvint jusqu’à moi qui me trouvais au fond de la mosquée. Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) descendit alors de la chaire et l’étreignit, et ne se détacha de lui qu’après qu’il se fut apaisé. Puis il remonta en chaire, loua Dieu et L’exalta, avant de dire : « Ce tronc a gémi par désir du Messager de Dieu, lorsqu’il s’est séparé de lui. Par Dieu, si je n’étais pas descendu l’embrasser, il n’aurait pas cessé de gémir jusqu’au Jour de la Résurrection. »
Cette chaîne de transmission est conforme aux critères de l’imam Muslim, mais la narration présente une étrangeté, et Dieu le Très-Haut sait mieux.
Une autre voie provient d’Abou Sa‘îd. Le ḥâfidh Abou Ya‘lâ (1) rapporte : « Masroûq ibn al-Marzoubân nous a dit : “Yahya ibn Zakariyya nous a transmis, d’après Moujâlid, d’après Abou al-Waddâk — autrement dit Jabr ibn Nauf —, d’après Abou Sa‘îd : Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) se tenait d’ordinaire debout, appuyé à un morceau de bois pour prêcher chaque vendredi, jusqu’à ce qu’un homme venu de Byzance (2) s’approchât de lui et lui dît : ‘Si tu le souhaites, je te fabriquerai un objet tel que, lorsque tu t’assiéras dessus, tu auras l’air de rester debout.’ Il répondit : ‘Oui.’ Cet homme confectionna alors la chaire. Une fois que le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) s’y assit, le morceau de bois poussa un gémissement semblable à celui d’une chamelle pour son petit, jusqu’à ce que le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) descendît et posât sa main sur lui. Le lendemain, je constatai qu’on l’avait déplacé. Nous nous exclamâmes : ‘Que s’est-il passé ?’ Et on nous répondit : ‘Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), Abou Bakr et ‘Oumar sont venus hier soir et l’ont déplacé.’” »
Cela aussi est une narration étrange (3).
Le huitième hadith provient de Aïcha (que Dieu l’agrée). Le ḥâfidh Abou No‘aym (4) le rapporte, via ‘Ali ibn Ahmad al-Jourbi, Qabîsa, Hayyân ibn ‘Ali, Sâlih ibn Hayyân, ‘Abdallah ibn Buraïda, puis Aïcha. Le récit est relaté en entier et il y est dit que le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) laissa au tronc le choix entre ici-bas et l’au-delà. Celui-ci choisit l’au-delà, puis s’enfonça jusqu’à disparaître et ne fut plus reconnu (5). Il s’agit d’un hadith à la fois étrange dans sa chaîne de transmission et dans son texte.