Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abd Allâh ibn Abî Talha al-Ansârî m’a rapporté qu’Anas ibn Mâlik a dit : « Une année de disette toucha les gens du vivant du Messager de Dieu (ﷺ). Un vendredi, tandis que le Messager de Dieu (ﷺ) prêchait sur le minbar, un bédouin se leva et s’exclama : “Ô Messager de Dieu, le bétail est décimé et les familles souffrent de la faim ! Implore Dieu de nous accorder la pluie.” »

Il poursuivit : « Le Messager de Dieu (ﷺ) leva alors les mains, alors qu’il n’y avait pas le moindre nuage au ciel. Par Celui qui tient mon âme en Sa main, il ne les avait pas encore abaissées que s’élevèrent des nuées semblables à des montagnes. Il ne descendit pas de son minbar avant que je ne voie la pluie dégouliner sur sa barbe. Nous fûmes arrosés ce jour-là, puis le lendemain et le surlendemain, ainsi que le jour suivant, jusqu’au vendredi suivant. Alors, ce même bédouin – ou peut-être un autre – se leva et s’exclama : “Ô Messager de Dieu, les habitations s’effondrent et les biens sont inondés ! Implore Dieu en notre faveur.” »

« Le Messager de Dieu (ﷺ) leva à nouveau les mains et dit : “Ô Dieu, tout autour de nous et non sur nous !” Chaque fois qu’il indiquait une direction de sa main, le ciel s’ouvrait aussitôt, si bien que Médine se trouva entourée comme dans une cuvette. Le wâdî de Qanâ coula pendant un mois ; et tous ceux qui venaient des environs rapportaient la même abondance (1). »

Al-Bukhârî rapporte également ce hadith dans le chapitre du vendredi ainsi que Muslim (2), d’après la narration d’al-Walîd, par l’intermédiaire d’al-Awzâ‘î. Al-Bukhârî dit : « Ayyûb ibn Sulaymân a déclaré : “Abû Bakr ibn Abî Uways m’a rapporté, d’après Sulaymân ibn Bilâl, lequel a dit : ‘Yahyâ ibn Sa‘îd a dit : J’ai entendu Anas ibn Mâlik dire : Un homme (un bédouin) parmi les nomades vint trouver le Messager de Dieu (ﷺ) un vendredi, et lui dit : ‘Ô Messager de Dieu, le bétail périt, nos familles sont en détresse, et les gens sont perdus !’ Le Messager de Dieu (ﷺ) leva alors les mains pour invoquer Dieu, et tous ceux qui étaient présents levèrent leurs mains avec lui. Puis, nous ne sortîmes pas de la mosquée avant d’être arrosés. Nous continuâmes d’être arrosés jusqu’au vendredi suivant, lorsque cet homme revint vers le Messager de Dieu (ﷺ) et s’exclama : ‘Ô Messager de Dieu, les voyageurs peinent à se déplacer et la route est devenue impraticable !’” (3). »

Al-Bukhârî poursuit : « Al-Awaysî – c’est-à-dire ‘Abd Allâh – a dit : “Muhammad ibn Ja‘far, qui est Ibn Kathîr, me raconta, d’après Yahyâ ibn Sa‘îd et Sharīk, qui ont entendu Anas, rapporter que le Prophète (ﷺ) leva les mains au point que j’aperçus la blancheur de ses aisselles (4).” » Ainsi, al-Bukhârî rapporte ces deux hadiths en les suspendant (c’est-à-dire sans mentionner toute la chaîne de transmission complète), et aucun des compilateurs des Six Livres ne les a transmis en entier. Al-Bukhârî ajoute : « Muhammad ibn Abî Bakr nous a rapporté en disant : “Al-Mu‘tamar nous raconta, d’après ‘Ubayd Allâh, d’après Thâbit, d’après Anas ibn Mâlik : Le Prophète (ﷺ) prêchait un vendredi lorsque les gens se mirent à crier : ‘Ô Messager de Dieu, nous sommes frappés de sécheresse !’” »

(1) Rapporté par al-Bukhârî dans son Ṣaḥîḥ, n° 1033, dans le chapitre de la prière pour la pluie (al-ʾistisqâʾ). (2) Rapporté par al-Bukhârî dans son Ṣaḥîḥ, n° 933, dans le chapitre du vendredi (al-jumʿa), et par Muslim dans son Ṣaḥîḥ, n° 897 (9), dans le chapitre de la prière pour la pluie. « al-Jawba » désigne la brèche ou l’ouverture ; cela signifie que les nuages se sont interrompus au-dessus de la ville, laissant un espace circulaire autour d’elle, exempt de nuages. (3) Mentionné par al-Bukhârî en commentaire dans son Ṣaḥîḥ, n° 1029, dans le chapitre de la prière pour la pluie. « Bashiq al-musâfir » signifie une rareté des voyages ; certains disent que cela signifie une incapacité ou un abandon du voyage. D'autres expliquent que c’est une variante issue de « lathaq » ou « muthq », comme l’expose Fath al-Bârî (2/516). Il s’agit d’un hadîth authentique. (4) Mentionné par al-Bukhârî dans son Ṣaḥîḥ, n° 1030, en commentaire dans le chapitre de la prière pour la pluie ; c’est un texte authentique. Voir aussi al-Bukhârî, n° 1031.
عبد الله بن أبي طلحة الأنصاري، حدَّثني أنس بن مالك قال: أصابتِ النَّاسَ سَنةٌ على عهد رسول اللّه ﷺ ، فبينا رسولُ اللّه ﷺ يخطُب على المنبر يوم الجمعة، فقام أعرابيٌّ فقال: يا رسولَ اللّه هلك المال، وجاعَ العيال، فادعُ الله أن يسقينَا، قال: فرفعَ رسول الله ﷺ يديه وما في السماء قَزَعة، فوالذي نفسي بيده ما وضعَها حتى ثارَ سحابٌ أمثالُ الجبال، ثم لم ينزل عن مِنبره حتى رأيتُ المطرَ يتحادرُ على لحيته قال: فمُطرنا يومنا ذلك ومن الغد ومن بعد الغد، والذي يليه إلى الجمعة الأخرى، فقام ذلك الأعرابي - أو غيره - فقال: يا رسول اللّه تهدَّم البناء، وغَرِق المالُ، فادعُ اللّه لنا، فرفعَ رسولُ اللّه ﷺ يديه فقال: "اللهم حَوالَينا ولا علينا" قال: فما جعلَ رسولُ اللّه ﷺ يُشير بيده إلى ناحية من السماء إِلَّا انفرجت، حتى صارت المدينة في مثل الجَوبَة، وسأل الوادي - وادي قناة - شهرًا، ولم يجئ أحدٌ من ناحية إِلَّا حدَّثَ بالجود (١) . ورواه البخاري أيضًا في الجمعة، ومسلم (٢) من حديث الوليد، عن الأوزاعي. وقال البخاري: وقال أيوب بنُ سليمان: حدَّثني أبو بكر بن أبي أُوَيس، عن سُليمان بن بلال، قال: قال يَحيى بن سعيد: سمعت أنس بن مالك، قال: أتى (رجلٌ) أعرابيٌّ من أهل البدو إلى رسول الله ﷺ يوم الجمعة، فقال: يا رسولَ اللّه هلكتِ الماشيةُ، هلكَ العيال، هلك الناس، فرفع رسولُ الله ﷺ يديه يدعو، ورفع الناس أيديهم مع رسول اللّه ﷺ يدعون، قال: فما خرجنا من المسجد حتى مُطرنا، فما زلنا نُمطر حتى كانت الجمعة الأخرى، فأتى الرجلُ إلى رسول الله ﷺ فقال: يا رسول اللّه بَشِقَ المسافرُ ومُنع الطريق (٣) . قال البخاري: وقال الأوَيسي -يعني عبد اللّه-: حدَّثني محمد بن جعفر -هو ابن كثير- عن يحيى بن سعيد وشَريك، سمعا أنسًا، عن النَّبِيِّ ﷺ رفعَ يديه حتى رأيتُ بياضَ إبطيه (٤) . هكذا علَّق هذين الحديثين، ولم يسندهما أحد من أصحاب الكتب الستة بالكلية. وقال البخاري: حَدَّثَنَا محمد بن أبي بكر قال: حَدَّثَنَا معتمر، عن عُبيد الله، عن ثابت، عن أنس بن مالك قال: كان النبيُّ ﷺ يَخطب يومَ جُمعة، فقام الناس فصاحوا، فقالوا: يا رسول اللّه قَحَطَ
(١) رواه البخاري في صحيحه رقم (١٠٣٣) في الاستسقاء. (٢) رواه البخاري في صحيحه رقم (٩٣٣) في الجمعة، وجمسلم في صحيحه رقم (٨٩٧) (٩) في الاستسقاء. و" الجَوبَة": الفجوة، ومعناه تقطَّع السحابُ عن المدينة وصار مستديرًا حولها، وهي خالية منه. (٣) ذكره البخاري تعليقًا في صحيحه رقم (١٠٢٩) في الاستسقاء. وبَشِق المسافر: قلَّ وقيل: ضعف عن السفر وعجز عنه. وقيل: هي مصحفة من لَثقَ أو مثق، فتح الباري (٢/ ٥١٦) وهو حديث صحيح. (٤) ذكره البخاري في صحيحه رقم (١٠٣٠) في الاستسقاء تعليقًا، وهو متن صحيح، وانظر البخاري رقم (١٠٣١).

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