S’il l’avait fait de sa propre initiative, il aurait craint d’être contredit et d’être ainsi démasqué, retournant contre lui ce qu’il cherchait en voulant que les gens le suivent. Or, il est évident pour tout être doué de raison que Muhammad – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui – est le plus sensé des créatures de Dieu, le plus intelligent et le plus accompli en vérité. Il n’aurait jamais entrepris cette affaire sans être certain qu’on ne pourrait s’y opposer. Et c’est bien ce qui est advenu : depuis l’époque du Messager de Dieu – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui – jusqu’à nos jours, nul n’a pu composer rien de semblable, pas même l’équivalent d’une seule sourate. Une telle chose est impossible, car il s’agit de la Parole du Seigneur de l’univers, qui ne ressemble en rien à Sa création : ni en Son essence, ni dans Ses attributs, ni dans Ses actes. Comment donc la parole des créatures pourrait-elle ressembler à celle du Créateur ?
Quant à la parole que les mécréants de Quraysh ont prononcée, rapportée par Dieu le Très-Haut, dans le verset : « Et quand on leur récite Nos versets, ils disent : “Nous avons déjà entendu. Si nous voulions, nous dirions quelque chose de semblable à cela ; ce ne sont que des récits légendaires des anciens.” » [Al-Anfâl : 31], il s’agit d’un mensonge et d’une prétention vaine, sans preuve, ni argument ni démonstration. S’ils étaient véridiques, ils auraient produit un texte équivalent pour le contredire. Mais ils savaient qu’ils se trompaient eux-mêmes, tout comme ils savaient qu’ils se mentaient quand ils disaient : « Ce ne sont que des récits légendaires des anciens qu’il a recopiés ; on les lui dicte matin et soir » [Al-Furqân : 5].
Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « Dis : “C’est Celui qui connaît le secret dans les cieux et la terre qui l’a fait descendre ; en vérité, Il est Pardonneur et Miséricordieux.” » [Al-Furqân : 6]. C’est-à-dire qu’Il l’a fait descendre, Lui qui connaît toutes choses cachées ; Il est le Maître de la terre et des cieux, Celui qui sait ce qui est advenu, ce qui arrivera et ce qui n’a pas eu lieu, ainsi que la manière dont cela se serait produit si cela était arrivé. C’est Lui qui a révélé Son Message à Son serviteur et Messager, ce Prophète illettré qui ne savait ni lire ni écrire et ignorait tout de la science des anciens et du récit des générations passées. Dieu lui a pourtant enseigné ce qui a eu lieu et ce qui aura lieu, selon la stricte vérité, et il a ainsi départagé la vérité de l’erreur quand les Livres antérieurs divergeaient dans leurs récits. Comme l’affirme le Très-Haut : « Voilà quelques récits du monde invisible que Nous te révélons ; toi et ton peuple, vous ne les connaissiez pas auparavant. Endure donc, car la fin heureuse appartient aux pieux » [Hûd : 49]. Et Il dit aussi : « Et Nous t’avons révélé le Livre avec la vérité, confirmant le Livre qui était avant lui et prévalant sur lui » [Al-Mâ’ida : 48].
Dieu – Exalté soit-Il – déclare encore : « Tu ne récitais auparavant aucun livre et tu ne l’écrivais pas de ta main droite. Sinon, ceux qui nient la vérité auraient eu des doutes. (48) Il s’agit plutôt de versets évidents dans le cœur de ceux à qui la science a été donnée. Et seuls les injustes renient Nos versets. (49) Et ils disent : “Pourquoi ne lui fait-on pas descendre des miracles de la part de son Seigneur ?” Dis : “En vérité, les miracles ne dépendent que d’Allah. Moi, je ne suis qu’un avertisseur explicite.” (50) Ne leur suffit-il donc pas que Nous ayons fait descendre sur toi le Livre qu’on leur récite ? Certes, c’est là une miséricorde et un rappel pour un peuple qui croit. (51) Dis : “Allah suffit comme témoin entre vous et moi ; Il sait ce qui est dans les cieux et sur la terre. Quant à ceux qui croient au mensonge et mécroient en Allah, ceux-là seront les perdants.” » [Al-‘Ankabût : 48-52]. Ainsi, Dieu a montré que le fait même de révéler ce Livre renfermant la connaissance de ce qui a été et de ce qui sera, ainsi que le jugement de ce qui advient entre les hommes, à ce seul Prophète illettré, constitue une preuve évidente de la véracité de son message.
Le Très-Haut dit encore : « Et lorsque Nos versets évidents leur sont récités, ceux qui n’espèrent pas Notre rencontre disent : “Viens avec un Coran autre que celui-là, ou bien modifie-le !” Dis : “Il ne m’appartient pas de le modifier de ma propre initiative. Je ne fais que suivre ce qui m’a été révélé. Je crains, si je désobéis à mon Seigneur, le châtiment d’un grand jour. (15) Dis : “Si Dieu l’avait voulu, je ne vous l’aurais pas récité et Il ne vous l’aurait pas fait connaître.” » [Yûnus : 15-16].