Le premier hadith, rapporté par Ubayy ibn Kaʿb :
L’imam Abū ʿAbd Allāh Muḥammad ibn Idrīs al-Shāfiʿī – qu’Allah lui fasse miséricorde – (1) a dit : « Ibrāhīm ibn Muḥammad nous a rapporté : ‘Abd Allāh ibn Muḥammad ibn ʿAqīl m’a informé, d’après al-Ṭufayl ibn Ubayy ibn Kaʿb, d’après son père, qui raconta : “Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) priait adossé à un tronc de palmier lorsque la mosquée n’était qu’une simple structure de branchages. Il s’y appuyait également pour prononcer le prône (khuṭba). L’un de ses compagnons lui dit alors : ‘Ô Messager de Dieu, aimerais-tu que nous fabriquions pour toi une chaire (minbar) afin que tu puisses te tenir dessus le jour du vendredi et que les gens entendent ton sermon ?’ Il répondit : ‘Oui.’ On la lui fabriqua donc avec trois marches, celles qui se trouvent encore sur le minbar. Lorsque le minbar fut construit et installé à l’endroit choisi par le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), il voulut y monter pour prononcer son sermon. En passant devant le tronc qu’il utilisait auparavant, celui-ci émit un gémissement si fort qu’il se fendit et se brisa. Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) descendit aussitôt en entendant ce son, le toucha de sa main, puis repartit vers le minbar. Plus tard, quand la mosquée fut reconstruite, Ubayy ibn Kaʿb – qu’Allah l’agrée – récupéra ce tronc, et il resta chez lui jusqu’à ce qu’il se décompose, que les termites le consument et qu’il redevienne poussière.” (2)
C’est ainsi que l’a également rapporté l’imam Aḥmad ibn Ḥanbal (3), d’après Zakariyyā ibn ʿAdī, via ʿUbayd Allāh ibn ʿAmr al-Raqqī, rapportant de ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn ʿAqīl, selon al-Ṭufayl, selon Ubayy ibn Kaʿb. Le récit précise qu’il (le Prophète) toucha le tronc de sa main jusqu’à ce qu’il se calme, puis retourna au minbar et pria en se plaçant face à lui. Le reste du récit est identique. Ibn Mājah (4) le rapporte également d’après Ismāʿīl ibn ʿAbd Allāh al-Raqqī, qui le tient de ʿUbayd Allāh ibn ʿAmr al-Raqqī.
Le deuxième hadith, rapporté par Anas ibn Mālik :
Le ḥāfiẓ Abū Yaʿlā al-Mawṣilī (5) a dit : « Abū Khaythama nous a rapporté, ʿUmar ibn Yūnus al-Ḥanafī nous a rapporté, ʿIkrima ibn ʿAmmār nous a rapporté, Isḥāq ibn ʿAbd Allāh ibn Abī Ṭalḥa nous a rapporté, d’après Anas ibn Mālik : Un jour de vendredi, le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) s’adossait à un tronc dressé dans la mosquée pour faire son sermon devant les fidèles. Un Romain vint à lui et proposa : ‘Ne voudrais-tu pas que je te fabrique quelque chose pour t’asseoir, comme si tu étais debout ?’ Il lui confectionna alors un minbar à deux marches, avec un siège sur la troisième. Quand le Prophète de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) s’assit sur ce minbar, le tronc se mit à gémir, à la façon d’un bœuf, et son gémissement fit frémir l’assemblée, tant il manifestait sa tristesse pour le Messager de Dieu. Le Prophète descendit alors du minbar, l’enlaça tandis qu’il continuait de gémir, et il cessa aussitôt lorsqu’il fut ainsi enlacé. Puis le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) dit : ‘Par Celui qui détient l’âme de Muḥammad dans Sa main, si je ne l’avais pas enlacé, il aurait continué ainsi jusqu’au Jour de la Résurrection, par tristesse pour le Messager de Dieu.’ Le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) ordonna ensuite qu’on l’enterrât.”