Abou Dâoûd (1) et an-Nassâ’î (2) ont rapporté, selon la transmission d’Abou ‘Attâb Sahl ibn Hammâd ad-Dallâl, d’Abou Makîn Nûh ibn Rabî‘a, d’Iyâs ibn al-Hârith ibn al-Mu‘ayqib, de son grand-père – lequel était chargé du sceau du Prophète (ﷺ) –, qu’il dit : « Le sceau du Prophète (ﷺ) était en fer, torsadé, surmonté d’argent. Il arrivait parfois qu’il se trouve dans ma main. »
J’ai dit : Quant au sceau du Prophète (ﷺ), l’opinion correcte est qu’il était en argent, dont le chaton faisait partie, comme il apparaîtra dans les “Deux Sahîh”. Auparavant, il s’était fait faire un sceau en or, le porta un temps, puis le jeta en disant : « Par Dieu, je ne le porterai plus. » Il se fit ensuite fabriquer ce sceau en argent, dont le chaton faisait partie, avec pour inscription « Muhammad Rasûl Allâh » (Mohammed, sur une ligne ; Rasûl, sur une autre ; Allâh, sur une troisième). Il resta dans la main du Prophète (ﷺ), puis passa dans la main d’Abou Bakr après lui, puis dans la main de ‘Oumar, puis dans celle de ‘Othmân, où il demeura six ans. Il tomba ensuite de sa main dans le puits d’Arîs. Il s’efforça de le récupérer, mais ne put y parvenir.
Abou Dâoûd – qu’Allah lui fasse miséricorde – a consacré un ouvrage indépendant, à l’intérieur de ses “Sunan” (3), uniquement au sujet du sceau, et nous en rapporterons prochainement, si Dieu le veut, ce dont nous avons besoin. Et c’est en Dieu que nous plaçons notre recours.
En ce qui concerne le fait que Mu‘ayqib ait porté ce sceau, cela indique qu’il subsiste un doute quant à l’information selon laquelle il aurait été atteint de la lèpre, comme l’ont mentionné Ibn ‘Abd al-Barr (4) et d’autres (5). Toutefois, c’est un fait bien connu. Peut-être l’a-t-il contractée après l’époque du Prophète (ﷺ), ou bien en était-il atteint mais elle n’était pas contagieuse, ou encore cela relevait-il des privilèges particuliers du Prophète (ﷺ) liés à la force de sa confiance en Dieu, à l’exemple de ce qu’il dit au lépreux, tout en plongeant sa main dans le plat : « Mange avec confiance en Dieu et en plaçant ta confiance en Lui », rapporté par Abou Dâoûd (6).
Par ailleurs, il est établi dans “Sahîh Mouslim” (7) que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « Fuis devant le lépreux comme tu fuis devant un lion. » Et Dieu sait mieux.
Quant à ses émirs (ﷺ), nous les avons déjà mentionnés, nommément, au moment de l’envoi des expéditions, et la louange et la grâce reviennent à Dieu.
Pour ce qui est du nombre total des Compagnons, les avis divergent. Il est rapporté d’après Abou Zur‘a qu’ils atteignaient cent mille au total.