Ils furent anéantis par ce fléau, à l’exception d’une partie équivalant à la place d’un anneau. Puis il (le vent) passa auprès des nomades, les emporta ainsi que leurs troupeaux et leurs biens entre le ciel et la terre. Lorsque les sédentaires de la tribu de ‘Ad virent ce vent et ce qu’il comportait, ils dirent : « C’est un nuage qui va nous apporter la pluie » [Al-Ahqâf, 24]. Alors il précipita les gens de la steppe, leurs troupeaux et leurs biens sur les habitants de la cité.
Al-Tabarânî le rapporta(1) : d’après ‘Abadân ibn Ahmad, d’après Ismâ‘îl ibn Zakariyyâ al-Kûfî, d’après Abû Mâlik, d’après Muslim al-Malâ’î, d’après Mujâhid et Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : Le Messager d’Allâh (ﷺ) a dit : « Allâh n’a libéré contre les ‘Ad qu’un courant d’air de la taille d’une place d’anneau. Puis il fut envoyé contre eux, des bédouins vers les sédentaires. Quand les habitants des cités le virent, ils dirent : “C’est un nuage qui va nous apporter la pluie”, il se dirige vers nos vallées, alors que les gens des campagnes s’y trouvaient. Les gens de la steppe furent ainsi jetés sur les habitants de la cité, jusqu’à ce qu’ils périssent. »
Il ajouta : « Elle (la tempête) se révolta contre ses gardiens jusqu’à sortir par les interstices des portes(2). »
J’ai dit : « Quant à d’autres, ils ont ajouté : “Elle est sortie sans aucun compte.” »
Ce qui compte ici, c’est que ce hadith, quant à son élévation jusqu’au Prophète (ﷺ) (marfû‘), est sujet à examen. Puis il y a divergence sur Muslim al-Malâ’î, et l’on y relève quelque trouble. Allâh sait mieux.
Il ressort clairement du verset que les ‘Ad virent un amas nuageux : l’on comprend qu’ils y percevaient l’éclat de la nuée, comme l’indique le hadith de Hârith ibn Hassân al-Bakrî si l’on en fait un commentaire de cette histoire.
Ce qui l’exprime encore plus nettement, c’est ce que rapporte Muslim dans son Sahîh : il a dit : Abû al-Tâhir nous a relaté, Ibn Wahb nous a relaté, j’ai entendu Ibn Jurayj nous expliquer, d’après ‘Atâ’ ibn Abî Rabâh, d’après ‘Â’isha (qu’Allâh l’agrée) : « Lorsque le vent se levait, le Messager d’Allâh (ﷺ) disait : “Ô Allâh, je Te demande le bien qu’il recèle, le bien qu’il contient et le bien pour lequel il a été envoyé, et je me réfugie auprès de Toi contre son mal, le mal qu’il contient et le mal pour lequel il a été envoyé.” » Elle dit : « Et lorsque le ciel s’obscurcissait, son visage changeait de couleur, il sortait et rentrait, partait et revenait ; puis, lorsqu’il pleuvait, il était soulagé. Je le remarquai et l’interrogeai, et il me répondit : “Peut-être, ô ‘Â’isha, comme les gens de ‘Ad ont dit : ‘Puis quand ils le virent, un nuage se dirigeant vers leurs vallées, ils dirent : C’est un nuage qui nous amène la pluie’ [Al-Ahqâf, 24].” »(4)
Cela a aussi été rapporté par At-Tirmidhî, An-Nassâ’î et Ibn Mâjah(5), d’après Ibn Jurayj.