Il (1) acheta pour sa famille une mesure (wasq) d’orge et disposait d’un bien immobilier dont il utilisait une partie pour subvenir aux besoins de sa famille, tandis que le reste était consacré aux intérêts des musulmans. Il fut alors décidé que ce bien ne serait pas transmis en héritage et que ses héritiers n’en percevraient rien.
À tout moment, il manifestait des prodiges et des miracles si nombreux qu’il serait trop long de tous les décrire. Il les informait de ce qui était et de ce qui allait advenir, leur ordonnait le bien et leur interdisait le mal, rendait licites les bonnes choses et leur défendait les mauvaises. Il établissait la Loi progressivement, jusqu’à ce que Dieu eût parachevé, par son intermédiaire, la religion qu’Il envoyait. Sa Loi devint alors la plus complète : rien de ce que la raison reconnaît comme bien ne fut omis dans ses prescriptions et rien de ce que la raison reconnaît comme mal ne fut exclu de ses interdictions.
Jamais il n’ordonna une chose dont on pût dire : « Si seulement il ne l’avait pas ordonnée », et jamais il n’interdit une chose dont on pût dire : « Si seulement il ne l’avait pas interdite. » Il déclara licites les bonnes choses sans en prohiber aucune, contrairement à ce qui fut proscrit dans la Loi d’un autre, et il prohiba les mauvaises sans en autoriser aucune, contrairement à ce qui avait pu être toléré par d’autres.
Il réunit les plus belles qualités déjà présentes chez les différentes communautés : tout ce que la Torah, l’Évangile et les Psaumes relatent au sujet de Dieu, des anges et du Jour dernier, il l’apporta de la manière la plus complète, tout en annonçant d’autres choses qui ne figurent pas dans ces livres. Il n’existe aucune obligation de justice, encouragement au bien ou incitation aux bonnes actions mentionnée dans ces Écritures qui ne soit déjà contenue dans son message, ou surpassée par ce qu’il a enseigné.
Si l’observateur avisé compare les pratiques cultuelles qu’il a instituées à celles d’autres peuples, il en percevra clairement la supériorité et la justesse. Il en va de même pour les peines légales, les jugements et l’ensemble de ses prescriptions. Quant à sa communauté, elle est, dans la pratique de toutes les vertus, la plus complète des nations. En comparant son savoir à celui des autres, la prééminence de leur science devient évidente. En comparant leur religion, leur adoration et leur obéissance à Dieu à celles des autres, il apparaît qu’ils sont plus pieux. En examinant leur courage, leur combat sur le chemin de Dieu et leur endurance dans l’adversité pour Sa cause, il est manifeste qu’ils sont plus vaillants et plus héroïques.
De même, si l’on compare leur générosité, leur bienveillance et la noblesse de leur âme à celles des autres, leur supériorité dans ces domaines se confirme. Toutes ces vertus, ils les ont acquises grâce à lui et c’est lui qui les leur a enseignées. Auparavant, ils ne suivaient pas un Livre dont il aurait simplement parachevé l’enseignement, à l’image du Christ qui vint compléter la Loi de la Torah. Les vertus et les connaissances des disciples du Christ proviennent en partie de la Torah, en partie des Psaumes, des prophéties, de l’enseignement du Christ lui-même ou encore de ceux qui lui ont succédé, tels que les Apôtres et ceux qui vinrent après eux (2). De plus, ils se sont appuyés sur les écrits de philosophes et d’autres sources, allant jusqu’à incorporer — lorsqu’ils déformèrent la religion du Christ — des éléments étrangers issus d’incroyants, en contradiction avec la véritable foi du Christ.
Quant à la communauté de Muhammad (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), la plupart de ses membres n’avaient pas auparavant la lecture d’un Livre. C’est bien par son entremise qu’ils crurent en Moïse, en Jésus, en David et qu’ils reconnurent la Torah, l’Évangile et les Psaumes. En effet, c’est lui qui leur ordonna de croire en tous les prophètes et de reconnaître tous les Livres révélés.