Au cours de son califat, si Dieu le veut – et c’est en Lui que réside la confiance. J’ai compilé un volume sur sa biographie, les hadiths qu’il a rapportés et les traditions transmises de lui.
La preuve de son aptitude à écrire se fonde sur ce qu’a rapporté Mûsâ ibn ‘Uqba, d’après az-Zuhrî, d’après ‘Abd ar-Rahmân ibn Mâlik ibn Ju‘shum, d’après son père, d’après Surâqa ibn Mâlik (1), au sujet de l’épisode où celui-ci poursuivit le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) après que celui-ci fut sorti avec Abû Bakr de la grotte et qu’ils passèrent sur les terres de Surâqa. Lorsque Surâqa s’approcha d’eux – et qu’il arriva à sa monture ce qui arriva –, il sollicita du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) un écrit qui lui accorderait la sûreté. Alors, le Prophète ordonna à Abû Bakr de rédiger un document qu’il ensuite lui remit.
L’imam Ahmad (2) a également rapporté, par le biais de cette même chaîne de transmission d’az-Zuhrî, que ‘Âmir ibn Fuhayra en fut le rédacteur. Il se peut donc qu’Abû Bakr en ait écrit une partie, puis qu’il ait chargé son affranchi ‘Âmir de compléter le reste. Dieu sait mieux.
Parmi ces personnes figure également ‘Uthmân ibn ‘Affân (que Dieu l’agrée), Commandeur des croyants. Sa biographie sera mentionnée au cours de son califat, et l’écriture qu’il pratiquait en présence du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) est notoire. Al-Wâqidî (3) rapporte par ses chaînes de transmission que, lorsque Nahshal ibn Mâlik al-Wâ’ilî se présenta au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), celui-ci ordonna à ‘Uthmân ibn ‘Affân de lui rédiger un document exposant les prescriptions de l’islam.
Il y a aussi ‘Alî ibn Abî Tâlib (que Dieu l’agrée), Commandeur des croyants. Sa biographie sera abordée au cours de son califat. Il a déjà été mentionné qu’il rédigea la trêve conclue à al-Hudaybiya entre le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) et Quraysh, afin que les gens soient en sécurité, sans enlèvement (4) ni trahison, et que la guerre soit suspendue pour dix ans. Il rédigea par ailleurs d’autres documents en présence du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue).
Quant à la prétention de certains Juifs de Khaybar, qui affirment avoir un écrit (5) du Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) leur levant la jizya, dans lequel on lit à la fin : « Rédigé par ‘Alî ibn Abî Tâlib » et où figurent les témoignages de plusieurs Compagnons, parmi lesquels Sa‘d ibn Mu‘âdh et Mu‘âwiya ibn Abî Sufyân, il s’agit d’un mensonge forgé (6), d’une pure calomnie fabriquée. De nombreux savants ont exposé son invalité, mais certains anciens jurisconsultes s’y sont laissé tromper et se sont prononcés en faveur de l’exemption de la jizya pour eux. Cette opinion est très fragile. J’ai moi-même compilé à ce sujet un fascicule particulier où j’ai clairement montré qu’il s’agit d’une invention (7) qu’ils ont forgée de toutes pièces – et ils en sont parfaitement capables. J’y ai également rassemblé divers propos (8) des imams à ce sujet. Louange et gratitude à Dieu pour tout bien accordé.