Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La pluie se fit rare, les arbres devinrent rouges et les bêtes périrent. On déclara alors : « Invoque Dieu afin qu’Il nous abreuve. » Il répondit : « Ô mon Dieu, accorde-nous la pluie » à deux reprises. Par Dieu, nous ne vîmes pas la moindre trace de nuage dans le ciel, puis une nuée se forma et la pluie tomba. Le Prophète ﷺ descendit de la chaire et accomplit la prière. Après qu’il eut terminé, il ne cessa de pleuvoir jusqu’au vendredi suivant. Lorsque le Prophète ﷺ se leva de nouveau pour prêcher, on lui cria : « Les maisons se sont effondrées, les routes sont coupées ; invoque Dieu pour qu’Il nous en dispense. » Alors, le Messager de Dieu ﷺ sourit et dit : « Ô Dieu, autour de nous et non sur nous. » Aussitôt, la ville (1) se dégagea : la pluie tomba tout autour sans qu’une seule goutte ne s’abatte sur Médine. Je regardai la ville, et elle était comme ceinte d’un diadème (2).

Ce hadith a également été rapporté par Mouslim (3) d’après la chaîne de transmission de Muʿtamir ibn Sulaymān, d’après ʿUbayd Allāh – qui est Ibn ʿUmar al-ʿUmarī – selon le même texte.

L’imam Ahmad a dit : « Ibn Abī ʿAdī nous a rapporté, d’après Ḥumayd, qui a dit : On interrogea Anas : “Le Messager de Dieu ﷺ levait-il ses mains (lorsqu’il invoquait) ?” Il répondit : “On lui dit un vendredi : ‘Ô Messager de Dieu ! La pluie se fait rare, la terre est devenue aride et le bétail a péri.’ Alors il leva ses mains jusqu’à ce que l’on pût voir la blancheur de ses aisselles et il invoqua la pluie. Il les leva alors même que nous ne voyions aucun nuage dans le ciel. Or, nous n’avions pas encore achevé la prière qu’un jeune homme habitant non loin (4) s’inquiétait déjà de rentrer chez lui. Lorsque arriva le vendredi suivant, ils dirent : ‘Ô Messager de Dieu ! Les maisons se sont effondrées et les caravaniers sont bloqués.’ Le Messager de Dieu ﷺ sourit de la rapidité avec laquelle l’être humain se lasse, puis il dit : ‘Ô Dieu, autour de nous et non sur nous !’ Aussitôt, la pluie se dispersa au-dessus de la ville.” » Voilà une chaîne de transmission composée de trois maillons, répondant aux conditions des deux cheikhs (Al-Bukhârî et Mouslim), bien qu’ils ne l’aient pas rapportée (5).

Al-Bukhârî et Abû Dâwud – ce dernier rapportant la version suivante – ont également rapporté : « Musaddad nous a transmis, Ḥammâd ibn Zayd nous a transmis, d’après ʿAbd al-ʿAzîz ibn Ṣuhaib, d’après Anas ibn Mâlik, et d’après Yûnus ibn ʿUbayd, d’après Thâbit, d’après Anas (qu’Allah l’agrée) qui a dit : “Les gens de Médine furent frappés de sécheresse au temps du Messager de Dieu ﷺ. Un vendredi, tandis qu’il prononçait le prêche, un homme se leva et dit : ‘Ô Messager de Dieu, les montures ont péri, les brebis sont mortes, invoque Dieu pour qu’Il nous accorde la pluie.’ Le Prophète ﷺ étendit alors ses mains et invoqua. Anas dit : ‘Le ciel était limpide comme du verre ; le vent souffla, un nuage se forma, s’amoncela, puis la pluie tomba en abondance. Nous sommes sortis et avons marché dans l’eau jusqu’à nos demeures, et il ne cessa de pleuvoir jusqu’au vendredi suivant. Un homme – ou peut-être un autre – se leva et dit : ‘Ô Messager de Dieu, les maisons se sont écroulées, invoque Dieu pour qu’Il retienne cette pluie.’ Le Messager de Dieu ﷺ sourit alors, puis dit : ‘Ô Dieu, autour de nous et non sur nous !’ Je vis les nuages se disperser autour de la ville, comme s’ils formaient un diadème (6).” »

(1) Ainsi dans (A) et dans al-Bukhârî : « Fa-kashat. ». Et dans Muslim : « Taqashʿat. », ce qui signifie que les nuages se sont dissipés, révélant le ciel qui est devenu clair et dégagé. (2) Rapporté par al-Bukhârî dans son Sahîh, n° 1021, au sujet de la prière pour la pluie (al-istisqâ). (3) Muslim dans son Sahîh, n° 897 (10) sur l’istisqâ. (4) Dans le Musnad : « Jusqu’à ce que le jeune homme proche de la maison… » (5) Rapporté par l’imâm Aḥmad dans son Musnad (3/104). (6) Rapporté par al-Bukhârî dans son Sahîh (932) au sujet de la prière du vendredi et (3582) dans les signes de la prophétie, et par Abû Dâwûd (1174) concernant la prière.
المَطر، واحمرَّت الشجر، وهلكت البهائمُ، فادعُ اللّه أن يسقيَنا، فقال: "اللهم اسقنا" مرتين، وايمُ اللّه ما نرى في السماء قزعة من سحاب، فنشأت سحابة وأمطرت، ونزل عن المنبر فصلَّى، فلما انصرف لم تزل تمطر إلى الجمعة التي تليها، فلما قام النبيُّ ﷺ يَخطب صاحوا إليه: تهدمت البيوت، وانقطعت السبل، فادعُ اللّه يحبسَها عنا، قال: فتبسَّم رسولُ اللّه ﷺ ثم قال: "اللهم حوالَينا ولا علينا، فتكشَّفت (١) المدينة، فجعلت تُمطر حولَها ولا تُمطر بالمدينة قطرةً، فنظرتُ إلى المدينة وإنها لفي مثل الإكليل (٢) . وقد رواه مسلم (٣) من حديث معتمر بن سليمان، عن عبيد اللّه -وهو ابن عمر العمري- به. وقال الإمام أحمد: حَدَّثَنَا ابن أبي عدي، عن حُميد، قال: سُئل أنس: هل كان رسولُ اللّه ﷺ يَرفع يديه؛ فقال: قيل له يوم جمعة: يا رسول اللّه! قَحَطَ المطرُ، وأجدبتِ الأرضُ، وهلَك المالُ، قال: فرفع يديه حتى رأيتُ بياضَ إبطيه، فاستسقى، ولقد رفعَ يديه فاستسقى، ولقد رفعَ يديه وما نرى في السماء سحابةً، فما قضينا الصَّلاةَ حتى إن الشَّابَّ قريب الدَّار (٤) ليهمّه الرجوعُ إلى أهله، قال: فلما كانت الجمعة التي تليها قالوا: يا رسولَ اللّه! تهدَّمتِ البيوتُ واحتبست الرُّكبان، فتبسَّم رسولُ اللّه ﷺ من سرعة مَلالة ابن آدم، وقال: "اللهم حوالَينا ولا علينا "، قال: فتكشَّطَت عن المدينة. وهذا إسناد ثلاثي على شرط الشيخين، ولم يخرجوه (٥) . وقال البخاريُّ وأبو داود واللفظ له: حَدَّثَنَا مُسَدَّدٌ، حَدَّثَنَا حمَّاد بن زيد، عن عبد العزيز بن صُهَيب، عن أنس بن مالك، وعن يونس بن عُبيد، عن ثابت، عن أنس (رضي الله عنه) ، قال: أصابَ أهلَ المدينة قَحطٌ على عهد رسول اللّه ﷺ ، فبينا هو يخطب يوم جمعة؛ إذ قام رجل فقال: يا رسول اللّه! هلكت الكُراع، هلكت الشاء، فادعُ اللّه يسقينا، فمدَّ يدَه ودعا. قال أنس: وإن السماء لمثل الزجاجة، فهاجت الريح فأنشأت سحابًا، ثم اجتمع، ثم أرسلت السماء عَزاليها فخرجنا نخوض الماء حتى أتينا منازلنا، فلم تزل تُمطر إلى الجمعة الأخرى، فقام إليه ذلك الرجل -أو غيره- فقال: يا رسول اللّه! تهدَّمت البيوتُ فادعُ اللّه يحبسه. فتبسَّم رسول اللّه ﷺ ثم قال: "حوالينا ولا علينا" فنظرت إلى السحاب يتصدَّع حول المدينة كأنه إكليل (٦) .
(١) كذا في (أ) وفي البخاري: فكشَطَت. وفي مسلم: تقشَّعَت، وهي بمعنى ارتفع الغيم عنها وانكشف وزال. (٢) رواه البخاري في صحيحه رقم (١٠٢١) في الاستسقاء. (٣) مسلم في صحيحه رقم (٨٩٧) (١٠) في الاستسقاء. (٤) في المسند: حتى أن قريب الدار الشَّابّ … (٥) رواه الإمام أحمد في المسند (٣/ ١٠٤). (٦) أخرجه البخاري في صحيحه (٩٣٢) في الجمعة و (٣٥٨٢) في علامات النبوة، وأبو داود (١١٧٤) في الصلاة. =

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