Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

On a rapporté de nombreux témoignages à ce sujet de la part de ʿAlī, et un récit semblable est attribué à ʿUmar. Al-Waqidī a dit : « Bukayr ibn Mismār nous a rapporté, d’après Ziyād, l’affranchi de Saʿd, qui a dit : “J’ai interrogé Saʿd ibn Abī Waqqāṣ : Le Messager de Dieu s’est-il teint les cheveux ?” Il a répondu : “Non, et il n’y a même pas songé ; le peu de cheveux blancs qu’il avait se trouvait dans sa barbe sous sa lèvre et sur sa mèche de devant, et si j’avais voulu les compter, je l’aurais fait.” J’ai demandé : “Comment était-il physiquement ?” Il a répondu : “C’était un homme ni grand ni petit, ni d’un blanc extrême, ni basané, ni aux cheveux lisses ni tout à fait crépus. Il avait une barbe fournie, un front légèrement large, mêlé de rougeur, des doigts robustes, et les cheveux de sa tête comme de sa barbe étaient d’un noir profond.” (1)

L’historien al-Ḥāfiẓ Abū Nuʿaym al-Aṣbahānī a dit : « Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn Jaʿfar ibn Aḥmad ibn Fāris nous a rapporté, Yāḥyā ibn Ḥātim al-ʿAskarī nous a rapporté, Basr ibn Mihrān nous a rapporté, Shurayk nous a rapporté, d’après ʿUthmān ibn al-Mughīrah, d’après Zayd ibn Wahb, d’après ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, qui a dit : “La première chose que j’ai apprise du Messager de Dieu [c’était] lorsque je suis arrivé à La Mecque en compagnie de quelques-uns de mes oncles. Ils nous dirigèrent vers al-ʿAbbās ibn ʿAbd al-Muṭṭalib ; nous sommes alors parvenus jusqu’à lui, il était assis près de Zamzam et nous nous sommes installés auprès de lui. Alors que nous étions ensemble, un homme apparut en sortant par la porte aṣ-Ṣafā : il était blanc, avec une légère teinte rosée, ses cheveux bouclés tombaient jusqu’à mi-oreilles, il avait le nez aquilin, les dents éclatantes, de grands yeux noirs, une barbe épaisse, une fine ligne de poils sur la poitrine, des mains et des pieds robustes. Il portait deux vêtements blancs, et il ressemblait à la pleine lune dans son quatorzième soir.” Il mentionna ensuite la suite du récit, à savoir la circumambulation (ṭawāf) qu’il (– paix sur lui –) accomplit autour de la Kaʿba, la prière qu’il effectua là-bas avec Khadīja et ʿAlī ibn Abī Ṭālib, et le fait qu’ils s’enquirent auprès de l’oncle al-ʿAbbās, qui leur répondit : “C’est mon neveu, Muḥammad ibn ʿAbd Allāh, il prétend que Dieu l’a envoyé aux gens.” (2)

Il est rapporté dans les deux Ṣaḥīḥ (al-Bukhārī et Muslim), d’après Anas, que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Je vous vois de derrière mon dos » (3). Certains savants ont expliqué qu’il s’agissait de la vision par les yeux du cœur. Certains d’entre eux ont même interprété la parole du Très-Haut : « …et ton va-et-vient parmi ceux qui se prosternent » [aš-Šuʿarāʾ : 219] dans ce sens, mais cette interprétation est jugée faible. D’autres ont dit que cela faisait plutôt partie des caractéristiques propres du Prophète (– paix sur lui –), à savoir qu’il voyait véritablement ce qui se trouvait derrière lui comme il voyait devant lui. Sur ce point, l’ḥāfiẓ Abū Zurʿa ar-Rāzī s’est clairement prononcé dans son ouvrage “Dalāʾil an-Nubuwwa” (Les preuves de la prophétie), où il a consacré un chapitre à ce sujet et cité des ḥadīths rapportés par Ḥumayd, ʿAbd al-ʿAzīz ibn Ṣuhayb et Qatāda, tous transmis par Anas, qui confirment ce fait.

(1) Al-Ṭabaqāt al-Kubrā d'Ibn Saʿd (1/418), édition Dār Ṣādir à Beyrouth. (2) Je n'ai pas trouvé ce rapport dans l'édition imprimée de Dalāʾil Abī Naʿīm, et sa chaîne de transmission comporte des inconnus. Bashshār a dit : l'édition imprimée de Dalāʾil Abī Naʿīm est un abrégé de l'ouvrage. (3) Rapporté par al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ, n° 718, concernant la prière en congrégation, ainsi que par Muslim dans son Ṣaḥīḥ, n° 433 et 434 au sujet de la prière.
وقد روي لهذا شواهد كثيرة عن عليّ، وروي عن عمر نحوه. وقال الواقدي: حدَّثنا بُكير بن مسمار، عن زياد مولى سعد، قال: سألت سعدَ بن أبي وقاص هل خضبَ رسولُ الله؟ قال: لا، ولا هَمَّ به، كان شيبُه في عنفقته وناصيته لو أشاءُ أن أعدَّها لعددتُها. قلت: فما صفتُه؟ قال: كان رجلًا ليس بالطويل ولا بالقصير، ولا بالأبيضِ الأَمْهق، ولا بالآدم، ولا بالسَّبْط ولا بالقَطط، وكانت لحيتُه حسنةً، وجبينُه صَلْتًا، مُشربًا بحمرة، شَثْنَ الأصابع، شديدَ سواد الرأس واللحية (١) . وقال الحافظ أبو نعيم الأصبهاني: حدَّثنا أبو محمد عبد الله بن جعفر بن أحمد بن فارس، حدَّثنا يحيى بن حاتم العسكري، حدَّثنا بسر بن مهران، حدَّثنا شريك، عن عثمان بن المغيرة، عن زيد بن وهب، عن عبد الله بن مسعود، قال: إن أول شيء علمته من رسول الله [حين] قدمت مكة في عمومة لي، فأرشدونا إلى العباس بن عبد المطلب، فانتهينا إليه، وهو جالس إلى زمزم، فجلسنا إليه، فبينا نحن عنده إذ أقبلَ رجل من باب الصفا أبيض تعلوه حمرة، له وفرة جعدة إلى أنصاف أذنيه، أقنى الأنف، برّاق الثنايا، أدعج العينين، كثُّ اللّحية، دقيق المسرُبة، شثن الكفين والقدمين، عليه ثوبان أبيضان، كأنه القمر ليلة البدر. وذكر تمام الحديث، وطوافه (عليه السلام) بالبيت، وصلاته عنده هو وخديجة وعليّ بن أبي طالب، وأنَّهم سألوا العباس عنه فقال: هذا هو ابن أخي محمد بن عبد الله، وهو يزعم أن الله أرسلَه إلى الناس (٢) . وقد ثبت في الصحيحين، عن أنس، قال: قال رسول الله ﷺ : "إني أراكم من وراء ظهري" (٣) . فقال بعض العلماء: يعني بعيني قلبه. حتى فسر بعضهم قوله تعالى: ﴿وَتَقَلُّبَكَ فِي السَّاجِدِينَ﴾ [الشعراء: ٢١٩] بذلك، وهذا التفسير ضعيف. وقال آخرون: بل كان هذا من خصائصه (رحمهم الله) ، أنه كان ينظر ببصره من ورائه كما ينظر أمامه، وقد نصَّ على ذلك الحافظ أبو زُرعة الرازي في كتابه "دلائل النبوة" فبوَّب به عليه، وأورد الأحاديث الواردة في ذلك من طرق ثابتة، عن حُميد، وعبد العزيز بن صُهيب، وقتادة، كلّهم عن أنس، فذكره.
(١) الطبقات الكبرى لابن سعد (١/ ٤١٨)، طبعة دار صادر ببيروت. (٢) لم أجد هذا الخبر في المطبوع من دلائل أبي نعيم، وفي إسناده مجاهيل. قال بشار: المطبوع من دلائل أبي نعيم هو مختصر الكتاب. (٣) رواه البخاري في صحيحه رقم (٧١٨) في صلاة الجماعة، ومسلم في صحيحه رقم (٤٣٣) و (٤٣٤) في الصلاة.

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