Parmi les nobles Compagnons se trouvait également celui qui s’était abstenu de prendre part à la discorde (fitna) et avait pris pour arme une épée en bois. Il mourut à Médine, en l’an 43 de l’Hégire, selon l’opinion la plus connue de la majorité. Marwān ibn al-Ḥakam dirigea alors la prière funéraire sur lui. Il avait rapporté de nombreux hadiths du Prophète (paix et salut sur lui).
Muḥammad ibn Saʿd rapporta, d’après ʿAlī ibn Muḥammad al-Madāʾinī, par le biais de ses chaînes de transmission, que Muḥammad ibn Maslama fut celui qui écrivit pour la délégation de Mahra (1) un acte sur ordre du Messager de Dieu (paix et salut sur lui).
Parmi ces Compagnons (qu’Allah les agrée) se trouve également Muʿāwiya ibn Abī Sufyān, Ṣakhr ibn Ḥarb ibn Umayya al-Umawī, dont la biographie sera évoquée, si Dieu le veut, au moment où seront relatés les événements de son émirat. Muslim ibn al-Ḥajjāj (2) l’a mentionné dans son ouvrage (qu’Allah lui fasse miséricorde). Et Muslim a rapporté dans son «Ṣaḥīḥ» (3), selon ʿIkrima ibn ʿAmmār, d’après Abū Zumayl Simāk ibn al-Walīd, d’après Ibn ʿAbbās, que Abū Sufyān demanda au Prophète (paix et salut sur lui) : « Ô Messager d’Allah, accorde-moi trois choses ? » Il répondit : « Oui. » Abū Sufyān dit : « Tu me nommeras gouverneur, pour que je combatte désormais les mécréants comme je combattais jadis les musulmans. » Le Prophète (paix et salut sur lui) répondit : « Oui. » Il ajouta : « Et pour Muʿāwiya, tu le prendras comme scribe auprès de toi ? » Le Prophète (paix et salut sur lui) répondit : « Oui. » … (la suite du hadith). J’ai consacré à ce hadith un fascicule à part, à cause de la mention qu’il contient de la demande faite par Abū Sufyān au sujet du mariage d’Umm Ḥabība avec le Messager de Dieu (paix et salut sur lui). Toutefois, ce qui est conservé de façon sûre dans ce récit, c’est la nomination d’Abū Sufyān comme gouverneur et la mise en fonction de Muʿāwiya en tant que scribe auprès du Prophète (paix et salut sur lui), point sur lequel tout le monde s’accorde.
Quant au hadith cité (4) par le ḥāfiẓ Ibn ʿAsākir dans son «Tārīkh» (5), dans la biographie de Muʿāwiya, où il relate : « Abū Ghālib ibn al-Bannāʾ nous a informés, Abū Muḥammad al-Jawharī nous a informés, Abū ʿAlī Muḥammad ibn Aḥmad ibn Yaḥyā ibn ʿAbd Allāh al-ʿAṭashī nous a rapporté, Aḥmad ibn Muḥammad al-Būrānī nous a rapporté, al-Sarī ibn ʿĀṣim nous a rapporté, d’après al-Ḥasan ibn Ziyād, d’après al-Qāsim ibn Bahram, d’après Abū al-Zubayr, d’après Jābir, que le Messager de Dieu (paix et salut sur lui) avait consulté Jibrīl avant de charger Muʿāwiya de la fonction de scribe, et que Jibrīl aurait répondu : “Prends-le pour scribe, car il est digne de confiance.” » Ce hadith est étrange, voire réprouvé (munkar).
Al-Sarī ibn ʿĀṣim, connu sous le nom d’Abū ʿĀṣim al-Hamadānī, qui éduquait al-Muʿtazz bi-llāh, a été accusé de mensonge dans le hadith par Ibn Khirāsh. Ibn Ḥibbān (6) et Ibn ʿAdī (7) ont signalé qu’il volait les hadiths. Ibn Ḥibbān ajouta qu’il élevait des récits à un statut marfūʿ alors qu’ils étaient mawqūf, et qu’il n’est pas permis de s’appuyer sur lui comme preuve. Al-Dāraquṭnī (8) déclara aussi qu’il était faible dans ses narrations. Quant à son maître, al-Ḥasan ibn Ziyād — s’il s’agit d’al-Luʾluʾī — plusieurs imams l’ont abandonné et beaucoup ont affirmé qu’il mentait. S’il s’agit d’un autre, il demeure inconnu tant quant à sa personne que quant à son état.