Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La première personne qui aperçut ce qu’elle contenait et comprit qu’il s’agissait d’un vent – selon ce qui est rapporté – fut une femme de ‘Ad appelée « Qahd »(1). Lorsqu’elle discerna ce qu’il en était, elle poussa un cri et s’évanouit. À son réveil, on lui demanda : « Qu’as-tu vu, ô Qahd ? » Elle répondit : « J’ai vu un vent dans lequel se trouvaient comme des météores de feu, précédés par des hommes qui le menaient. Dieu l’a assujetti contre eux durant sept nuits et huit jours, sans relâche (ce qu’on désigne par “ḥusūm” : continue et ininterrompue), et il ne laissa personne parmi ‘Ad sans le faire périr. »

On rapporte qu’Hūd (que la paix soit sur lui) s’était tenu à l’écart, selon ce qu’on me rapporte, dans un enclos, lui et ceux qui croyaient avec lui. Rien de ce vent ne les touchait, si ce n’est une brise qui leur adoucissait la peau et leur procurait du bien-être. Pendant ce temps, le vent passait au-dessus des gens de ‘Ad, emportant leurs femmes sous le ciel et les frappant de pierres, et l’on mentionne que toute l’histoire se poursuit ainsi(2).

L’imam Ahmad a rapporté dans son Musnad un hadith qui se rapproche de cette histoire. Il dit(3) : « Nous a rapporté Zayd ibn al-Ḥubbāb : “Abou al-Mundhir Sallām ibn Sulaymān al-Naḥwī nous a rapporté : ‘ʿĀṣim ibn Abī al-Najūd, d’après Abou Wāʾil, d’après al-Ḥārith – qui est Ibn Ḥassān, et l’on dit aussi Ibn Yazīd al-Bakrī – a dit : ‘Je suis parti pour me plaindre auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) au sujet d’al-ʿAlāʾ ibn al-Ḥaḍramī. Je passai par al-Rabadhah, et je trouvai une vieille femme de Banū Tamīm laissée là, isolée. Elle me dit : “Ô serviteur de Dieu ! J’ai un besoin auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). Pourrais-tu le lui transmettre ?” Je la pris donc en charge et parvins à Médine, où la mosquée était pleine de monde. Une bannière noire flottait, et Bilāl se tenait devant le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), l’épée au côté.”

Alors je demandai : “Que se passe-t-il ?” On me répondit : “Le Prophète veut envoyer ‘Amr ibn al-‘Āṣ en expédition.” Je m’assis donc. Il entra chez lui – ou dit-on : dans sa tente – et je sollicitai la permission de le suivre. On me le permit, et j’entrai, puis je le saluai. Il dit : “Y a-t-il eu entre vous et Banū Tamīm quelque chose ?” Je répondis : “Oui, nous avions l’avantage sur eux. En chemin, j’ai trouvé une vieille femme de Banū Tamīm isolée, qui m’a demandé de la conduire jusqu’à toi, et elle est maintenant à la porte.” Alors il l’autorisa à entrer, et je dis : “Ô Messager de Dieu, si tu juges bon de placer une barrière entre nous et Banū Tamīm, fais que ce soit al-Dahnāʾ, car elle nous appartenait auparavant.” En entendant cela, la vieille femme s’emporta et s’exclama : “Ô Messager de Dieu, jusqu’où comptes-tu pousser celui qui veut te nuire !?” Je me dis alors : “Je suis comme la chèvre qui a transporté sa propre perte ; j’ai pris cette femme sans savoir qu’elle serait mon adversaire. Je me réfugie auprès de Dieu et de Son Messager pour ne pas être comme le délégué de ‘Ad.”

Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) lui dit : “Hein ! Et qui est le délégué de ‘Ad ?” Alors qu’il en savait plus que moi à ce sujet, mais il cherchait à m’en faire dire davantage. Je lui répondis : “Les ‘Ad furent frappés de sécheresse et envoyèrent un délégué nommé Qayl. Ce dernier s’arrêta chez Muʿāwiyah ibn Bakr un mois durant, à boire du vin, tandis que deux chanteuses nommées al-Jarādatān lui chantaient leurs airs. Quand le mois fut passé, il partit vers les montagnes de Tihāmah(4) et pria : ‘Ô Seigneur, Tu sais que je ne suis pas venu pour un malade à soigner ou un captif à libérer, mais pour demander la pluie pour les ‘Ad. Accorde-leur ce que Tu leur accordais auparavant !’”

(1) Dans l’Histoire de Ṭabarī : Mahdad. (2) Voir le récit complet dans l’Histoire de Ṭabarī (1/219‑222). (3) Dans le Musnad (3/482). (4) À l’origine : vers les montagnes de Mahra, et il a confirmé ce qui est dans le Musnad.
فكان أوَّل من أبصر ما فيها وعرفَ أنها ريحٌ -فيما يذكرون- امرأةٌ من عاد يُقال لها "قهد" (١) فلما تبيَّنت ما فيها صاحتْ ثم صعِقَتْ، فلمَّا أفاقت، قالوا: ما رأيت يا قهد؟ قالت: رأيتُ ريحًا فيها كشُهُبِ النَّار أمامَها رجال يَقُودونها، فسخَّرها اللَّه عليهم سبعَ ليالٍ وثمانيةَ أيَّام حسومًا، والحسوم: الدائمة. فلم تدعْ من عاد أحدًا إلا هلكَ. قال: واعتزلَ هودٌ (عليه السلام) فيما ذُكر لي في حظيرةٍ هو ومن معه من المؤمنينَ، ما يُصيبهم إلا ما يلين عليهم الجلود وتلتذ الأنفسُ، وإنها لتمرُّ على عاد بالظعن فيما بين السماء والأرض، وتدمغُهم بالحجارة، وذكر تمامَ القصة (٢) . وقد روى الإمام أحمد حديثًا في مسنده يُشبه هذه القِصَّة، فقال (٣) : حدَّثنا زيدُ بن الحُبَاب، حدَّثني أبو المنذر سَلَّامُ بن سُليمان النَّحْوي، حدَّثنا عاصمُ بن أبي النَّجُود، عن أبي وائل، عن الحارث -وهو ابن حسَّان، ويقال: ابن يزيد البَكْري- قال: خرجتُ أشكو العلاءَ بن الحضرمي إلى رسول اللَّه ﷺ ، فمررتُ بالرَّبَذة، فإذا عجوزٌ من بني تميم منقطَعٌ بها، فقالت لي: يا عبد اللَّه! إن لي إلى رسول اللَّه ﷺ حاجةً، فهل أنت مُبْلغي إليه؟ قال: فحملتُها، فأتيتُ المدينةَ، فإذا المسجدُ غاصٌّ بأَهلِه، وإذا رايةٌ سوداءُ تَخْفقُ، وإذا بلالٌ مُتقلِّدٌ السيفَ بينَ يديْ رسول اللَّه ﷺ ، فقلتُ: ما شأنُ الناس؟ قالوا: يُريدُ أن يبعثَ عمرو بن العاص وَجْهًا. قال: فجلست. قال: فدخلَ منزله - أو قال: رَحْله- فاستأذنتُ عليه، فأُذنَ لي، فدخلتُ، فسلَّمتُ، فقال: "هل كانَ بينكم وبينَ بني تميم شيٌ؟ " فقلت: نعم، وكانت لنا الدائرة عليهم، ومررتُ بعجوزٍ من بني تميم منقطَع بها، فسألتني أن أحملَها إليكَ، وها هي بالباب، فأذنَ لها فدخلتْ، فقلت: يا رسول اللَّه! إن رأيتَ أن تجعلَ بيننا وبين بني تميم حاجزًا، فاجعل الدهناء، فإنَّها كانت لنا. قال: فحميتِ العجوزُ واستوفزتْ، وقالت: يا رسول اللَّه! فإلى أين تضطر مضرك؟ قال: فقلتُ: إن مثلي ما قال الأول: مِعْزى حملتْ حتفَها، حملتُ هذه الأمَة ولا أشعرُ أنها كانت لي خصمًا، أعوذُ باللَّه ورسوله أن أكونَ كوافد عادٍ. قال: "هيه، وما وافدُ عاد؟ " وهو أعلم بالحديث مني، ولكن يستطعمه. قلت: إن عادًا قُحطوا فبعثوا وفدًا لهم يُقال له: قَيْل، فمرَّ بمعاوية بن بكر، فأقام عندَه شهرًا يَسقيه الخمرَ، وتُغنِّيه جاريتان يُقال لهما: الجرادتان، فلما مضى الشهرُ خرجَ إلى جبال تِهامةَ (٤) ، فقال: اللَّهمَّ إنَّك تعلمُ أنِّي لم أجئ إلى مريض فأداويه، ولا إلى أسير فأفاديه، اللهم اسقِ عادًا ما كنتَ تسقيه،
(١) في تاريخ الطبري: مَهْدد. (٢) انظر القصة في تاريخ الطبري كاملة (١/ ٢١٩ - ٢٢٢). (٣) في المسند (٣/ ٤٨٢). (٤) في الأصل: إلى جبال مهرة، وأثبت ما في المسند.

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