Il incitait certains cheikhs de Koufa à mentir, en leur transmettant des copies et en leur ordonnant de les rapporter. Nous avons constaté (1) cela de sa part chez plus d’un cheikh de Koufa.
L’historien (Hafidh) Abou Bishr ad-Doulabi (2) a dit dans son livre «Al-Dhuriyya al-Tahira» : «Ishaq ibn Younous nous a rapporté, Souwayd ibn Sa‘id nous a rapporté, Al-Mouttalib ibn Ziyad nous a rapporté d’Ibrahim ibn Hayyân, d’Abdallah ibn Hassan, de Fâtima bint al-Hussein, d’Al-Hussein, qui a dit : “La tête du Messager de Dieu ﷺ était dans le giron de ‘Ali alors que la Révélation (wahy) lui parvenait.” Puis il mentionna le hadith à peu près dans les mêmes termes que précédemment.»
Quant à cet Ibrahim ibn Hayyân, il a été délaissé par Ad-Dâraqoutnî (3) et par d’autres (4).
Muhammad ibn Nâsir al-Baghdâdî, le hafidh, a déclaré : «Ce hadith est forgé.» Notre maître, l’hafidh Abou ‘Abdallah adh-Dhahabî, a dit : «Ibn Nâsir a dit vrai.»
Ibn al-Jawzî (5) a dit : «Ibn Mardawayh l’a également rapporté d’après Daoud ibn Farâhîj (6), d’après Abou Hourayra, qui a dit : “Le Messager de Dieu ﷺ s’endormit alors que sa tête était posée dans le giron de ‘Ali, et il n’avait pas encore accompli la prière d’al-‘Asr jusqu’au coucher du soleil. Lorsqu’il se releva, le Messager de Dieu invoqua (Allah) pour lui, et le soleil lui fut rendu jusqu’à ce qu’il accomplisse sa prière, puis il se recoucha de nouveau.””» Ibn al-Jawzî poursuivit : «Quant à Daoud, il a été jugé faible par Chou‘ba.»
Ibn al-Jawzî ajouta : «Celui qui a forgé ce hadith a commis l’erreur de ne se pencher que sur l’aspect du mérite (de ‘Ali) sans considérer l’inutilité d’un tel récit. En effet, si la prière d’al-‘Asr est effectuée après le coucher du soleil, elle est déjà à rattraper ; le retour du soleil ne la rend pas valide à son heure initiale. Dans le hadith authentique (7) rapporté du Messager de Dieu ﷺ, il est dit : “Le soleil ne fut retenu pour personne, si ce n’est pour Yousha‘ (Josué).”»
Je (l’auteur) dis : «Ce hadith (8) est faible et réprouvé (munkar) sous toutes ses formes. Chacune de ses chaînes de transmission comporte soit un chiite inconnu, soit un transmetteur lui-même abandonné. Un tel hadith ne peut être accepté même si sa chaîne était complète, car il relève du registre de…»