Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et l’imam Aḥmad (1) a dit : « Yahyâ ibn Ḥammâd nous a rapporté, Abû ʿAwânah nous a rapporté d’al-Aswad ibn Qaysar, d’après Shaqîq al-ʿAbdî, que Jâbir ibn ʿAbd Allâh a dit : “Nous avons fait la guerre — ou voyagé — avec le Messager d’Allâh (ﷺ), alors que nous étions ce jour-là un peu plus de deux cents. L’heure de la prière arriva, et le Messager d’Allâh (ﷺ) déclara : « Y a-t-il de l’eau parmi vous ? » Un homme accourut vers lui avec une gourde contenant un peu d’eau. Le Messager d’Allâh (ﷺ) la versa dans un gobelet, fit soigneusement ses ablutions, puis s’en alla en laissant le gobelet. Les gens se précipitèrent alors pour en recueillir ce qui restait et s’en frotter. Quand il les entendit faire cela, le Messager d’Allâh (ﷺ) dit : « Doucement ! », puis il posa sa main dans l’eau. Il prononça : « Au nom d’Allâh » et déclara : « Accomplissez pleinement vos ablutions. »” » Jâbir poursuivit : « Par Celui qui a éprouvé ma vue, j’ai vu ce jour-là de véritables sources d’eau jaillir d’entre les doigts du Messager d’Allâh (ﷺ), et il ne retira pas sa main avant que tous ne se soient purifiés. »

C’est là une bonne chaîne de transmission, rapportée uniquement par Aḥmad (2). Apparemment, cela semble être un autre épisode que celui cité précédemment.

Dans le Ṣaḥīḥ de Muslim, selon Salama ibn al-Akwaʿ, celui-ci a dit : « Nous sommes arrivés à al-Ḥudaybiya avec le Messager d’Allâh (ﷺ), et nous étions alors quatorze cents — voire plus (3). Il avait avec lui cinquante moutons qui ne parvenaient pas à étancher leur soif. Le Messager d’Allâh (ﷺ) s’assit au bord (4) du puits ; soit il y pria, soit il y cracha, puis l’eau se mit à déborder, et nous pûmes boire et puiser (5). »

De même, dans le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhârî, selon le ḥadîth de al-Zuhrî, d’après ʿUrwa, d’après al-Miswar et Marwân ibn al-Ḥakam, à propos du long récit sur le traité d’al-Ḥudaybiya : « Le Messager d’Allâh (ﷺ) s’écarta d’eux et s’arrêta dans un endroit reculé de al-Ḥudaybiya, sur une mare (6) dont l’eau était rare et que l’on puisait avec difficulté (7). Les gens ne tardèrent pas à l’épuiser et se plaignirent de la soif auprès du Messager d’Allâh (ﷺ). Le Prophète (ﷺ) sortit alors une flèche de son carquois et leur ordonna de la mettre dans la mare. Par Dieu, l’eau ne cessa de jaillir pour les désaltérer jusqu’à ce qu’ils en repartent (8). »

Le récit complet figure déjà dans la version intégrale de l’histoire du traité d’al-Ḥudaybiya, rendant superflu d’en répéter le contenu.

(1) Il a été rapporté par l’imam Ahmad dans le Musnad (3/292). (2) Ainsi, l’auteur s’est limité à la validation de sa chaîne de transmission sans la corriger, comme si cela était dû à Nabīḥ ibn ʿAbd Allāh al-ʿAnazī, au sujet duquel al-Hâfidh Ibn Ḥajar a dit dans at-Taqrīb : « acceptable ». Cette validation et cette acceptation par l’imam al-Hâfidh méritent réflexion, car ce Nabīḥ est digne de confiance, sa fiabilité a été confirmée par Abū Zurʿa ar-Rāzī — sans oublier cela —, et il est mentionné par Ibn Ḥibbān et al-ʿAjlī dans al-Liʾqāt. De plus, ses hadiths ont été authentifiés par at-Tirmidhī, Ibn Khuzaymah et Ibn Ḥibbān, tandis qu’Ibn al-Madīnī l’ignorait, ce qui est réfuté par ce que nous avons mentionné en matière d’authentification et de validation (voir Tahdhīb at-Taqrīb 4/10). La chaîne de transmission du hadith est donc authentique, si Allah le veut (Bachar). (3) Dans Ṣaḥīḥ Muslim (3/1433), il n’y a pas cette incertitude; il a plutôt affirmé avec certitude : « nous sommes quatorze cents ». (4) C’est ainsi dans le texte original, et dans Ṣaḥīḥ Muslim c’est « ʿalā jabā ar-rukayyah ». Le jabā désigne l’espace autour du puits. (5) Il a été rapporté par Muslim dans son Ṣaḥīḥ, n° (1807) dans le chapitre du jihad; c’est un hadith long dont Ibn Kathīr a mentionné la partie pertinente. (6) « ʿalā thamad » : le thamad est la cavité contenant un peu d’eau. (7) « yatbaraḍuhu tabarraḍan » : il en prend un peu, petit à petit. (8) Il a été rapporté par al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ, n° (2731) et (2732) dans sa version complète au sujet des conditions.
وقال الإمام أحمد (١) : حَدَّثَنَا يحيى بن حماد، حَدَّثَنَا أبو عوانة، عن الأسود بن قيسر، عن شقيق العبدي؛ أن جابر بن عبد اللّه قال: غزونا - أو سافرنا - مع رسول اللّه ﷺ ، ونحن يومئذ بضعَ عشرَة ومئتان، فحضرت الصَّلاةُ، فقال رسول اللّه ﷺ : "هل في القوم من ماء؟ " فجاءَه رجلٌ يَسعى بإداوة فيها شيء من ماء. قال: فصبّه رسولُ اللّه ﷺ في قدح. قال: فتوضأ رسولُ اللّه ﷺ فأحسنَ الوضوءَ، ثم انصرف وتركَ القدحَ، فركبَ النَّاسُ القدحَ تمسّحوا وتمسّحوا، فقال رسول اللّه ﷺ : "على رِسْلكم" حين سمعهم يقولون ذلك، قال: فوضع رسولُ اللّه ﷺ كفَّه في الماء، ثم قال رسول اللّه ﷺ : باسم اللّه " ثم قال: " أسبغوا الوضوء". قال جابر: فوالذي هو ابتلاني ببصري، لقد رأيتُ العيونَ عيونَ الماء يومئذٍ تخرجُ من بين أصابع رسول الله ﷺ ، فما رفعها حتى توضؤوا أجمعون. وهذا إسناد جيد تفرد به أحمد (٢) ، وظاهره كأنه قصة أخرى غير ما تقدم. وفي صحيح مسلم، عن سلمة بن الأكوع، قال: قدمنا الحديبيةَ مع رسول اللّه ﷺ ، ونحن أربع عشرة مئة - أو أكثر من ذلك (٣) - وعليه خمسون شاة لا تُرْويهَا، فقعد رسول اللّه على شفا (٤) الركية، فإما دعا وإما بصق فيها قال: فجاشت، فسقينا واستقينا (٥) . وفي صحيح البخاري، من حديث الزهري، عن عروة عن المِسوَر ومروان بن الحكم، في حديث صُلح الحديبية الطويل: فعدلَ عنهم رسولُ اللّه ﷺ حتى نزلَ بأقصى الحديبية على ثَمَدٍ (٦) قليلِ الماءِ يَتَبَرَّضه تَبَرُّضأ (٧) ، فلم يُلَبِّثْه الناسُ حتى نزحوه، وشكوا إلى رسول الله ﷺ العطشَ، فانتزعَ سهمًا من كِنانته، ثم أمرهم أن يجعلوه فيه، واللّه ما زالَ يجيشُ لهم بالرِّيّ حتى صدروا عنه (٨) . وقد تقدَّم الحديثُ بتمامه في صُلْح الحديبية، فأغنى عن إعادته.
(١) رواه الإمام أحمد في المسند (٣/ ٢٩٢). (٢) هكذا اقتصر المصنف على تجويد إسناده ولم يصححه، وكأن ذلك بسبب نبيح بن عبد اللّه العنزي الذي قال فيه الحافظ ابن حجر في التقريب: مقبول. وفي هذا التجويد وفي قول الحافظ مقبول نظر، فإن نبيحًا هذا ثقة، وثقه أبو زرعة الرازي - وناهيك به - وذكره ابن حبان والعجلي في الئقات، وصحح حديثه الترمذي وابن خزيمة وابن حبان، وقد جهله ابن المديني، وهو مدفوع بما ذكرنا من التوثيق والتصحيح. (ينظر تحرير التقريب ٤/ ١٠)، فإسناد الحديث صحيح إن شاء اللّه تعالى (بشار). (٣) في صحيح مسلم (٣/ ١٤٣٣) لا وجود لهذا الشك، وإنما قال جازمًا: ونحن أربع عشرة مئة. (٤) كذا بالأصل، وفي صحيح مسلم: على جبا الركيّة. والجبا: ما حول البئر. (٥) رواه مسلم في صحيحه رقم (١٨٠٧) في الجهاد، وهو حديث طويل، ذكر منه ابن كثير محل الشاهد. (٦) "على ثمد": الثمد: الحفيرة فيها الماء القليل. (٧) "يتبرضه تبرضًا": يأخذ منه قليلًا قليلًا. (٨) رواه البخاري في صحيحه رقم (٢٧٣١) و (٢٧٣٢) بطوله في الشروط.

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