Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

D’après Ḥakīm ibn Ḥizām, il raconta : « Je partis au Yémen et j’y achetai la robe de Dhū Yazan. Je l’offris au Prophète ﷺ, mais il la refusa. Je la vendis alors, puis il l’acheta et la porta. Lorsqu’il sortit auprès de ses Compagnons en la portant, je n’avais jamais rien vu de plus beau portant un tel vêtement. Je ne pus me retenir de dire :

“Qu’ont donc à considérer les juges en matière de mérite, après qu’est apparue une clarté éclatante, un front rayonnant et des reflets lumineux ? (1)
Quand ils le comparent à la gloire, il les surpasse (2) grâce à l’abondance de son flot puisé à la source, pareil à l’eau déversée d’un torrent solide. (3)”

Le Prophète ﷺ l’entendit, se tourna vers moi en souriant, puis il rentra et l’offrit à Usāma ibn Zayd. (4)

L’imam Aḥmad (5) a rapporté : « Ḥusayn ibn (6) ʿAlī nous raconta, d’après Zāʾidah, d’après ʿAbd al-Malik ibn ʿUmayr, d’après Ribʿī ibn Ḥirāsh, d’après Umm Salama qui dit : “Le Messager de Dieu ﷺ entra chez moi alors qu’il avait le visage soucieux. Je pensai que c’était à cause d’un mal, et je lui dis : ‘Ô Messager de Dieu, je vois ton visage préoccupé ; as-tu mal quelque part ?’ Il répondit : ‘Non, mais ce sont les sept dinars que nous avons reçus (hier, nous sommes restés hier soir) sans les dépenser, et je les avais oubliés dans le coin du matelas.’” (7) » Ce récit est rapporté exclusivement par Aḥmad.

L’imam Aḥmad a également dit : « Abū Salamah nous a rapporté : Bakr ibn Muḍar nous a appris — Mūsā ibn Jubayr, d’après Abū Umāmah ibn Sahl, a raconté : ‘Un jour, ʿUrwah ibn al-Zubayr et moi sommes entrés auprès de ʿĀʾishah. Elle nous dit : “Si seulement vous aviez vu le Prophète de Dieu ﷺ un certain jour durant la maladie dont il souffrit !” Elle ajouta : “Il y avait alors chez moi six (ou sept, selon Mūsā) dinars. Le Messager de Dieu ﷺ m’ordonna de les distribuer. Mais j’ai été absorbée par la maladie du Prophète ﷺ, jusqu’à ce que Dieu — Exalté soit-Il — le guérisse. Puis il me questionna : ‘Qu’as-tu fait de ces six (ou sept) pièces ?’ Je répondis : ‘Non, par Dieu, j’ai été tellement prise par ta maladie que je les ai oubliées.’ Alors il les fit venir, et les aligna dans sa main en disant : ‘Qu’aurait pensé le Prophète de Dieu s’il rencontrait Dieu en ayant encore ces pièces chez lui !’” (8). » Ces propos sont rapportés uniquement par Aḥmad.

(1) « Ghurrah et Hajjul » : Ghurrah désigne une blancheur sur le visage, Hajjul une blancheur sur les membres inférieurs. (2) « Arba » : augmentation et excédent. (3) « Al-Dhunab » : remplir un seau d'eau; « Al-Sijl » : le limon argileux. Les deux vers sont d'Al-Ḥuṭay’ah ; le deuxième vers est mentionné par Al-Zamakhsharī dans Al-Asās sous la rubrique (Sijl). (4) Al-Mu‘jam al-Kabīr d'Al-Ṭabarānī (3/193), n° 3094. (5) Dans son Musnad (6/314). (6) Ce qui est entre parenthèses a été omis dans le texte original, mais rétabli d'après le Musnad d'Aḥmad. (7) Narré par Abū Ya‘lā, n° 7017, Al-Ṭabarānī dans Al-Mu‘jam al-Kabīr (23/327, n° 751), et Al-Bayhaqī dans Ad-Dalāʾil (1/345-346). Sa chaîne de transmission est authentique. « Khaṣm al-Firāsh » : son côté. (8) Rapporté par l’imam Aḥmad dans le Musnad (6/104) et Al-Bayhaqī dans Dalāʾil an-Nubuwwah (1/346). Sa chaîne de transmission est faible.
عن حكيم بن حِزام، قال: خرجتُ إلى اليمن فابتعتُ حُلّة ذي يزن، فأهديتها إلى النبي ﷺ فردَّها، فبعتُها فاشتراها فلبسها، ثم خرج على أصحابه وهي عليه، فما رأيت شيئًا أحسنَ منه فيها، فما ملكتُ نفسي أن قلت: مَا يَنظُرُ الحُكَّامُ بالفَضلِ بَعدَما … بَدَا واضحٌ مِن غُرَّةٍ وحَجُولِ (١) إذَا قَايسَوهُ المَجْدَ أَربَى (٢) عَليهِمُ … بِمُستَفْرغ مَاءِ الذِّناب سَجِيلِ (٣) فسمعها النبي ﷺ ، فالتفت إليَّ يتبسم، ثم دخل فكساها أسامة بن زيد (٤) . وقال الإمام أحمد (٥) : حدَّثني (حسين بن) (٦) علي، عن زائدة، عن عبد الملك بن عمير، عن رِبعي بن حراش، عن أُم سلمة قالت: دخل عليَّ رسول اللّه ﷺ وهو ساهم الوجه، قالت: فحسبت ذلك من وجع، فقلت: يا رسول الله أراك ساهم الوجه، أفمن وجع؟ فقال: "لا، ولكن الدنانير السبعة التي أتينا بها (أمس، أمسينا) ولم ننفقها، نسيتُها في خصْم الفراش" (٧) . تفرد به أحمد. وقال الإمام أحمد: حدَّثنا أبو سلمة، قال: أخبرنا بكرُ بن مُضر، حَدَّثنا موسى بن جُبير، عن أبي أمامة بن سهل، قال: دخلتُ أنا وعروةُ بن الزبير يومًا على عائشة، فقالت: لو رأيتُما نبيَّ اللّه ﷺ ذاتَ يوم في مرضٍ مرضه؟ قالت: وكان له عندي سِتَّةُ دنانير- قال موسى: أو سبعة- قالت: فأمرني رسولُ الله ﷺ أن أفرّقها، قالت: فشغلني وجعُ نبي اللّه ﷺ حتى عافاهُ اللْه – Exalté soit-Il – ، قالت: ثم سألني عنها، فقال: "ما فعلتِ الستةُ؟ " - قال: أو السبعةُ- قلتُ: لا والله لقد شغلني عنها وجعُك، قالت: فدعا بها ثم صفَّها في كفِّه، فقال: "ما ظنُّ نبيِّ الله لو لقيَ الله وهذه عنده! " (٨) . تفرد به أحمد.
(١) "غرة وحجول": الغرة: بياض في الوجه، والحجول: بياض في القوائم. (٢) "أربى": زاد وفضل. (٣) "الذناب": ملء الدلو من الماء، و"السجيل": الضخم. والبيتان للحطيئة، وقد ذكر البيت الثاني الزمخشري في الأساس، مادة (سجل). (٤) المعجم الكبير للطبراني (٣/ ١٩٣) رقم (٣٠٩٤). (٥) في مسنده (٦/ ٣١٤). (٦) ما بين القوسين سقط من الأصل، وأثبته من مسند أحمد. (٧) ورواه أبو يعلى رقم (٧٠١٧)، والطبراني في المعجم الكبير (٢٣/ ٣٢٧ رقم ٧٥١)، والبيهقي في الدلائل (١/ ٣٤٥ - ٣٤٦). وإسناده صحيح. و"خصم الفراش": جانبه. (٨) رواه الإمام أحمد في المسند (٦/ ١٠٤) والبيهقي في دلائل النبوة (١/ ٣٤٦). وإسناده ضعيف.

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