Il dit : « Ensuite, il nous combla de ses largesses et nous laissa partir. Lorsque nous arrivâmes auprès d’Abou Bakr As-Siddiq (qu’Allah l’agrée), nous lui rapportâmes ce que nous avions vu, ce qu’il nous avait dit et ce dont il nous avait gratifiés. Alors Abou Bakr se mit à pleurer et déclara : “Pauvre homme, si Dieu avait voulu du bien pour lui, Il l’aurait fait.” Puis il ajouta : “Le Messager de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) nous a informés qu’eux et les Juifs trouvent chez eux la description de Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) (1).” »
Al-Waqidi a dit : « Ali Ibn ‘Isa al-Hakimi m’a rapporté, d’après son père, d’après ‘Amir Ibn Rabi‘a, qui raconta : “J’ai entendu Zayd Ibn ‘Amr Ibn Nufayl dire : ‘J’attends un prophète issu de la descendance d’Ismaïl, puis des Banou ‘Abd al-Muttalib, mais je ne pense pas le rejoindre de mon vivant. Pourtant, je crois en lui et je l’atteste véridique ; je témoigne qu’il est un prophète (2). Si ta vie s’allonge et que tu le voies, transmets-lui mon salut. Je vais te décrire ses traits afin qu’il ne t’échappe pas.’” »
J’ai dit : « Parle. » Il répondit : « C’est un homme qui n’est ni grand ni petit, ni abondamment chevelu ni glabre ; une légère rougeur ne quitte pas ses yeux. Le sceau de la prophétie se trouve entre ses épaules. Il se nomme Ahmad. C’est dans cette ville qu’il naîtra et qu’il recevra sa mission. Puis ses concitoyens le chasseront et rejetteront ce qu’il apporte, jusqu’à ce qu’il émigre à Yathrib où son appel prévaudra. Garde-toi d’être abusé à son sujet, car j’ai parcouru toutes les contrées à la recherche de la religion d’Ibrahim. Chaque fois que j’interrogeais Juifs, Chrétiens ou Mages, ils me disaient : “Cette religion est derrière toi (3).” Ils me l’ont décrit tel que je te l’ai décrit, et ils ajoutaient : “Il ne reste plus d’autre prophète que lui.” »
‘Amr Ibn Rabi‘a a poursuivi : « Lorsque je me suis converti à l’islam, j’ai informé le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) des propos de Zayd Ibn ‘Amr Ibn Nufayl et je lui ai transmis son salut. Le Prophète répondit à son salut, pria pour lui et dit : “Je l’ai vu au Paradis, traînant derrière lui de longues étoffes (4).” »