Mâjah (1), d’après le hadith rapporté par Yazîd ibn Hârûn, où ‘Alî ibn al-Madînî (2) déclare : « J’ai entendu Yahyâ ibn Sa‘îd dire : “J’ai demandé à ‘Abbâd ibn Mansour : ‘As-tu entendu ce hadith de ‘Ikrima ?” Il me répondit : ‘Ibn Abî Yahyâ me l’a rapporté, d’après Dâwûd ibn al-Husayn, de sa part.’ »
J’ai dit : J’ai appris qu’en Égypte, il existe un sanctuaire où furent rassemblés de nombreux objets liés au Prophète (que Dieu lui accorde bénédiction et salut), qu’un ministre plus tardif aurait collectionnés avec soin : parmi ces objets figurent un flacon de khôl, un bâtonnet applicateur (3), un peigne, entre autres trésors. Dieu Seul le sait.
La Burda
Selon l’hâfiẓ al-Bayhaqî (4) : « Quant au manteau (al-burd) que possédaient les califes, nous avons transmis d’après Muhammad ibn Ishâq ibn Yasâr, dans le récit de l’expédition de Tabûk, que le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) avait donné aux habitants d’Ayla son manteau, accompagné de la lettre leur accordant son amân (sûreté). Puis, Abû al-‘Abbâs ‘Abd Allâh ibn Muhammad l’acheta pour trois cents dinars ; il s’agit là du premier calife de la dynastie ‘abbâside, as-Saffâḥ (que Dieu lui fasse miséricorde). » Les Banû al-‘Abbâs ont hérité de ce manteau de génération en génération. Le calife le portait sur ses épaules le jour de la fête et tenait dans l’une de ses mains le bâton attribué au Prophète (que Dieu lui accorde bénédiction et salut). Il sortait alors revêtu d’une telle quiétude et d’un tel recueillement que les cœurs s’en trouvaient bouleversés et les regards éblouis. Ils portaient le noir pour les vendredis et les jours de fête, à l’exemple du Maître des gens du désert et de la ville, qu’ils aient habité (5) sous la laine ou sous la brique.
En effet, al-Bukhârî (6) et Muslim (7), ces deux imams des gens du hadith, ont rapporté un texte tiré de Mâlik, selon (8) az-Zuhrî, rapportant d’Anas : « Le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) entra à La Mecque portant un casque. » Dans une autre version (9), « il portait un turban noir », et dans un autre récit (10) : « il en avait laissé retomber l’extrémité entre ses épaules », que Dieu lui accorde bénédiction et salut.
Al-Bukhârî (11) rapporte aussi : « (Musaddad nous a dit, Ismâ‘îl nous a rapporté, Ayyûb a transmis, d’après Humayd (12), selon Abû Burda) qu’Aïcha produisit devant nous un manteau et un pagne épais. Puis elle dit : “L’âme du Prophète (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) fut reçue alors qu’il était vêtu de ces deux habits.” »