C’est Ibn Abî Ziyâd qui rapporte, d’après ‘Âsim ibn ‘Ubayd Allâh ibn ‘Âsim, d’après son père, d’après son grand-père ‘Umar, qui a dit : « Nous étions avec le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) au cours d’une expédition. Nous dîmes : “Ô Messager de Dieu, l’ennemi est arrivé, ils sont rassasiés alors que les gens sont affamés.” Les Anṣâr dirent alors : “Ne devrions-nous pas abattre nos chamelles (nouâdhi) pour en nourrir les gens ?” Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) répondit : “Que celui qui possède un surplus de nourriture l’apporte.” »
Chacun apporta alors un mudd ou un sâ‘, parfois moins, parfois plus, et le total de la nourriture dans l’armée s’éleva à une vingtaine de sâ‘. Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) s’assit à côté de cela et invoqua la bénédiction. Puis il déclara : « Prenez, mais ne vous jetez pas dessus comme en plein pillage. » Ainsi, chacun prenait de la nourriture dans son jîrâb (1) ou sa ghirâra (2), et dans leurs divers récipients, au point que certains nouaient la manche de leur chemise pour la remplir. Lorsqu’ils eurent fini, la nourriture demeura telle qu’elle était. Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) déclara alors : « Je témoigne qu’il n’est de divinité qu’Allâh et que je suis le Messager d’Allâh. Quiconque les prononce sincèrement se verra préservé de l’ardeur du Feu. » (3)
Abû Ya‘lâ (4) a également rapporté ce hadith, d’après Isḥâq ibn Ismâ‘îl al-Ṭâlaqânî, d’après Jarîr, d’après Yazîd ibn Abî Ziyâd, puis il le mentionna. Ce qui précède confirme sa validité et constitue une corroboration de ce qui précède. Dieu est plus savant.
[Autre hadith de Salama ibn al-Akw‘ à ce sujet]
Al-Ḥâfiẓ Abû Ya‘lâ a dit : « Muḥammad ibn Bashshâr nous a rapporté, Ya‘qûb ibn Isḥâq al-Ḥaḍramî al-Qârî nous a rapporté, ‘Ikrima ibn ‘Ammâr nous a rapporté, d’après Iyâs ibn Salama, d’après son père, qui a dit : “Nous étions avec le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) lors de la bataille de Khaybar. Il nous ordonna de rassembler ce qui restait de nos provisions — à savoir des dattes — puis il étendit une natte (5) sur laquelle nous dispersâmes nos vivres. Je m’étirai (6) pour observer et j’en estimai la quantité à ce qu’occuperait une brebis (7), alors que nous étions quatorze cents personnes. Nous mangeâmes, puis je m’étirai à nouveau pour regarder et j’estimai qu’elle occupait toujours la même place (8).”
Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) dit alors : “Y a-t-il de l’eau pour faire les ablutions ?” Un homme vint avec une petite quantité d’eau dans une gourde, que le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) mit dans un récipient. Nous fîmes alors tous nos ablutions en la versant généreusement (9), alors que nous étions quatorze cents. Ensuite, des gens arrivèrent…” »