Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« Comment pourrais-je me réjouir alors que le détenteur de la Trompe l’a déjà saisie, qu’il a incliné le front et tendu l’oreille, attendant le moment où il recevra l’ordre (divin) ? » Les musulmans dirent alors : « Ô Messager de Dieu, que devons-nous donc dire ? » Il répondit : « Dites : “Dieu nous suffit, Il est le Meilleur garant ; c’est en Dieu que nous plaçons notre confiance.” »

Al-Tirmidhî a rapporté ce hadith d’après Ibn Abî ‘Umar (1), par l’intermédiaire de Sufyân ibn ‘Uyayna, de Mutarrif, et par Khalid ibn Tuhmân (2), tous deux transmettant de ‘Atiyya, ainsi que d’Abû Sa‘îd al-‘Awfî al-Bajalî, d’Abû l-Hasan al-Kûfî, d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî. Al-Tirmidhî déclara : « Il est bon (hasan). » J’ai dit : Il est également rapporté par une autre voie de transmission issue de ce même Compagnon, ainsi que d’après Ibn ‘Abbâs, comme cela apparaîtra à sa place.

Parmi les marques de son humilité (que la prière et la bénédiction de Dieu soient sur lui) : Abû ‘Abd Allâh Ibn Mâjah (3) rapporte : « Nous furent transmises les paroles d’Ahmad ibn Muhammad ibn Yahyâ ibn Sa‘îd al-Qattân, selon ‘Amr ibn Muhammad, selon Asbât ibn Nasr, d’après al-Suddî, d’après Abû Sa‘d al-Azdî – le lecteur (qâri’) des Azd –, d’après Abû l-Kanûd, d’après Khabbâb, à propos du verset : “Et ne repousse pas ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, recherchant Sa Face… de peur que tu ne sois du nombre des injustes.” (Coran 6:52). »

Il raconta que l’Aqra‘ ibn Hâbis al-Tamîmî et ‘Uyayna ibn Hisn al-Fazârî vinrent trouver le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix) alors qu’il était assis en compagnie de Souhayb, Bilâl, ‘Ammâr et Khabbâb, ainsi que d’autres croyants considérés comme faibles. Lorsqu’ils les virent autour du Prophète, ils les méprisèrent. Ils s’isolèrent auprès de lui et dirent : « Nous voudrions que tu nous réserves une place particulière, afin que les tribus arabes sachent la supériorité qui est la nôtre. En effet, des délégations arrivent jusqu’à toi, et nous avons honte que les Arabes nous voient attablés avec ces serviteurs. Lorsque nous venons te voir, mets-les donc à l’écart jusqu’à ce que nous ayons fini de te parler, puis si tu le souhaites, assieds-toi à nouveau avec eux. » Le Prophète répondit : « Oui. » Ils dirent : « Rédige-nous donc un écrit à ce sujet. »

Alors il demanda qu’on lui apporte une feuille et appela ‘Alî pour les y satisfaire, tandis que nous étions assis à l’écart. C’est alors que l’Ange Gabriel (sur lui la paix) descendit avec ce verset : « Et ne repousse pas ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, cherchant Sa Face. Tu n’as aucun compte à leur demander et ils n’ont aucun compte à te demander. Si tu les repousses, tu serais du nombre des injustes » (Coran 6:52). Puis Dieu mentionna al-Aqra‘ ibn Hâbis et ‘Uyayna ibn Hisn : « Et c’est ainsi que Nous éprouvons certains par d’autres, afin qu’ils disent : “Est-ce donc ceux-là que Dieu a comblés de faveurs parmi nous ?” Dieu n’est-Il pas le meilleur connaisseur des reconnaissants ? » (6:53). Ensuite : « Et lorsque ceux qui croient en Nos versets viennent à toi, dis : “Paix sur vous ! Votre Seigneur S’est prescrit à Lui-même la miséricorde…” » (6:54).

Khabbâb raconta : « Nous nous sommes alors rapprochés de lui jusqu’à poser nos genoux sur les siens. Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et lui accorde la paix) s’asseyait avec nous, et quand il devait se lever, il nous laissait. Dieu fit alors descendre (ce nouveau verset) : “Supporte patiemment (et reste) avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, recherchant Sa Face, et ne détourne pas tes yeux d’eux…” (Coran 18:28), et ne te mets pas avec les notables ; “et n’obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur insouciant de Notre rappel” (18:28), à savoir ‘Uyayna et l’Aqra‘, “et qui suit ses passions et dont la conduite est outrancière” – c’est-à-dire vouée à la perte, à l’instar de l’ordre suivi par ‘Uyayna et al-Aqra‘. »

Puis le récit se poursuit.

(1) Dans Al-Jāmiʿ (n° 3243) en exégèse. (2) Dans Al-Jāmiʿ (n° 2431) en ascétisme. (3) Dans ses Sunan (n° 4127) en ascétisme. Sa chaîne de transmission est faible à cause de la faiblesse d’Abū Saʿīd al-Azdī ; il est acceptable en cas de transmission par suivi (mutābaʿa), mais faible en cas de transmission isolée (tafrūd), or il a transmis isolément. Ensuite, il s'agit d’un ḥadīth étrange (gharīb) dans l’exégèse du verset, car le verset est mecquois alors qu’al-Aqrāʿ b. Hābis et ʿUyayna ont embrassé l’islam après l’hégire ; ce qui est correct est ce qui suit.
"كيف أنعم وقد التقمَ صاحبُ القرن القَرنَ، وحنى جبهتَه وأصغى سمعه ينتظر متى يُؤمر" قال المسلمون: يا رسول الله فما نقول؟ قال: "قولوا: حَسبُنَا الله وَنِعمَ الوكيلُ، على الله تَوَكّلنا" . ورواه الترمذي، عن ابن أبي عمر (١) ، عن سفيان بن عيينة، عن مطرِّف، ومن حديث خالد بن طهمان (٢) ، كلاهما عن عطية وأبي سعيد العَوفي البَجَلي، وأبي الحسن الكوفي، عن أبي سعيد الخدري، وقال الترمذي: حسن. قلت: وقد رُوي من وجه آخر عنه، ومن حديث ابن عباس كما سيأتي في موضعه. ومن تواضعه (رحمهم الله) : قال أبو عبد الله بن ماجه (٣) : حَدَّثنا أحمد بن محمد بن يحيى بن سعيد القطان، حَدَّثنا عمرو بن محمد، حَدَّثنا أسباطُ بن نَصر، عن السُّدي، عن أبي سَعدٍ الأزدِيّ - وكان قارئ الأزد- عن أبي الكَنُود، عن خَبَّابٍ في قوله تعالى: ﴿وَلَا تَطْرُدِ الَّذِينَ يَدْعُونَ رَبَّهُمْ بِالْغَدَاةِ وَالْعَشِيِّ يُرِيدُونَ وَجْهَهُ﴾ إلى قوله: ﴿فَتَكُونَ مِنَ الظَّالِمِينَ﴾ [الأنعام: ٥٢] قال: جاء الأقرعُ بن حابسٍ التميميُّ، وعُيينة بن حِصن الفزاري، فوجدوا رسولَ الله ﷺ مع صُهيب وبلال وعمار وخبَّاب، قاعدًا في ناس من الضعفاء من المؤمنين، فلما رأوهُم حولَ رسول الله ﷺ حَقَرُوهم، فأتوه فخلَوا به، فقالوا: نريدُ أن تجعلَ لنا منك مجلسًا تعرفُ لنا به العربُ فضلَنا، فإن وفودَ العرب تأتيك فنستحي أن ترانا العربُ مع هذه الأعبُد، فإذا نحن جئناك فأقمهم عنكَ، فإذا نحن فرغنا فاقعد معهم إن شئتَ. قال: "نعم" قالوا: فاكتب لنا عليك كتابًا، قال: فدعا بصحيفةٍ ودعا عليًّا ليكتب ونحن قعودٌ في ناحية، فنزل جبريل (عليه السلام) فقال: ﴿وَلَا تَطْرُدِ الَّذِينَ يَدْعُونَ رَبَّهُمْ بِالْغَدَاةِ وَالْعَشِيِّ يُرِيدُونَ وَجْهَهُ مَا عَلَيْكَ مِنْ حِسَابِهِمْ مِنْ شَيْءٍ وَمَا مِنْ حِسَابِكَ عَلَيْهِمْ مِنْ شَيْءٍ فَتَطْرُدَهُمْ فَتَكُونَ مِنَ الظَّالِمِينَ﴾ [الأنعام: ٥٢] ثم ذكر الأقرعَ بن حابس وعُيينةَ بن حصن فقال: ﴿وَكَذَلِكَ فَتَنَّا بَعْضَهُمْ بِبَعْضٍ لِيَقُولُوا أَهَؤُلَاءِ مَنَّ اللَّهُ عَلَيْهِمْ مِنْ بَيْنِنَا أَلَيْسَ اللَّهُ بِأَعْلَمَ بِالشَّاكِرِينَ﴾ [الأنعام: ٥٣] ثم قال: ﴿وَإِذَا جَاءَكَ الَّذِينَ يُؤْمِنُونَ بِآيَاتِنَا فَقُلْ سَلَامٌ عَلَيْكُمْ كَتَبَ رَبُّكُمْ عَلَى نَفْسِهِ الرَّحْمَةَ﴾ [الأنعام: ٥٤] قال: فدنونا منه حتى وضعنا ركبَنا على ركبتِه، فكان رسولُ اللّه ﷺ يجلسُ معنا، فإذا أرادَ أن يقومَ قامَ وتركنا، فأنزل اللّه – Exalté soit-Il – : ﴿وَاصْبِرْ نَفْسَكَ مَعَ الَّذِينَ يَدْعُونَ رَبَّهُمْ بِالْغَدَاةِ وَالْعَشِيِّ يُرِيدُونَ وَجْهَهُ وَلَا تَعْدُ عَيْنَاكَ عَنْهُمْ﴾ [الكهف: ٢٨] ولا تجالس الأشراف ﴿وَلَا تُطِعْ مَنْ أَغْفَلْنَا قَلْبَهُ عَنْ ذِكْرِنَا﴾ يعني عيينةَ والأقرع ﴿وَاتَّبَعَ هَوَاهُ وَكَانَ أَمْرُهُ فُرُطًا﴾ قال: هلاكًا، قال: أمرُ عيينة والأقرع. ثم
(١) في الجامع (٣٢٤٣) في التفسير. (٢) في الجامع (٢٤٣١) في الزهد. (٣) في سننه (٤١٢٧) في الزهد. وإسناده ضعيف لضعف أبي سعيد الأزدي فهو مقبول عند المتابعة ضعيف عند التفرد، وقد تفرد. وهو بعد ذلك حديث غريب في تفسير الآية، فإن الآية مكية والأقرع بن حابس وعيينة إنما أسلما بعد الهجرة، والصحيح ما بعده.

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