Et ces faits imposent la certitude qu’il était véridique dans ce qu’il affirma : « En vérité, je suis le Messager de Dieu à vous tous » [Al-Aʿrâf : 158]. Il n’était ni menteur ni imposteur, car une telle parole ne peut être prononcée que par celui qui est parmi les meilleurs et les plus accomplis des hommes, s’il est véridique, ou par l’un des plus mauvais et des plus vicieux, s’il mentait. Or, ce qu’on rapporte de la perfection de sa science et de sa religion contredit tout mal, toute vilenie et toute ignorance, ce qui prouve qu’il était doté de la plus haute perfection en matière de savoir et de religion.
Cela implique qu’il était véridique en disant : « En vérité, je suis le Messager de Dieu à vous tous » [Al-Aʿrâf : 158]. En effet, celui qui n’est pas sincère est soit un menteur délibéré, soit un homme dans l’erreur ; le premier serait donc un injuste égaré, et le second un ignorant égaré. Or, la science de Muḥammad (ﷺ) est incompatible avec l’ignorance, et la perfection de sa religion est incompatible avec l’intention de mentir. Connaître ses qualités impose donc de savoir qu’il ne mentait pas délibérément et qu’il n’était pas non plus ignorant au point de mentir sans conscience. Une fois ces deux situations écartées, il apparaît clairement qu’il était sincère et conscient de sa sincérité.
C’est pourquoi Dieu l’a absous de ces deux défauts lorsqu’Il dit : « Par l’étoile lorsqu’elle décline ! Votre compagnon ne s’est pas égaré et n’a pas non plus dévié. Il ne prononce rien sous l’effet de la passion. Ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée » [An-Najm : 1-4].
De même, au sujet de l’Ange qui apporta la Révélation, Dieu dit : « C’est bien la parole d’un noble Messager, doué de force, établi auprès du Maître du Trône, obéi là-bas, et digne de confiance » [At-Takwîr : 19-21]. Puis, à son propos : « Et votre compagnon n’est pas fou. Il l’a effectivement vu à l’horizon bien clair. Il n’est pas avare (ou soupçonné) vis-à-vis du mystère. Et ce n’est pas la parole d’un démon banni. Où donc allez-vous ? Ceci n’est qu’un rappel pour l’univers » [At-Takwîr : 22-27].
Dieu dit également : « C’est en vérité la révélation du Seigneur des Mondes ; l’Esprit fidèle est descendu avec elle sur ton cœur, afin que tu sois du nombre des avertisseurs, en une langue arabe claire » [Ach-Chuʿarâ’ : 192-195], jusqu’à Sa parole : « Voulez-vous que Je vous informe sur qui les démons descendent ? Ils descendent sur tout imposteur pécheur : ils prêtent l’oreille, et la plupart d’entre eux sont menteurs » [Ach-Chuʿarâ’ : 221-223]. Ainsi, Dieu — exalté soit-Il — clarifie que le démon ne descend que sur celui qui lui ressemble, afin d’accomplir ses desseins : en effet, le démon ne recherche que le mal, c’est-à-dire le mensonge et la débauche, et non la vérité ni la justice. Il ne s’attache qu’à celui qui recèle une forme de mensonge, qu’il soit volontaire ou par erreur, ainsi que de la débauche, car l’erreur dans la religion vient également du démon.
C’est dans ce sens qu’Ibn Masʿûd a déclaré, lorsqu’on le questionna sur un point : « Je vais répondre selon mon opinion ; si c’est correct, cela vient de Dieu, et si c’est erroné, cela vient de moi et du démon, et Dieu et Son Messager s’en désavouent. » En effet, le Messager de Dieu est préservé du fait que les démons descendent sur lui, tant dans les actes délibérés que dans l’erreur, contrairement à ceux qui ne sont pas prophètes ; ces derniers peuvent se tromper, et leur erreur provient du démon, bien que celle-ci puisse leur être pardonnée.
Si l’on ne lui connaît pas de récit qu’il aurait rapporté en se trompant, ni de commandement émis à tort, on en déduit que le démon ne descendait pas sur lui, mais qu’au contraire, il recevait la visite d’un Ange noble. C’est pourquoi Dieu dit également dans un autre verset au sujet du Prophète : « C’est vraiment la parole d’un noble Messager. Ce n’est point la parole d’un poète — vous ne croyez que très peu ! Ni la parole d’un devin — vous vous rappelez bien peu ! C’est une Révélation du Seigneur des Mondes » [Al-Ḥâqqa : 40-43].
Ainsi s’achève la citation (1). C’est exactement ce qu’il a rapporté mot pour mot.