Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il avait un cou élancé et une barbe fournie. Quand il gardait le silence, il émanait de lui une grande dignité, et lorsqu’il parlait, sa prestance semblait s’élever, auréolée de grâce. Son discours était doux, modéré, ni trop bref ni verbeux, comme si ses paroles étaient des perles enfilées qui se déversaient. Il était le plus splendidement beau de loin et le plus agréable de près. Sa taille était moyenne : on ne le trouvait ni trop grand au point d’être gênant à l’œil, ni trop petit au point de passer inaperçu. Il se tenait tel une branche parmi deux autres, se révélant le plus vif au regard et le plus parfait en prestance parmi eux. Des compagnons l’entouraient ; s’il parlait, ils prêtait l’oreille, et s’il commandait, ils s’empressaient de lui obéir. Il était servi et entouré, ne se montrait jamais renfrogné ni inconvenant.

Son mari déclara alors : « Par Dieu, c’est bien cet homme de Quraysh que tu cherches. Si jamais je le rencontrais, je chercherais à l’accompagner et je m’efforcerais de trouver un moyen d’y parvenir. »

Il raconta ensuite : « Un matin, à La Mecque, on entendit une voix s’élever entre le ciel et la terre, audible mais sans que l’on voie qui la prononçait. La voix disait :

“Qu’Allah, Seigneur du Trône, récompense au mieux Ses deux compagnons
qui ont fait halte sous la tente d’Umm Ma‘bad.
Avec la bénédiction ils s’installèrent, puis s’en allèrent en l’emportant.
Heureux celui qui parvient à accompagner Muhammad !
Ô Qusayy, qu’Allah ne vous laisse pas sans rétribution
pour ce que vous avez accompli ni pour votre noblesse.
Interrogez donc votre sœur à propos de sa brebis et de son récipient :
si vous l’interrogez, elle témoignera.
Il l’appela avec une brebis stérile, et elle se mit à déborder
de lait frais et mousseux.
Il la laissa ensuite pour qu’elle lui reste en gage,
lui versant du lait autant au départ qu’au retour.”

Nous avons relaté la réponse que Ḥassān ibn Thābit fit à ce poème béni, tout aussi belle. L’imam al-Bayhaqī a rapporté ce ḥadīth selon la chaîne de transmission de ‘Abd al-Malik ibn Wahb al-Madhḥijī, qui dit : « Al-Ḥasan ibn aṣ-Ṣabbaḥ nous a transmis de la part d’Abū Ma‘bad al-Khuzā‘ī », puis il cita toute la version longue du récit, comme nous l’avons donnée avec ses expressions.

Ce même récit a également été rapporté par l’imam (al-Ḥāfiẓ) Ya‘qūb ibn Sufyān al-Fasawī et par l’imam Abū Nu‘aym dans son ouvrage “Dalāʾil an-Nubuwwah”. ʿAbd al-Malik dit : « J’ai appris qu’Abū Maʿbad a embrassé l’islam par la suite, et qu’Umm Maʿbad a migré et s’est convertie. »

Ensuite, al-Bayhaqī — qu’Allah lui fasse miséricorde — poursuivit ce ḥadīth en abordant les termes qui en sont difficiles ; nous les avons déjà évoqués dans les notes précédentes, et nous en reprendrons ici quelques points. Ainsi, son expression « ẓāhir al-waḍāʾah » désigne une apparence claire et lumineuse, et « ablagh al-wajh » signifie un visage rayonnant de clarté.

(1) Dalāʾil an-Nubuwwah, par al-Bayhaqī (tome 1, pp. 276-280). (2) Al-Maʿrifah wa-t-Tārīkh, qui se trouve dans la partie perdue de l’œuvre ; son vérificateur l’a retrouvée dans le troisième volume. (3) Dalāʾil an-Nubuwwah, d’Abū Naʿīm (tome 2, pp. 436-438).
أقرَن، في عنقه سَطَع، وفي لحيته كثاثة، إذا صمت فعليه الوقار، وإذا تكلَّم سما وعلَاه البهاء، حُلو المنطق، فَصْل لا نزْر ولا هَذر، كأن منطقه خرزات نَظْم يَنحدرن، أَبْهى الناس وأَجْمله من بعيد، وأحلاه وأحسنه من قريب، رَبعة لا تَشْنَؤه عين من طول، ولا تقتحمه عينٌ من قِصَر، غُصْن بين غُصْنَيْن، فهو أنضرُ الثلاثة منظرًا، وأحسنهم قَدًّا، له رفقاء يحفُّون به، وإن قال استمعوا لقوله، وإن أمر تَبادروا إلى أمره، مَحْفُود مَحْشُود، لا عابس، ولا مُفْنِد. فقال بعلُها: هذا والله صاحبُ قريش الذي تطلب، ولو صادفتُه لالتمستُ أن أصحبه، ولأجْهَدن إن وجدت إلى ذلك سبيلًا. قال: وأصبحَ صوتٌ بمكة عالٍ بين السماء والأرض يسمعونه ولا يرون من يقوله، وهو يقول: جَزَى اللهُ رَبّ الْعَرْشِ خَيْرَ جَزَائِه … رَفِيقَيْنِ حَلَّا خَيْمَتَي أُمّ مَعْبَدٍ هُمَا نَزَلَا بِالْبِرّ وَارْتَحَلَا بِه … فَأَفْلَحَ مَنْ أَمْسَى رَفِيقَ مُحَمّدِ فَيَا لَقُصَيٍّ مَا رَوَى اللهُ عَنْكُمْ … بِهِ مِنْ فَعَالٍ لَا تُجَازَى وَسُؤْدَدِ سَلُوا أُخْتَكُمْ عَنْ شَاتِهَا وَإِنَائِهَا … فَإِنّكُمْ إنْ تَسْأَلُوا الشَّاةَ تَشْهَدِ دَعاهَا بِشَاةٍ حَائلٍ فَتَحَلَّبت … لَهُ بِصريحٍ ضَرَّةُ الشَّاة مُزْبِدِ فَغَادَرهُ رَهْنًا لَدَيها بحَالبٍ … يَدُرُّ لَها فِي مَصْدَرٍ ثُمَّ مَوْرِدِ وقد قدمنا جوابَ حسان بن ثابت لهذا الشعر المبارك بمثله في الحسن. والمقصود أن الحافظ البيهقيّ روى هذا الحديث من طريق عبد الملك بن وهب المَذْحِجي، قال: حَدَّثَنَا الحسن بن الصبَّاح عن أبي مَعبد الخُزَاعي، فذكر الحديث بطوله كما قدمناه بألفاظه (١) . وقد رواه الحافظ يعقوب بن سفيان الفَسوي (٢) ، والحافظ أبو نعيم (٣) في كتابه "دلائل النبوة" . قال عبد الملك: فبلغني أن أبا معبد أسلم بعد ذلك، وأن أُمَّ معبد هاجرت وأسلمت. ثم إن الحافظ البيهقيّ أتبع هذا الحديث بذكر غريبه، وقد ذكرناه في الحواشي فيما سبق، ونحن نذكر هاهنا نكتًا من ذلك. فقولها: ظاهر الوضاءة: أي: ظاهر الجمال. أبلج الوجه: أي: مشرق الوجه مضيئه.
(١) دلائل النبوة؛ للبيهقي (١/ ٢٧٦ - ٢٨٠). (٢) المعرفة والتاريخ وهو في القسم الضائع منه، فاستدركه محققه في الجزء الثالث. (٣) دلائل النبوة لأبي نعيم (٢/ ٤٣٦ - ٤٣٨).

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