Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dieu – Exalté soit-Il – révéla à Jésus, fils de Marie : « Consacre-toi sérieusement à Mon ordre et ne le prends pas à la légère. Écoute et obéis, ô fils de la pure Vierge. Je t’ai créé sans père et t’ai fait un signe pour les mondes. Adore-Moi donc et place ta confiance en Moi seul. Fais savoir (1) aux habitants de Sûrân (2) que Je suis la Vérité immuable qui ne disparaît pas. Croyez au Prophète arabe, celui qui possède le chameau, la tunique de guerre et le turban (qui est la couronne) (3), les sandales et le bâton. Il a les cheveux bouclés, le front dégagé (4), les sourcils unis, les yeux très noirs (5), le nez aquilin et des joues claires. Sa barbe est fournie, sa sueur sur son visage ressemble à des perles, et il émane de lui un parfum de musc. Son cou est semblable à un pichet d’argent, comme si l’or coulait sur ses clavicules. De sa partie supérieure de la poitrine jusqu’au nombril, il a une ligne de poils, fine comme une tige ; il n’a pas d’autre pilosité sur la poitrine ni sur le ventre. Ses paumes et la plante de ses pieds sont robustes. Quand il se trouve parmi les gens, il les enveloppe de sa présence. Quand il marche, c’est comme s’il arrachait ses pas à la roche, descendant en pente. Il a une descendance (6) peu nombreuse (7). »

L’héritage suivant est rapporté par l’imam Al-Bayhaqî, avec sa chaîne de transmission, d’après Wahb ibn Munabbih Al-Yamânî, qui a dit : « Lorsque Dieu – Exalté soit-Il – se confia à Moïse, celui-ci dit : “Seigneur, je trouve dans la Torah mention d’une communauté, la meilleure qui ait été suscitée pour les gens ; ils ordonnent le bien, interdisent le mal et croient en Dieu. Fais qu’elle soit ma communauté.” Dieu répondit : “C’est la communauté d’Ahmad.”

Moïse poursuivit : “Seigneur, je vois dans la Torah qu’il s’agit d’une communauté qui est la dernière des nations et la première au Jour de la Résurrection. Fais qu’elle soit ma communauté.” Dieu répondit : “C’est la communauté d’Ahmad.”

Moïse dit encore : “Ô Seigneur, je vois dans la Torah qu’il s’agit d’une communauté dont les Évangiles résident dans leurs poitrines et qu’ils lisent. Ceux d’avant eux lisaient leurs Livres en les consultant des yeux et ne les mémorisaient pas. Fais qu’elle soit ma communauté.” Dieu répondit : “C’est la communauté d’Ahmad.”

Moïse reprit : “Ô Seigneur, je lis dans la Torah qu’il s’agit d’une communauté qui croit au premier Livre et au dernier, et qui combattra les chefs de l’égarement jusqu’à combattre l’Unijambiste imposteur (l’Antéchrist). Fais qu’elle soit ma communauté.” Dieu répondit : “C’est la communauté d’Ahmad.”

Moïse insista : “Ô Seigneur, je vois dans la Torah qu’il s’agit d’une communauté qui consomme en elle-même ses aumônes (sadaqât). Ceux qui les ont précédés, lorsqu’ils sortaient leur aumône, Tu envoyais un feu qui la consumait ; et si elle n’était pas acceptée, le feu ne s’en approchait pas. Fais qu’elle soit ma communauté.” Dieu répondit : “C’est la communauté d’Ahmad.”

Moïse conclut : “Ô Seigneur, je trouve dans la Torah qu’il s’agit d’une communauté qui, si l’un d’eux envisage de commettre une mauvaise action, celle-ci ne lui est pas inscrite ; et s’il la réalise, on ne lui en inscrit qu’une seule. S’il projette de faire une bonne action puis ne la fait pas, on lui inscrit une bonne action ; et s’il la réalise, on lui en inscrit dix jusqu’à sept cents fois plus. Fais qu’elle soit ma communauté.” Et Dieu répondit : “C’est la communauté d’Ahmad.” »

(1) Dans "Dalāʾil an-Nubuwwa" : « faSSir ». Dans l'édition imprimée : « faBayyin ». Il s'agit d'une erreur manifeste. (2) Dans "Dalāʾil an-Nubuwwa" (1/378) : « fasSir » pour les habitants de Sūrān en syriaque, la phrase devant toi est : « Je suis Dieu, le Vivant, le Subsistant ». (3) Ce qui est entre parenthèses a été omis dans l'édition imprimée ; nous l'avons rétabli d'après (A). (4) « aṣ-Ṣilt al-jabīn » : c'est-à-dire à large front. Il est dit aussi que « aṣ-Ṣilt » signifie lisse. (al-Nihāya, 3/45). (5) « al-Adʿaj » : cela signifie que le noir de ses yeux était d'un noir profond. (al-Nihāya, 2/119). (6) « Dhu an-nasl al-qalīl ». Dans "Dalāʾil an-Nubuwwa" la phrase est complétée. Il semble qu'il désigne les mâles issus de sa descendance. (7) "Dalāʾil an-Nubuwwa" de al-Bayhaqī (1/378) et "Tahdhib Tārīkh Ibn ʿAsākir" (1/344) ; c'est un rapport certain (mauqūʿ) d'après Muqātil ibn Ḥayyān, manifestement d'une fabrication et d'une invention évidentes.
أوحى الله – Exalté soit-Il – إلى عيسى ابن مريم. جِدَّ في أمري ولا تهزل، واسمع وأطع يا بن الطاهر البَتُول، إني خلقتُك من غير فحل، وجعلتُك آية للعالمين، فإيايَ فاعبد، وعلىَّ فتوكل، بيِّن (١) لأهل سُوران (٢) : أني أنا الحقُّ القائم الذي لا أزول، صَدَّقوا بالنبيّ العربيّ، صاحب الجمل والمِدرعَة والعَمامة (وهي التَّاجُ) (٣) ، والنعلين والهِرَاوة، الجَعد الرأس، الصَّلت (٤) الجبين، المقرون الحاجبين، الأدعجْ (٥) العينين، الأقنى الأنف، الواضح الخدين، الكثّ اللحية، عَرَقُه في وجهه كاللؤلؤ، ريحُ المسكِ ينفحُ منه، كأن عنقَه إبريقُ فضة، وكأن الذهَب يجري في تراقيه، له شعراتٌ من لَبّته إلى سُرّته تجري كالقضيب، ليس على صدره ولا بطنه شعرٌ غيرُه، شَثْنُ الكفين والقدم، إذا جاء مع الناس غمرَهم، وإذا مشى كأنما يَتقلَّع من الصخر، وينحدرُ في صَبَب، ذو النسل (٦) القليل (٧) . وروى الحافظ البيهقي بسنده، عن وهب بن منبه اليماني، قال: إن اللّه – Exalté soit-Il – لما قرّبَ موسى نجيًا قال: ربِّ إني أجدُ في التوراة أمةً خيرَ أمّةٍ أُخرِجت للناس، يأمرون بالمعروف، وينهون عن المنكر، ويؤمنون باللّه، فاجعلهم أمتي، قال: تلك أمَّة أحمد، قال: ربِّ إني أجد في التوراة أمة هم الآخرون من الأمم، السابقون يوم القيامة، فاجعلهم أمتي، قال: تلك أمّةُ أحمد. قال: يا ربِّ إني أجدُ في التوراة أمةً أناجيلُهم في صدورهم يقرؤُونها، وكان مَن قبلهم يقرؤون كتبَهم نَظَرًا ولا يحفظُونها، فاجعلهم أمتي، قال: تلك أمة أحمد، قال: ربِّ إني أجدُ في التوراة أمة يُؤمنون بالكتاب الأول والآخر ويُقاتلون رؤوسَ الضلالة حتى يُقاتلوا الأعورَ الكذاب، فاجعلهم أمتي، قال: تلك أمّةُ أحمد. قال: ربِّ إني أجد في التوراة أمة يأكلون صدقاتهم في بطونهم وكان من قبلهم إذا أخرج صدقته بعث اللّه عليها نارًا فأكلتها فإن لم تقبل لا تقربها النار، فاجعلهم أمتي، قال: تلك أمة أحمد. قال: ربِّ إني أجدُ في التوراة أمةً إذا همّ أحدُهم بسيئة لم تُكتب عليه، فإن عملَها كُتبت عليه سيئة واحدة، وإذا همّ أحدُهم بحسنة ولم يعملها كُتبت له حسنة، فإن عملها كُتبت له عشر أمثالها إلى سبعمئة ضعف، فاجعلهم أمتي، قال: تلك أمة أحمد.
(١) في دلائل النبوة: فَسِّر. وفي المطبوع: فَبَيِّن. وهو تصحيف ظاهر. (٢) في دلائل النبوة (١/ ٣٧٨): فسِّر لأهل سوران بالسُّريانيّة، بلغ من بَين يَديك: أني أنا الله الحيُّ القيُّوم. (٣) ما بين القوسين سقط من المطبوع، وأثبته من (أ). (٤) "الصلت الجبين": أي واسع الجبين. وقيل: الصلت: الأملس. النهاية (٣/ ٤٥). (٥) "الأدعج": يريد أن سواد عينيه كان شديد السواد. النهاية (٢/ ١١٩). (٦) "ذو النسل القليل". وفي دلائل النبوة تتمة. وكأنه أراد الذكورَ من صُلبه. (٧) دلائل النبوة؛ للبيهقي (١/ ٣٧٨) وتهذيب تاريخ ابن عساكر (١/ ٣٤٤) وهو خبر مقطوع عن مقاتل بن حيان، وهو ظاهر الصنعة والوضع.

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