Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Une brebis fut abattue, puis préparée, et le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) ordonna de faire rôtir le « sawad al-batn » (la partie ventrale). Il raconta : « Par Dieu, il n’y avait pas une seule des trente ou cent personnes présentes à qui le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) n’ait découpé un morceau de la partie ventrale. Si l’homme était là, il le lui donnait ; s’il était absent, il le réservait pour lui. » Il poursuivit : « Il en prépara ensuite deux coupes, et nous en mangeâmes tous, nous fûmes rassasiés et il en resta encore dans ces deux coupes. Nous l’avons alors chargé sur le chameau, ou c’est ce qu’il a dit. » Al-Bukhârî et Muslim (1) ont aussi rapporté ce récit, d’après le hadith de Muʿtamir ibn Sulaymân.

[Autre hadith sur la multiplication de nourriture durant un voyage]

L’imam Aḥmad rapporta : « Fazâra ibn ʿUmar nous a transmis, et Fulayḥ nous a informés, d’après Suhayl ibn Abî Ṣâliḥ, d’après son père, d’après Abû Hurayra, qui a dit : “Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) partit en campagne militaire. Les musulmans s’y retrouvèrent à court de provisions et eurent besoin de nourriture. Ils demandèrent alors la permission au Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) d’abattre leurs chameaux, et il leur permit. Cela parvint toutefois à ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb (qu’Allâh l’agrée), qui vint alors trouver le Prophète et lui dit : ‘Ô Messager de Dieu ! Leurs chameaux les portent et leur permettent d’atteindre leur ennemi ; vont-ils les abattre ? Invoque plutôt, ô Messager de Dieu, la bénédiction sur le peu de provisions qui leur reste !’” Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) répondit : “Fort bien.” Il fit alors apporter ce qui restait de leurs vivres. Les gens vinrent avec ce qui leur restait, il réunit le tout, puis invoqua la bénédiction d’Allâh (Gloire et Pureté à Lui) sur ces provisions. Après quoi, il fit appeler chacun à venir avec son récipient, il le leur remplit, et il en subsista encore beaucoup. »

Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) déclara alors : « Je témoigne qu’il n’est de dieu qu’Allâh, et je témoigne que je suis le serviteur de Dieu et Son Messager. Quiconque Le rencontre muni de ces deux attestations, sans en douter, entrera au Paradis » (3).

Ce hadith est également rapporté par Jaʿfar al-Firyâbî, d’après Abû Muṣʿab al-Zuhrî, d’après ʿAbd al-ʿAzîz ibn Abî Ḥâzim, d’après son père, d’après (4) Suhayl, selon la même chaîne de transmission. Muslim et al-Nassâ’î (5) ont tous deux rapporté ce hadith par l’intermédiaire d’Abû Bakr ibn Abî al-Naḍr, d’après son père, d’après ʿUbayd Allâh al-Ashjaʿî, d’après Mâlik ibn Mighwâl, d’après Ṭalḥa ibn Muṣarrif, d’après Abû Ṣâliḥ, d’après Abû Hurayra, avec le même contenu. Quant au ḥâfiẓ Abû Yaʿlâ al-Mawṣilî (6), il transmit : « Zuhayr nous a rapporté, Abû Muʿâwiya nous a rapporté, d’après al-Aʿmash, d’après… ».

(1) Rapporté par al-Bukhârî dans son Sahîh, n° 2216 dans la section des ventes (al-bayûʿ), et dans le dossier n° 2618 dans la section des dons (al-hibah), ainsi que par Muslim dans son Sahîh, n° 2056 dans la section des aliments (al-aṭʿimah). (2) « Bughbarât al-zād » : les restes de la provision. (3) Rapporté par l’imâm Aḥmad dans son Musnad (2/421‑422). Dans sa chaîne de transmission figure Fazārah b. ʿUmar Abû al-Faḍl. Le huffâdh (spécialiste de la recension des hadiths) dans son œuvre « Taʿjîl al-Manfaʿa » note que ce hadith mérite une réflexion ; ainsi, Falîḥ Dammân, qui faisait partie des narrateurs cités par al-Bukhârî, améliore la valeur du hadith par le suivi (moutâbaʿa). (4) Dans l’édition imprimée : « ʿan abīhi Suhayl » (d’après son père Suhayl), ce qui est une erreur évidente. En réalité, il le rapporte d’Abû Hâzim Sulaymâ b. Dînâr, de Suhayl, avec cette chaîne. Je n’ai pas trouvé un tel récit dans les ouvrages anciens. Il est bien attesté qu’Abd al-ʿAzîz l’a rapporté de Suhayl, d’al-ʿAmash, d’Abû Ṣâlih, d’Abû Hurayra, comme dans le Musnad d’Abû ʿAwâna (1/8) et dans les Sunan an-Nasâʼî al-Kubrâ (8796). (5) Rapporté par Muslim dans son Sahîh n° 27 dans la section de la foi (al-īmān), et par an-Nasâʼî dans la section al-Kubrâ (8794). (6) Rapporté par Abû Yaʿlâ dans son Musnad n° 1199.
شاة، فصنعت، وأمر النَّبِيّ ﷺ بسواد البطن أن يشوى، قال: وايم الله ما من الثلاثين والمئة إِلَّا قد حز له رسولَ الله حزةً من سَوَاد بطنِها، إن كان شاهدًا أعطاه إياه، وإن كان غائبًا خبَّأ له، قال: وجعلَ منها قصعتين، قال: فأكلنا منهما أجمعون وشبعنا وفَضَلَ في القصعتين، فحملناه على البعير، أو كما قال. وقد أخرجه البخاريُّ ومسلم (١) ، من حديث معتمر بن سليمان. [حديث آخر في تكثير الطعام في السفر] قال الإمام أحمد: حَدَّثَنَا فزارة بن عمر، أخبرنا فُلَيحٌ، عن سُهيل بن أبي صالح، عن أبيه، عن أبي هريرة قال: خرجَ رسول الله ﷺ في غزوة غزاها، فأرملَ فيها المسلمون، واحتاجوا إلى الطعام، فاستأذنوا رسولَ الله ﷺ في نَحرِ الإبل فأذنَ لهم، فبلغَ ذلك عمرَ بن الخطاب (رضي الله عنه) قال: فجاء فقال: يا رسولَ الله، إبلُهم تحملُهم وتبلِّغُهم عدوَّهم ينحرونَها؟ ادعُ يا رسول الله، بغبراتِ (٢) الزَّادِ، فادعُ الله – Exalté soit-Il – فيها بالبركة، قال: "أجل" فدعا بغبرات الزاد، فجاء الناس بما بقي معهم، فجمَعه ثم دعا له – Exalté soit-Il – فيه بالبركة، ودعاهم بأوعيتهم فملأها وفضل فضل كثير، فقال رسول الله ﷺ عند ذلك: "أشهد أن لا إله إِلَّا اله وأشهدُ أني عبدُ الله ورسوله، ومن لقيَ الله – Exalté soit-Il – بهما غيرَ شَاك دخلَ الجنة" (٣) . وكذلك رواه جعفر الفريابي عن أبي مصعب الزهري، عن عبد العزيز بن أبي حازم عن أبيه عن (٤) سهيل، به. ورواه مسلم والنسائي (٥) جميعًا، عن أبي بكر بن أبي النضر، عن أبيه، عن عُبيد اللّه الأشجعي، عن مالك بن مِغوَل، عن طلحة بن مصرف، عن أبي صالح، عن أبي هريرة، به. وقال الحافظ أبو يعلى الموصلي (٦) : حَدَّثَنَا زهير، حَدَّثَنَا أبو معاوية، عن الأعمش، عن
(١) رواه البخاري في صحيحه رقم (٢٢١٦) في البيوع، وردم (٢٦١٨) في الهبة، ومسلم في صحيحه رقم (٢٠٥٦) في الأطعمة. (٢) "بغبرات الزاد": بقايا الزاد. (٣) رواه الإمام أحمد في المسند (٢/ ٤٢١ - ٤٢٢) في إسناده فزارة بن عمر، أبو الفضل، قال الحافظ في "تعجيل المنفعة": فيه نظر، وفليح دمان كان من رجال البخاري لكنه إنما يتحسن حديثه بالمتابعة. (٤) في المطبوع: "عن أبيه سهيل" وهو خطأ ظاهر، إنما يرويه عن أبيه أبي حازم سلمة بن دينار، عن سهيل، به. ولم أقف على مثل هذه الرواية في الكتب الأولى. والمحفوظ أن عبد العزيز قد رواه عن سهيل عن الأعمش عن أبي صالح عن أبي هريرة، كما في مسند أبي عوانة (١/ ٨) وسنن النسائي الكبرى (٨٧٩٦). (٥) رواه مسلم في صحيحه رقم (٢٧) في الإيمان، والنسائي في الكبرى (٨٧٩٤). (٦) رواه أبو يعلى في مسنده رقم (١١٩٩).

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