Abdallah a dit : « La lune s’est fendue à l’époque du Messager d’Allah (ﷺ), au point que j’ai vu la montagne se dresser entre les deux moitiés de la lune. »
Ibn Jarîr (1) rapporte, d’après Ya‘qûb ad-Dawraqi (2), d’après Ibn ‘Ulayya, d’après Ayyûb, d’après Muhammad ibn Sîrîn, qui a dit : « J’ai été informé qu’Ibn Mas‘oûd disait : “La lune s’est bel et bien fendue.” » Ainsi, dans le Sahîh d’al-Bukhârî, Ibn Mas‘oûd relate : « Cinq choses se sont déjà produites : (la prophétie sur) les Romains, al-lizâm, al-batshah, la fumée (ad-dukhân) et la lune. » Il s’agit d’un long hadith le concernant, mentionné dans l’exégèse de la sourate ad-Dukhân (3).
Abû Zur‘a déclare dans “Ad-Dalâ’il” (4) : « Nous a rapporté ‘Abd ar-Rahmân ibn Ibrâhîm ad-Dimachqî, qui tenait d’al-Walîd, d’après al-Awzâ‘î, d’après Ibn Bukayr, que la lune s’est fendue à la Mecque alors que le Prophète (ﷺ) ne s’était pas encore établi à Médine, et qu’elle se sépara en deux parties. Les polythéistes dirent alors : “Ibn Abî Kabsha nous a ensorcelés.” » Ce hadith est transmis en mursal selon cette chaîne.
Tels sont les divers témoignages de ces compagnons, et la notoriété de cet événement dispense d’en citer tous les fondements, d’autant plus qu’il est mentionné dans le Noble Livre. Quant à ce que rapportent certains conteurs, selon lesquels la lune serait entrée dans l’ouverture du vêtement du Prophète (ﷺ) pour en ressortir par sa manche (5), et autres propos de ce genre, cela ne repose sur aucune source fiable. Lorsque la lune fut fendue, elle ne quitta pas le ciel, mais se divisa en deux : l’une des moitiés avança jusqu’à se situer derrière le mont Hirâ’, l’autre restait de l’autre côté, de sorte que la montagne se trouvait entre les deux. Les deux parties étaient alors dans le ciel, tandis que les gens de la Mecque le voyaient de leurs propres yeux. Beaucoup, parmi ceux qui ignoraient la réalité, pensèrent qu’il s’agissait d’une illusion provoquée par un sortilège. Ils interrogèrent donc des voyageurs arrivés en ville, et ceux-ci confirmèrent ce qu’ils avaient eux aussi observé. C’est ainsi qu’ils réalisèrent l’authenticité de l’événement et en eurent la certitude.
Si l’on objecte qu’on ne l’a pas rapporté depuis toutes les contrées du monde, on peut répondre qu’il n’y a aucune preuve que cela n’ait pas été connu ailleurs. Au fil du temps, les mécréants ont toutefois nié les signes d’Allah. Peut-être, lorsqu’on leur annonça qu’il s’agissait d’un miracle lié à ce Prophète envoyé, se sont-ils ligués pour en taire la mention et l’oublier. De plus, certains voyageurs ont fait savoir qu’ils avaient vu un temple en Inde portant une inscription affirmant qu’il aurait été construit la nuit où la lune s’était fendue.
Le fait que ce prodige se soit déroulé la nuit peut l’avoir tenu secret pour beaucoup de gens : le ciel était sans doute couvert de nuages à ce moment-là, nombre de personnes dormaient, ou il se peut que cela se soit produit en milieu de nuit, alors que la plupart ne veillaient plus. Autant de facteurs qui expliquent pourquoi on l’ignorait en de nombreux endroits. Allah est plus savant.