Notre éminent maître, le savant Abou Al-‘Abbâs Ibn Taymiyya, disait : « C’est un hadith forgé (mawḍū‘), même s’il figure dans “Sunan Abî Dâwûd”. » Cheikh Al-Mizzî déclara à son tour : « Et je le dis également. »
J’ai dit : Le ḥâfiẓ Ibn ‘Adiyy l’a rapporté dans son “Al-Kâmil”(1), d’après le hadith de Muḥammad ibn Sulaymân, surnommé “Bûmah”, transmis par Yaḥyâ ibn ‘Amr ibn Mâlik an-Nukkarî, de son père, d’après Abû al-Jawzâ’, et d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : « Le Messager de Dieu (ﷺ) avait un scribe qu’on appelait As-Sijill. » C’est au sujet de la Parole (du Très-Haut) : « Le jour où Nous plierons le ciel comme on plie le sijill pour les écrits. » Il a dit : « De la même manière que le sijill plie le livre, ainsi Nous plierons le ciel. » C’est également ainsi que l’a rapporté Al-Bayhaqî(4), d’après Abû Nâṣir ibn Qatâdah, d’après Abû ‘Alî ar-Raffâ’, d’après ‘Alî ibn ‘Abd al-‘Azîz, par l’intermédiaire de Muslim ibn Ibrâhîm, de Yaḥyâ ibn ‘Amr ibn Mâlik. Or, ce Yaḥyâ est très faible et ne convient pas pour la “mutâba‘ah” (corroboration). Dieu sait mieux.
Plus étonnant encore est ce qu’ont rapporté le ḥâfiẓ Abû Bakr al-Khaṭîb(5) et Ibn Mandah, d’après le hadith d’Aḥmad ibn Sa‘îd al-Baghdâdî, surnommé Ḥamdân, d’après Ibn Numayr(6), d’après ‘Ubayd Allâh, d’après Nâfi‘, d’après Ibn ‘Umar, qui a dit : « Le Prophète (ﷺ) avait un scribe qu’on appelait Sijill, et Dieu — Exalté soit-Il — fit descendre (ce verset) : “Le jour où Nous plierons le ciel comme on plie le sijill pour les écrits.” » Selon Ibn Mandah, il s’agit d’un récit étrange (gharîb) dont Ḥamdân est le seul transmetteur. Al-Barqânî a rapporté qu’Abû al-Fatḥ al-Azdî a dit : « Ibn Numayr en est l’unique narrateur, si toutefois cela est authentique. »
J’ai dit : « Ce récit est également muṅkar (réprouvé) de la part d’Ibn ‘Umar tout comme il l’est de la part d’Ibn ‘Abbâs. » En effet, il est rapporté d’Ibn ‘Abbâs et d’Ibn ‘Umar une version contraire(7). Al-Wâlibî et Al-‘Awfî rapportent d’Ibn ‘Abbâs, à propos de ce verset, qu’il a dit : « Comme on plie la feuille autour de l’écrit. » Mujâhid a émis la même explication. Ibn Jarîr a dit : « C’est cela qui est connu dans la langue, à savoir que le terme as-sijill désigne la feuille (ou la page). » Il a ajouté : « On ne connaît pas de Compagnon portant le nom de “Sijill”, et il a rejeté l’idée qu’Al-Sijill soit le nom d’un ange parmi les anges », contrairement à ce qui est rapporté d’Abû Kurayb, d’après Ibn Yamân : “Thannâ Abû al-Wafâ’ al-Ashja‘î, d’après son père, d’après Ibn ‘Umar”, au sujet du verset « Le jour où Nous plierons le ciel comme on plie le sijill pour les écrits » : « As-sijill est un ange ; lorsque cet ange monte avec une demande de pardon, Dieu dit : “Inscris-la en tant que lumière.” » Bun(d)âr a également rapporté, d’après Mu’ammal, d’après Sufyân : « J’ai entendu As-Suddî dire » (et il en a mentionné de même).
C’est aussi ce qu’a dit Abû Ja‘far al-Bâqir, d’après ce qu’a rapporté Abû Kurayb, d’après Ibn(8) Al-Mubârak, d’après(9) Ma‘rûf ibn Kharrabûdh, d’après quelqu’un