Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Un homme de La Mecque m’a rapporté, d’après le fils d’Abû Hâla at-Tamîmî, lui-même rapportant d’al-Ḥasan ibn ʿAlî, qui dit : « J’ai interrogé mon oncle maternel Hind ibn Abî Hâla – qui excellait dans la description – au sujet de l’apparence du Messager de Dieu (ﷺ), désireux qu’il me livre un portrait auquel je puisse m’attacher. Il répondit :

“Le Messager de Dieu (ﷺ) était imposant et conférait à son entourage un grand respect (1). Son visage resplendissait comme la pleine lune lors de sa nuit la plus brillante. Il était plus grand qu’un homme de taille moyenne, sans être trop élancé (2). Il avait une tête puissante, des cheveux ondulés. S’il était naturellement amené à séparer sa chevelure en deux tresses (3), il le faisait, sinon il ne la laissait pas dépasser le lobe de ses oreilles lorsqu’il la laissait pousser. Il avait le teint éclatant, le front large. Ses sourcils étaient finement recourbés (4), épais sans se rejoindre (5), et, entre eux, se trouvait une veine qui saillait lorsqu’il était en colère. Son nez était légèrement aquilin (6), avec un éclat lumineux sur le dessus ; quiconque ne l’observait pas attentivement pouvait le prendre pour un nez trop relevé. Sa barbe était fournie, ses yeux grands et sombres, ses joues plutôt planes. Il avait la bouche large, des dents bien alignées, un léger espace entre chacune. Une fine ligne de poils lui descendait de la poitrine jusqu’au nombril, comme tracée d’un trait. Son cou avait la délicatesse d’une figurine et la pureté de l’argent. Il avait le corps équilibré, bien bâti mais compact, la poitrine et le ventre sur le même plan, avec une poitrine large et des épaules espacées. Les articulations de ses membres étaient robustes. Sa peau découverte semblait rayonnante. De légers poils reliaient le haut de sa poitrine à son nombril, mais sa poitrine et son ventre étaient glabres en dehors de cela. Il avait les bras, les épaules et la partie supérieure de la poitrine fournis en pilosité. Ses avant-bras étaient longs, ses paumes larges, ses muscles fermes. Il avait les mains et les pieds d’apparence robuste, les doigts élancés. La plante de ses pieds était légèrement creusée et l’eau y glissait sans s’y attarder. Quand il se déplaçait, il soulevait fermement son pied, avançant d’un pas sûr, marchant avec dignité, couvrant rapidement la distance (9). On eût dit, quand il marchait, qu’il descendait d’une pente (10). Lorsqu’il tournait la tête, il pivotait le buste tout entier. Il baissait souvent le regard, regardant la terre plus longtemps que le ciel ; ses regards étaient pour la plupart empreints de considération. Il guidait ses compagnons et saluait en premier quiconque le croisait.

J’ai alors demandé : “Décris-moi sa manière de parler.” Il répondit : “Le Messager de Dieu (ﷺ) était continuellement préoccupé, toujours en réflexion, ne goûtant nul repos. Il ne parlait jamais sans nécessité. Il gardait souvent le silence ; lorsqu’il commençait à s’exprimer, il ouvrait et concluait sa parole clairement, et s’exprimait en des termes concis et profonds. Son propos était net, sans excès ni insuffisance.””

(1) « Fakhman Mufakhkhaman » signifie grand, sublime. (2) « Al-Mushadhhab » : le grand, évident, provenant de « at-tashadhdhub », à l’origine le palmier haut dont les feuilles ont été taillées. (3) « ʿAqīsatuhu » : la touffe de cheveux lorsqu’elle est torsadée et tressée. Dans une autre narration : « ʿAqīqatuhu », et l’origine du terme « ʿAqīqa » est les cheveux du garçon avant la tonsure, qui, une fois rasés et repoussés, ne portent plus le nom d’ʿAqīqa. Par analogie, on peut aussi appeler cheveux « ʿAqīqa » après la tonsure. Le sens du hadith est qu’il ne séparait pas ses cheveux sauf qu’ils se séparaient naturellement, et cela se passait aux débuts de l’Islam, puis il les séparait. Voir Dalaʾil an-Nubuwwa (1/292‑293). (4) Sa parole : « azj al-ḥawājib », azj signifie longueur, finesse et teinte des sourcils descendant vers l’extrémité des yeux. (5) « al-Qarn » : c’est que les sourcils s’allongent jusqu’à ce que leurs extrémités se rejoignent. (6) « al-Aqnā » : la longueur et la finesse de la fossette entre les sourcils et sa concavité centrale. « Al-ʿArnayn » désigne le nez et ce qui est rigide en lui. (7) « al-Qalʿ » : arracher une chose depuis sa racine. (8) « Yakhtū takfīan wa yamshī hawnan » : cela signifie qu’il vacille en marchant mais avance doucement sans arrogance. (9) « Dharīʿ al-mashiya » : avec cette douceur, il marche vite. (10) « Yanhaṭṭ min ṣabbib » : ṣabbib signifie déclivité.
حدَّثني رجل بمكة، عن ابنٍ لأبي هالة التميمي، عن الحسن بن علي، قال: سألتُ خالي هندَ بن أبي هالة -وكان وصَّافًا- عن حِلْية رسول الله ﷺ -وأنا أشتهي أن يصفَ لي منها شيئًا أتعلَّقُ به- فقال: كان رسولُ الله ﷺ ، فَخْمًا مُفَخَّما (١) ، يتلألأُ وجهُه تلألؤَ القمر ليلةَ البدر، أطولَ من المربوع، وأقصرَ من المُشَذَّب (٢) ، عظيمَ الهامة، رَجِلَ الشعر، إذا تفرّقت عقيصتُه (٣) فَرَق، وإلا فلا يُجاوز شعرُه شحمةَ أذنيه إذا هو وفَّره، أزهر اللون، واسع الجبين، أزجّ الحواجب (٤) ، سوابغَ في غيرِ قَرَنٍ (٥) ، بينهما عِرْق يُدِرّه الغضبُ، أقنى العِرْنين (٦) ، له نور يعلوه، يَحْسبه من لم يتأمله أشمَّ، كثَّ اللّحية، أَدْعَج، سهل الخدين، ضليع الفم، أشنب، مُفَلَّجَ الأسنان، دقيق المسرُبة، كأن عنقَه جِيدُ دُمية في صفاء الفضة، معتدل الخلق، بادن متماسك، سواء البطن والصدر، عريض الصدر، بَعِيد ما بين المنكبين، ضخم الكَرَاديس، أَنْوَر المتجرَّد، موصول ما بين اللُّبة والسُّرة بشعر يجر كالخط، عاري الثديين والبطن مما سوى ذلك، أشْعر الذراعين والمنكبين وأعالي الصدر، طويل الزندين، رَحْب الراحة، سَبْط العصب، شَثْن الكفين والقدمين، سائل الأطراف، خَمْصان الأخمصين، مَسِيح القدمين يَنْبو عنهما الماء، إذا زال زال قَلْعا (٧) ، يخطو تكفِّيًا، ويمشي هَوْنًا (٨) ، ذَريع المشية (٩) ، إذا مشى كأنما ينحطُّ من صَبَب (١٠) ، وإذا التفتَ التفتَ جميعًا، خافض الطرف، نظره إلى الأرض أطول من نظره إلى السماء، جُلُّ نظره الملاحظة، يَسُوق أصحابه، يبدأ من لقيه بالسلام. قلت: صف لي مَنْطقه. قال: كان رسولُ الله ﷺ متواصلَ الأحزان، دائم الفكر، ليست له راحة، لا يتكلَّم في غير حاجة، طويل السكوت، يفتتح الكلام ويختمه بأشداقه، ويتكلَّم بجوامع الكلم، فَصْل لا فُضول ولا تقصير،
(١) "فخمًا مفخمًا" أي عظيمًا معظمًا. (٢) "المُشَذَّب": الطويل البائن، من التشذب، وأصله النخلة الطويلة التي شُذِّب جريدها. (٣) "عقيصته": الخصلة من الشعر إذا لُويت وضُفرت. وفي رواية أخرى: عقيقته، وأصل العقيقة: شعر الصبي قبل أن يحلق، فإذا حُلق ونبت ثانية فقد زال عنه اسم العقيقة. وربما سمي الشعر عقيقة بعد الحلق على الاستعارة والمراد بالحديث: أنه كان لا يفرق شعره إِلَّا أن يفترق هو، وكان هذا في صدر الإسلام، ثم فرق. دلائل النبوة (١/ ٢٩٢ - ٢٩٣). (٤) قوله: أزج الحواجب، الزجج: طول الحاجبين ودقتهما وسبوغهما إلى مؤخر العينين. (٥) "القَرَن": أن يطول الحاجبان حتى يلتقي طرفاهما. (٦) "الأقنى": طول ودقة أرنبته وحدب في وسطه. و"العرنين": الأنف وما صلب منه. (٧) "القلع": انتزاع الشيء من أصله. (٨) "يخطو تكفِّيًا ويمشي هونًا": يريد أنه يميد إذا خطأ، ويمشي في رفق غير مختال. (٩) "ذريع المشية": يريد أنه مع هذا الرفق سريع المشية. (١٠) "ينحط من صبب": الصبب: الانحدار.

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