Saʿîd ibn Manṣūr, Abû Dâwud et Abû al-Walîd al-Ṭayâlisî ont déclaré : « ʿAbd Allâh ibn al-Mubârak l’a délaissé et a dit : “Ne transmettez pas de lui, car il injuriait les pieux prédécesseurs (as-salaf).” Lorsque son cortège funèbre passa devant lui, il s’en écarta. ʿAbd ar-Raḥmân ibn Mahdî l’a également abandonné. » Ibn Maʿîn et an-Nassâʾî ont dit : « Il n’est pas digne de confiance, ni sûr, et l’on n’écrit pas ses hadiths. » Ils ont répété, avec Abû Zurʿa et Abû Ḥâtim : « Il était faible. » Abû Ḥâtim ajouta : « Il avait une mauvaise doctrine, un fort penchant chiite, on ne transcrit pas ses hadiths. » Al-Bukhârî déclara : « Il n’est pas considéré comme solide à leurs yeux. » Abû Dâwud dit : « Il était parmi les pires des gens, un Râfiḍî pernicieux, un homme de mal. » Il précisa à ce propos : « Lorsque cet homme est mort, je ne lui ai pas fait la prière funéraire, car il disait qu’à la mort du Messager d’Allâh (ﷺ), tous sont devenus mécréants hormis cinq personnes. » Ainsi, Abû Dâwud continua de le dénigrer. Ibn Ḥibbân dit : « Il rapporte des hadiths fabriqués en les attribuant à des transmetteurs fiables. » Ibn ʿAdî affirma : « La faiblesse de ses hadiths est évidente. » Ils datèrent sa mort de l’année 127. C’est pourquoi notre maître, Abû al-ʿAbbâs Ibn Taymiyya, déclara : « ʿAbd Allâh ibn Ḥasan et son père étaient d’un rang trop élevé pour relater ce hadith. »
L’auteur (non le “juste” ou l’impartial) dit : « Quant au hadith d’Abû Hurayra, ʿAqîl ibn al-Ḥasan al-ʿAskarî nous en a informés ; Abû Muḥammad Ṣâliḥ ibn al-Fatḥ an-Nassâʾî nous l’a rapporté ; Aḥmad ibn ʿUmayr ibn Jawṣâʾ nous l’a transmis ; Ibrâhîm ibn Saʿîd al-Jawharî nous l’a relaté ; et il le tenait de Yaḥyâ ibn Zayd ibn ʿAbd al-Malik an-Nawfalî, de son père, qui l’avait reçu de Dâwud ibn Farâhîj, de ʿUmâra ibn Burûd, d’Abû Hurayra, lequel le mentionna. » Il ajouta : « Je n’en ai cité qu’un résumé, tiré d’un long hadith. »
Cette chaîne de transmission est obscure : Yaḥyâ ibn Zayd, son père, et son maître Dâwud ibn Farâhîj sont tous affaiblis. C’est à cela qu’Ibn al-Jawzî fait allusion, relatant que Ibn Mardawayh l’a rapporté par l’intermédiaire de Dâwud ibn Farâhîj depuis Abû Hurayra, tandis que Dâwud fut jugé faible par Shuʿbah, an-Nassâʾî et d’autres. Il semble donc que ce hadith ait été inventé par l’un des transmetteurs, ou bien qu’il ait été introduit à son insu. Allâh est plus savant.
L’auteur poursuit : « Quant au hadith d’Abû Saʿîd, Muḥammad ibn Ismâʿîl al-Jurjânî nous a informés dans son ouvrage qu’Abû Ṭâhir Muḥammad ibn ʿAlî al-Wâʿiẓ leur avait rapporté : Muḥammad ibn Aḥmad ibn Mutayyam nous le transmit ; al-Qâsim ibn Jaʿfar ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allâh ibn ʿUmar ibn ʿAlî ibn Abî Ṭâlib m’en a fait le récit ; il le tenait de son père, de son grand-père Muḥammad, de son bisaïeul ʿAbd Allâh, de son ancêtre ʿUmar qui dit : Al-Ḥusayn ibn ʿAlî déclara : “J’ai entendu Abû Saʿîd al-Khudrî dire : ‘Je suis entré auprès du Messager d’Allâh (ﷺ) alors que sa tête était posée sur la cuisse de ʿAlî et que le soleil s’était couché. Le Prophète (ﷺ) se réveilla et lui demanda : Ô ʿAlî, as-tu prié al-ʿaṣr ?’ Il répondit : ‘Non, ô Messager d’Allâh, je n’ai pas prié, j’ai détesté retirer ta tête de ma cuisse alors que tu souffrais.’ Le Messager d’Allâh (ﷺ) dit alors : ‘Ô ʿAlî, invoque pour que le soleil te revienne.’ ʿAlî dit : ‘Ô Messager d’Allâh, invoque plutôt toi, et moi je dirai « Âmîn ».’ Le Prophète continua : ‘Ô Seigneur, en vérité ʿAlî est dans l’obéissance qui t’est due ainsi que dans celle de Ton Prophète, alors renvoie-lui le soleil.’” Abû Saʿîd reprit : “Par Allâh, j’ai entendu le disque solaire grincer comme le grincement d’une poulie jusqu’à ce qu’il revienne, d’un blanc éclatant.”’ »
Cette chaîne de transmission est aussi obscure, et son contenu est réprouvé, contredisant ce qui a été rapporté dans d’autres traditions. Tout cela indique qu’il s’agit d’un hadith forgé, fabriqué, inventé. Ces partisans du chiisme se le transmettent entre eux, car s’il avait eu un fondement fiable chez Abû Saʿîd, on l’aurait reçu de lui de manière authentique.