Section des preuves immatérielles
Parmi les preuves immatérielles figurent ses mœurs pures, son caractère parfait, son courage, sa clémence, sa générosité, son ascèse, sa sobriété, son altruisme, la beauté de sa compagnie, sa sincérité et sa fiabilité, sa piété et son adoration, ainsi que la noblesse de son origine. Son lieu de naissance, son milieu d’épanouissement et son éducation étaient également remarquables, comme nous l’avons déjà développé en détail dans les passages qui leur sont consacrés. Il est fort heureux que notre maître, l’éminent savant Abou Al-‘Abbās Ibn Taymiyya (qu’Allah lui fasse miséricorde), ait abordé ces points dans son ouvrage rédigé pour réfuter diverses factions parmi les chrétiens et les juifs, ainsi que d’autres gens du Livre. En effet, il conclut ce livre par des preuves de la prophétie, en empruntant des voies solides et pertinentes, dans un style éloquent auquel se soumet quiconque y prête attention et le comprend.
Dans la conclusion de l’ouvrage, il déclare :
« Section : La biographie du Messager (ﷺ), ses qualités morales, ses propos et ses actes comptent parmi ses miracles, c’est-à-dire parmi les preuves de sa prophétie. Sa Loi est aussi l’une de ses preuves, et sa communauté compte parmi ses preuves, tout comme leur religion, et les prodiges opérés par les vertueux de sa communauté. Cela ressort clairement à celui qui médite sa vie, depuis sa naissance jusqu’à la prophétie, et depuis sa prophétie jusqu’à son décès, et qui réfléchit à sa lignée, à sa cité, à ses origines et à sa filiation.
En effet, il était le descendant le plus noble de la terre, issu de la lignée pure d’Ibrâhîm (Abraham), à travers laquelle Allah a fait perdurer la prophétie et le Livre. Après Ibrâhîm, tous les prophètes sont venus de sa descendance. Allah lui donna deux fils : Ismâ‘îl (Ismaël) et Ishâq (Isaac). La Torah mentionne l’un et l’autre, et annonce ce qui adviendra de la descendance d’Ismâ‘îl. Or, en dehors de lui (ﷺ), aucun autre descendant d’Ismâ‘îl n’a concrétisé ce dont parlaient les prophéties. Quant à Ibrâhîm, il invoqua Allah pour sa descendance issue d’Ismâ‘îl afin qu’Il suscite, parmi eux, un Messager.
Le Messager (ﷺ) appartenait à Quraych, l’élite des fils d’Ibrâhîm, puis à Banû Hâshim, l’élite de Quraych, et il naquit à La Mecque, la Mère des cités, là où se trouve la Maison sacrée, construite par Ibrâhîm, lequel appela les gens à s’y rendre en pèlerinage. Celle-ci n’a cessé d’être visitée depuis l’époque d’Ibrâhîm et est décrite de la plus noble manière dans les Écritures des prophètes.
Quant à lui (ﷺ), il bénéficia de la plus parfaite des éducations et d’un développement exemplaire. Il était réputé pour sa véracité, sa bienveillance, sa droiture, ses hautes vertus morales, et se tenait à l’écart de toute turpitude, de toute forme d’injustice et de tout comportement répréhensible. Tous ceux qui le connurent avant la prophétie en attestent, tout comme ceux qui crurent en lui et, même parmi ceux qui rejetèrent son message ensuite, nul ne lui connut de défaut dans ses dires, ses actes ou son caractère. Il ne mentit jamais, ne commit aucune injustice ni immoralité.
De plus, sa constitution et son apparence figuraient parmi les plus belles et les plus accomplies, rassemblant les nombreux signes de sa perfection. Il était illettré, issu d’un peuple illettré, ne connaissant pas ce que savaient les gens des Écritures au sujet de la Torah et de l’Évangile, n’étudia auprès d’aucun savant, ni ne s’assit jamais à leur côté. Il ne prétendit pas être prophète avant d’atteindre quarante ans, puis il vint avec un message qui demeure l’une des choses les plus extraordinaires qui soient. »