Personne ne l’affirme, mais ce que l’on entend par « des jours néfastes » signifie qu’un malheur s’est abattu sur eux.
Dieu (Exalté soit-Il) dit : « Et dans (l’histoire de) ‘Ād, quand Nous envoyâmes contre eux le vent stérile » (Adh-Dhâriyât, 41). Autrement dit, ce vent ne produit rien de bon : un vent isolé ne soulève pas la pluie et ne féconde pas les arbres, il est stérile, sans aucun résultat bénéfique. C’est pourquoi Il dit : « Elle ne laissait rien qu’elle ne réduisît en débris » (Adh-Dhâriyât, 42), c’est-à-dire qu’elle le rendait semblable à une chose pourrie et périmée dont on ne retire plus aucun profit.
Il est rapporté dans les deux recueils authentiques (Al-Bukhârî et Mouslim), d’après un hadith transmis par Chou‘bah, d’après Al-Hakam, d’après Moujâhid, d’après Ibn ‘Abbâs, que le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) a dit : « J’ai été secouru par le vent de l’Est (As-Sabâ), et ‘Ād a été anéantie par le vent de l’Ouest (Ad-Dabûr). » (1)
Quant à Sa Parole (Exalté soit-Il) : « Et rappelle-toi le frère de ‘Ād, lorsqu’il avertit son peuple, dans Al-Ahqâf, alors que déjà des avertisseurs étaient passés avant lui et après lui : “N’adorez que Dieu. En vérité, je crains pour vous le châtiment d’un jour terrible.” » (Al-Ahqâf, 21). Ce qui apparaît, c’est que ces ‘Ād-là sont les premiers ‘Ād, car le récit ressemble à celui du peuple de Hûd, qui sont bien les premiers, mais il se peut aussi qu’il s’agisse ici des seconds ‘Ād. C’est ce que laissent entendre nos remarques précédentes et le hadith (2) rapporté de ‘Â’ishah (qu’Allah l’agrée).
Pour ce qui est de Sa Parole : « Lorsqu’ils virent un nuage se diriger vers leurs vallées, ils dirent : “Voici un nuage qui nous apporte la pluie.” » (Al-Ahqâf, 24). En effet, lorsque ‘Ād vit cette masse s’élever dans le ciel, tel un nuage, ils crurent qu’il s’agissait d’une pluie bienfaisante, alors qu’en réalité c’était un nuage de châtiment. Ils l’ont pris pour une miséricorde, mais ce fut un supplice. Ils en attendaient le bien, ils en reçurent la plus grande calamité. Dieu (Exalté soit-Il) dit : « Bien au contraire, c’est ce que vous réclamiez avec hâte » (Al-Ahqâf, 24), à savoir le châtiment. Puis Il l’explique ainsi : « C’est un vent où se trouve un châtiment douloureux » (Al-Ahqâf, 24).
Il se peut que ce châtiment soit celui du vent glacial, violent et persistant, qui dura sept nuits et huit jours, ne laissant aucun survivant. Il les pourchassait jusque dans les cavernes des montagnes et les grottes (3), les emportait, les anéantissait, et détruisait leurs maisons fortifiées et leurs palais bâtis. Car, tout comme ils s’enorgueillissaient de leur force et de leur puissance, en disant : « Qui est plus fort que nous ? », Dieu a déchaîné contre eux ce qui est plus fort et plus puissant qu’eux : le vent stérile.
Il se peut aussi que ce vent ait, dans un second temps, fait s’élever un nuage au point que ceux qui restaient parmi eux l’aient cru porteur de miséricorde et de secours ; mais Dieu l’a envoyé sur eux chargé d’étincelles et de feu, comme plusieurs l’ont rapporté. Ce fut alors le même sort qu’avait subi le peuple de Madyan, surnommé « les hôtes de l’ombre », auxquels Dieu infligea à la fois le froid du vent et le feu, soit la plus terrible forme de châtiment combinant des éléments opposés, avec, en plus, le Cri mentionné dans la sourate « Les Croyants ont certes réussi » (Al-Mu’minûn). Et Dieu est plus savant.
Ibn Abî Hâtim a rapporté selon son père, qui tenait de Muhammad ibn Yahyâ ibn Adh-Dharîs, lequel tenait de Ibn Fudayl, de Mouslim, de Moujâhid, et de Ibn ‘Umar, que le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) a dit : « Jamais Dieu n’ouvrit aux ‘Ād la porte du vent que… »