Ils montèrent alors leurs bêtes et leurs montures, et ils remplirent ce qu’ils avaient avec eux – outre, gourde et grand récipient. Puis le Messager de Dieu ﷺ se mit en marche, avec ses compagnons, contre les polythéistes. Dieu envoya un vent qui frappa le visage des polythéistes, fit descendre Son secours et permit aux musulmans de les prendre à revers. Ils leur infligèrent (1) de lourdes pertes, firent de nombreux prisonniers et s’emparèrent d’un riche butin. Ensuite, le Messager de Dieu ﷺ et les gens revinrent sains et saufs, en grand nombre (2).
Il a déjà été rapporté (3), de la part de Jâbir, un récit similaire, figurant dans le Ṣaḥîḥ de Muslim.
Nous avons également mentionné dans la (relation de la) campagne de Tabûk ce qu’a rapporté Muslim, d’après Mâlik, d’après Abû az-Zubayr, d’après Abû aṭ-Ṭufayl, d’après Muʿâdh ibn Jabal. Il y est question du hadith concernant la réunion des prières durant l’expédition de Tabûk, jusqu’à ce qu’il (l’auteur du hadith) dise :
« Et il (c’est-à-dire le Messager de Dieu ﷺ) déclara : “Demain, si Dieu le veut, vous atteindrez la source de Tabûk, et vous n’y parviendrez qu’au moment où le soleil sera déjà bien haut. Celui qui y arrivera le premier, qu’il ne touche à rien de son eau avant que je ne vienne.” »
Il dit : « Nous y arrivâmes donc, et deux hommes nous avaient précédés. La source était alors réduite à un filet d’eau aussi mince qu’une lanière de sandale, ne coulant que très peu. Le Messager de Dieu ﷺ leur demanda : “Avez-vous touché à son eau ?” Ils répondirent : “Oui.” Alors il les réprimanda et leur adressa les paroles que Dieu voulut qu’il leur adressât. Puis on puisa dans la source, à la main, un peu d’eau, jusqu’à ce que l’on en recueillît suffisamment dans un récipient. Le Messager de Dieu ﷺ s’en lava alors le visage et les mains, puis reversa cette eau dans la source, qui se mit à couler abondamment (5). Les gens puisèrent de cette eau. Puis le Messager de Dieu ﷺ déclara : “Ô Muʿâdh, il ne faudra pas longtemps – si ta vie se prolonge – avant que tu ne voies cet endroit rempli de jardins” (6). »
Nous avons mentionné dans le chapitre des délégations, selon la transmission de ʿAbd ar-Raḥmân ibn Ziyâd ibn Anʿam, d’après Ziyâd ibn al-Ḥârith aṣ-Ṣuddâʾî, dans le récit de sa délégation, un long hadith où il est dit :
« Ensuite, nous dîmes : “Ô Messager de Dieu ! Nous avons un puits dont l’eau nous suffit en hiver lorsque nous nous y rassemblons, mais en été l’eau diminue, et nous devons alors nous disperser vers d’autres points d’eau qui nous entourent. Nous nous sommes convertis à l’islam, tandis que ceux qui nous entourent sont nos ennemis. Invoque donc Dieu pour notre puits, afin qu’il ait assez d’eau pour nous tous, afin que nous ne soyons plus contraints de nous séparer.” »
Il (le Prophète) demanda alors sept petits cailloux, les frotta dans sa main et invoqua Dieu sur eux. Puis il nous dit : « “Allez avec ces cailloux. Lorsque vous atteindrez le puits, jetez-les un à un en invoquant Dieu – Exalté soit-Il –.” »
Aṣ-Ṣuddâʾî raconte : « Nous fîmes ce qu’il nous avait ordonné, et par la suite, nous ne pûmes plus apercevoir le fond de ce puits – c’est-à-dire que son fond nous devint invisible. »