Quant aux hadiths, voici ce que rapporte Ya‘qoub ibn Soufiane : « Abou al-‘Abbâs Haywa ibn Chouraïh m’a raconté, Baqiyya nous ayant informés, d’après az-Zoubaydî, d’après az-Zouhrî, d’après Muhammad ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs. » Il dit : « Ibn ‘Abbâs racontait que Dieu (Allah) avait envoyé à Son Prophète un Ange parmi les Anges, accompagné de Jibril (Gabriel). L’Ange dit alors au Messager de Dieu (ﷺ) (1) : “Dieu te propose de choisir entre être un serviteur Prophète ou être un roi Prophète.” Le Messager de Dieu se tourna vers Jibril comme pour le consulter. Jibril fit signe au Messager de Dieu de choisir l’humilité. Le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : “Non, je préfère être un serviteur Prophète.” » Il est rapporté qu’après avoir prononcé ces mots, il ne mangea plus jamais en s’appuyant, jusqu’à ce qu’il reçoive Sa rencontre avec Dieu (Exalté soit-Il).
Al-Boukhârî rapporte cela dans son “Histoire” (2) par l’intermédiaire de Haywa ibn Chouraïh, et an-Nassâ’î (3) le transmet aussi d’après ‘Amr ibn ‘Othmân, tous deux se référant à Baqiyya ibn al-Walîd. L’essentiel de ce hadith figure dans le recueil authentique (as-Sahîh) avec un énoncé proche de celui-ci.
L’imam Ahmad (4) a également dit : « Muhammad ibn Foudayl nous a rapporté, d’après ‘Oumâra, d’après Abou Zou‘ra – et je ne sache pas d’autre source que celle d’Abou Hourayra –, qu’il raconta : “Jibril était assis auprès du Messager de Dieu (ﷺ). Il leva le regard vers le ciel et vit un Ange qui en descendait. Alors Jibril dit : ‘Cet Ange n’est jamais descendu depuis le jour où il fut créé, jusqu’à cette heure.’ Lorsqu’il arriva, il dit : ‘Ô Muhammad, c’est ton Seigneur qui m’envoie. Souhaite-t-Il faire de toi un roi Prophète ou un serviteur Messager ?’” (5). » C’est ainsi que je l’ai trouvé résumé (6) dans la copie du Musnad que je possède, et il s’agit là d’une particularité de cette chaîne de transmission.
Il est également établi dans les deux recueils authentiques (as-Sahîhayn) (7), dans un hadith rapporté par Ibn ‘Abbâs d’après ‘Oumar ibn al-Khattâb, que lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) décida de faire l’îlâ’ – c’est-à-dire de ne pas rejoindre ses épouses pendant un mois – il se retira dans une chambre élevée (al-‘uliyya). Quand ‘Oumar y entra, il ne trouva qu’un tas de feuilles de qarad, une outre suspendue et un monceau d’orge, tandis que le Prophète (ﷺ) était allongé sur un tapis de jonc dont les marques s’étaient imprimées sur son flanc. Les yeux de ‘Oumar se mirent à verser des larmes. Le Prophète (ﷺ) lui demanda : “Qu’as-tu donc ?” Je lui répondis : “Ô Messager de Dieu, toi qui es l’Élu de Dieu parmi Ses créatures, regarde Khosro (Kisrâ) et César (Qaysar) et ce dont ils jouissent !” Le Prophète (ﷺ) se redressa, le visage légèrement rouge, en disant : “Serais-tu dans le doute, fils d’al-Khattâb ?” Puis il poursuivit : “Ce sont des gens à qui l’on a déjà accordé toute jouissance ici-bas durant leur vie mondaine.” »