«Ô Messager d’Allah.» Anas a dit : «Par Dieu, je l’ai servi pendant neuf ans, et jamais je ne l’ai entendu me dire, au sujet d’une chose que j’avais faite : “Pourquoi as-tu fait ceci ou cela ?” ni, au sujet d’une chose que j’avais négligée : “Pourquoi n’as-tu pas fait ceci ou cela ?”» (1)
L’imam Aḥmad (2) a rapporté : «Kathȳr ibn Hishām nous a rapporté, Ja‘far nous a rapporté, puis ‘Imrān al-Qaṣīr, d’après Anas ibn Mālik, qui a dit : “J’ai servi le Prophète (ﷺ) pendant dix ans. Jamais il ne m’a ordonné de faire une chose que j’aurais retardée ou négligée sans qu’il ne me fasse de reproche. Et si quelqu’un de sa famille me reprochait quelque chose, il disait : ‘Laissez-le, car si cela avait été décrété — ou dit : jugé — pour arriver, cela serait arrivé.’”»
Ensuite, Aḥmad le rapporta également d’après ‘Alī ibn Thābit, d’après Ja‘far — c’est Ja‘far ibn Burqān —, d’après ‘Imrān al-Baṣrī — c’est-à-dire al-Qaṣīr —, d’après Anas, et il en fit mention. Seul l’imam Aḥmad le relate.
L’imam Aḥmad (3) a dit : «‘Abd al-Ṣamad nous a rapporté, mon père nous a rapporté, Abū l-Tayyāḥ nous a rapporté, Anas nous a rapporté : “Le Messager d’Allah (ﷺ) était la personne la plus parfaite en caractère. J’avais un frère que l’on appelait Abū ‘Umayr, et je crois qu’il a dit qu’il était déjà sevré. Lorsqu’arrivait le Messager d’Allah (ﷺ) et qu’il le voyait, il disait : ‘Abā ‘Umayr ! Qu’en est-il de l’oiselet ?’ (c’était un petit oiseau avec lequel il jouait). Il arrivait parfois que l’heure de la prière le surprenne alors qu’il se trouvait chez nous ; il ordonnait alors que l’on balaie le tapis sous lui, qu’on l’asperge d’eau, puis il se levait et nous nous levions derrière lui pour prier. Leur tapis était fait de feuilles de palmier.”»
Tous les rapporteurs (4), à l’exception d’Abū Dāwūd, l’ont relaté par diverses chaînes de transmission, d’après Abū l-Tayyāḥ Yazīd ibn Ḥumayd, d’après Anas, avec un contenu similaire. Il est également établi dans les deux Ṣaḥīḥ, selon le ḥadīth d’al-Zuhrī, d’après ‘Ubayd Allāh ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Utba, d’après Ibn ‘Abbās, qui a dit : «Le Messager d’Allah (ﷺ) était le plus généreux des hommes, et il l’était encore davantage pendant le Ramaḍān, lorsque Jibrīl le rencontrait pour lui faire réviser le Coran. Le Messager d’Allah (ﷺ) était alors plus généreux dans le bien que le vent qui souffle (5).»
L’imam Aḥmad a également rapporté : «Abū Kāmil nous a rapporté, Ḥammād ibn Zayd nous a rapporté, Sallam al-‘Alawī nous a rapporté : j’ai entendu Anas ibn Mālik dire que le Prophète (ﷺ) vit un homme qui portait une teinture jaune et qu’il la détesta. Puis, quand celui-ci se leva, il (le Prophète) dit : “Si seulement vous lui demandiez de laver cette teinture jaune.” Et Anas d’ajouter : “Le Prophète (ﷺ) ne faisait presque jamais de reproche directement à quelqu’un au sujet d’une chose qu’il détestait.”» (6)