‘Affân (1) au titre de la parenté de lait. Sa mère (2) avait allaité ‘Uthmân. Il écrivit la Révélation, puis apostasia de l’islam et rejoignit les polythéistes à La Mecque. Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) conquit la ville – et il avait ordonné parmi d’autres que son sang fût versé – il se rendit alors auprès de ‘Uthmân ibn ‘Affân, qui intercéda pour lui. Le Messager de Dieu (ﷺ) lui accorda la protection, comme nous l’avons déjà exposé lors de la campagne de la Conquête, puis ‘Abd Allâh ibn Sa‘d se consacra ardemment à l’islam par la suite (3).
Abû Dâwud (4) a rapporté : « Aḥmad ibn Muḥammad al-Marwazî nous a transmis, ‘Alî ibn al-Ḥusayn ibn Wâqid a transmis d’après son père, d’après Yazîd an-Naḥwî, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : “Lorsqu’il écrivait pour le Prophète (ﷺ), ‘Abd Allâh ibn Sa‘d ibn Abî Sarḥ fut égaré par Satan et rejoignit les mécréants. Le Messager de Dieu (ﷺ) ordonna alors qu’on le tue. ‘Uthmân ibn ‘Affân demanda pour lui la protection, et le Messager de Dieu (ﷺ) la lui accorda.” » An-Nasâ’î (5) a également relaté ce hadith par la chaîne de transmission de ‘Alî ibn al-Ḥusayn ibn Wâqid.
J’ai dit : ‘Alî se trouvait sur l’aile droite de ‘Amr ibn al-‘Âṣ lorsque celui-ci conquit l’Égypte en l’an vingt, sous le califat de ‘Umar. ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb y établit ‘Amr comme gouverneur. Puis, lorsque la succession califale échut à ‘Uthmân, il démit ‘Amr ibn al-‘Âṣ et nomma ‘Abd Allâh ibn Sa‘d à sa place en l’an vingt-cinq. Il lui ordonna de lancer une campagne militaire contre l’Ifrîqiya. Celui-ci s’en empara et obtint un immense butin pour l’armée : il attribua à chaque cavalier trois mille mithqâl d’or, et à chaque fantassin mille mithqâl (6). Dans cette armée se trouvaient trois hommes nommés ‘Abd Allâh : ‘Abd Allâh ibn az-Zubayr, ‘Abd Allâh ibn ‘Umar et ‘Abd Allâh ibn ‘Amr. Après la conquête de l’Ifrîqiya, ‘Abd Allâh ibn Sa‘d attaqua al-Asâwad dans le pays de Nubie et conclut un traité avec eux qui demeure en vigueur jusqu’à présent. Cela se passa en l’an trente-et-un. Ensuite, il mena la bataille d’aṣ-Ṣawârî, par voie maritime, contre les Byzantins, grande expédition dont le détail sera évoqué, si Dieu le veut (7).
Lorsque les dissensions au sujet de ‘Uthmân commencèrent, il quitta l’Égypte, désigna un remplaçant sur place et se mit en route pour aller soutenir ‘Uthmân. Lorsque celui-ci fut assassiné, il s’établit à ‘Asqalân – certains disent à ar-Ramla – et invoqua Dieu pour qu’Il le rappelle durant la prière. Un matin, il accomplit la prière de l’aube, récita dans la première raka‘ la Fâtiḥa et la sourate al-‘Âdiyât, et dans la seconde la Fâtiḥa et une autre sourate. Après avoir terminé le tashahhud, il prononça la première salutation ; sur le point de prononcer la seconde, il mourut entre les deux (– qu'Allah soit satisfait de lui –). Cela se produisit en l’an trente-six. D’autres situent sa mort en l’an trente-sept ou affirment qu’il survécut jusqu’en l’an cinquante-neuf, mais la version la plus correcte est la première.
J’ai dit : On ne trouve pas de transmission le concernant dans les six recueils de ḥadith, ni dans le “Musnad” de l’imâm Aḥmad.
Parmi eux, qu’Allâh l’agrée, se trouve ‘Abd Allâh ibn ‘Uthmân, Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq. Nous avons déjà promis que sa biographie serait abordée ultérieurement.