Yahyâ ibn ‘Abbâs al-Qattân raconta : « Ḥafṣ ibn ‘Amr nous transmit le récit suivant, rapporté par Sahl ibn Ziyâd Abû Ziyâd, qui le tenait de Ayyûb as-Sakhtiyânî, d’après Muḥammad ibn Sîrîn, d’après Abû Hurayra : Le Messager de Dieu (ﷺ) participa à une expédition où les compagnons souffrirent d’une pénurie de nourriture. Il s’adressa alors à moi en ces termes : “Ô Abû Hurayra, as-tu quelque chose ?” Je répondis : ‘J’ai un peu de dattes dans un petit sac.’ Le Prophète (ﷺ) dit : “Apporte-les.” Je les lui apportai, puis il dit : “Apporte un tapis.” J’apportai un tapis et l’étendis. Le Prophète (ﷺ) y introduisit sa main et saisit les dattes, qui se trouvèrent être au nombre de vingt et une (dattes) (puis il dit : Au nom de Dieu) (1). Il se mit à les poser une à une en prononçant le nom de Dieu, jusqu’à ce qu’il ait déposé toutes les dattes. Puis il rassembla le tout et dit : “Appelle untel et ses compagnons.” Ils mangèrent à satiété et partirent. Ensuite il dit : “Appelle untel et ses compagnons.” Ils mangèrent à satiété et partirent. Puis il répéta : “Appelle untel et ses compagnons.” Ils mangèrent à satiété et partirent. De nouveau, il dit : “Appelle untel et ses compagnons.” Ils mangèrent à satiété et partirent, et il en resta encore. Il me dit alors : “Assieds-toi.” Je m’assis, il mangea et je mangeai, puis il restait encore des dattes. Je les remis dans mon petit sac. Il me dit : “Ô Abû Hurayra, lorsque tu voudras en prendre, introduis-y la main et prends, sans jamais le secouer (2) afin qu’il ne soit pas secoué pour toi.” »
Abû Hurayra poursuivit : « Chaque fois que j’avais besoin de dattes, j’y plongeais la main et j’en sortais assez pour cinquante wasq dans la voie de Dieu. Le sac était suspendu derrière ma monture, puis arriva le temps du califat d’Othmân, et il fut perdu (3). »
[Une autre voie de transmission à propos de ce récit d’Abû Hurayra]
Al-Bayhaqî le rapporta par deux chaînes, d’après Sahl ibn Aslam al-‘Adawî, d’après Yazîd ibn Abî Manṣûr, d’après son père, d’après Abû Hurayra, qui dit : « J’ai subi trois malheurs dans l’Islam, comme jamais je n’en connus de pareils : la mort du Messager de Dieu (ﷺ) – alors que j’étais son compagnon –, l’assassinat d’Othmân, et la perte de mon petit sac. » On lui demanda : « Qu’est-ce que ce petit sac, ô Abû Hurayra ? » Il répondit : « Nous étions en voyage avec le Messager de Dieu (ﷺ). Il me dit : “Ô Abû Hurayra, as-tu quelque chose ?” Je répondis : “Des dattes dans un petit sac.” Il dit alors : “Apporte-les.” J’apportai les dattes et il les toucha, puis invoqua la bénédiction sur elles. Ensuite il déclara : “Appelle dix personnes.” Je les appelai, ils mangèrent jusqu’à satiété. Il en fut ainsi jusqu’à ce que tout le groupe eût mangé, et il resta encore des dattes dans mon sac. »
Abû Hurayra poursuivit : « Le Prophète (ﷺ) me dit alors : “Ô Abû Hurayra, quand tu voudras en prendre, mets la main dedans sans le renverser.” Ainsi, j’en ai mangé tout au long de la vie du Prophète (ﷺ), durant toute la vie d’Abû Bakr, puis durant toute la vie de ‘Umar, et également pendant toute la vie d’Othmân. Mais lorsque ‘Uthmân fut tué, on me pilla ce que je possédais et l’on me prit le petit sac. Ne voulez-vous pas que je vous informe de la quantité dont j’ai mangé ? J’en ai consommé plus de deux cents wasq (4). »