Voici des voies de transmission massivement attestées (mutawâtir) d’Anas ibn Mâlik, car elles confèrent la certitude selon les maîtres de ce domaine. Al-Bayhaqî a rapporté, par plusieurs chaînes de transmission aboutissant à Abû Maʿmar Saʿîd ibn Khuthaym al-Hilâlî, d’après Muslim al-Mallâ’î, d’après Anas ibn Mâlik, que celui-ci a dit :
« Un bédouin vint dire : “Ô Messager de Dieu ! Par Dieu, nous sommes venus à toi, et nous n’avons plus un seul chameau qui gémit, ni même un enfant à qui l’on puisse offrir le lait du matin.” Puis il récita :
“Nous sommes venus à toi tandis que la jeune fille a la poitrine en sang,
La mère d’un enfant est si accaparée qu’elle ne peut plus s’occuper de lui.
Le jeune homme a jeté les mains en signe de détresse,
Il est debout, affaibli par la faim, sans rien lâcher.
Nous n’avons plus rien de ce que les gens mangent, si ce n’est la coloquinte amère
Et ce mauvais ‘ilhiz.
Nous n’avons d’autre refuge que toi,
Vers qui fuir sinon vers les Messagers ?”
Anas dit : “Alors, le Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) se leva, en traînant son manteau, puis monta sur le minbar. Il loua Dieu et fit Son éloge, puis leva ses mains vers le ciel et dit :
‘Ô Dieu, accorde-nous une pluie qui nous secoure, profitable, abondante, prompte, généreuse, couvrante, immédiate et non retardée, bénéfique et sans dommage, par laquelle Tu combleras les mamelles de lait, feras germer les récoltes et rendras vie à la terre après sa mort. C’est ainsi que vous serez ressuscités.’
Par Dieu, il n’avait pas encore baissé ses mains vers sa poitrine que le ciel déversa ses nuées. Alors vinrent les gens de la campagne, s’écriant : ‘Ô Messager de Dieu, nous périssons sous les eaux ! Nous périssons !’ Il leva ses mains vers le ciel et dit :
‘Ô Dieu, autour de nous et non sur nous !’
La nuée s’écarta aussitôt de Médine et l’entoura telle une couronne. Le Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) se mit à rire, au point de laisser voir ses molaires, puis il dit : ‘Que Dieu couvre de Sa grâce Abû Tâlib ! S’il était vivant, ses yeux s’en réjouiraient. Qui peut réciter ses vers ?’
‘Alî ibn Abî Tâlib se leva et dit : ‘Ô Messager de Dieu, c’est comme si tu voulais que je récite :
“Celui au visage radieux par lequel on demande la pluie aux nuées,
Le protecteur des orphelins, le soutien des veuves.
Les gens de la famille de Hâshim menacés de périr se réfugient auprès de lui,
Et ils trouvent grâce et générosité en sa présence.
Par la Maison de Dieu, vous mentez si vous pensez que Muhammad sera lésé
Alors que nous n’aurions pas encore combattu et lutté pour lui.
Nous ne l’abandonnerons pas tant que nous ne serons pas étendus morts autour de lui,
Oubliant même nos enfants et nos épouses.”
Anas ajouta : “Alors, un homme de la tribu de Kinâna se leva et dit…””