Le Paradis sera sa demeure – et cela s’est réalisé – car le Maître des premiers et des derniers, le Messager du Seigneur de l’univers, a attesté qu’il ferait partie de ceux du Paradis. À Dieu reviennent la louange et la grâce.
Ibn al-Athîr rapporte dans « Al-Ghāba » (1) qu’il possédait mille serviteurs qui lui versaient un tribut, et qu’il en faisait entièrement aumône. Hassân ibn Thâbit fit son éloge et vanta ses mérites (2) en ces termes (mètre : al-ṭawîl) :
« Il demeura fidèle à l’alliance du Prophète et à sa voie :
Son proche compagnon, dont la parole s’accorde à l’acte.
Il resta attaché à son sentier et à sa méthode :
Il soutient l’Allié de la Vérité, car la Vérité est la plus équitable.
C’est le cavalier renommé, le héros intrépide,
Qui se dresse au combat lorsque se lève le jour décisif.
Et vraiment, l’homme dont la mère est Safiyya,
Issue du clan d’Asad, est un homme hautement paré.
Il jouit d’une étroite parenté avec le Messager de Dieu,
Et d’une gloire ancestralement enracinée dans le soutien à l’islam.
Que de situations éprouvantes al-Zubayr a-t-il dissipées de son épée
En défendant l’Élu ! Et Dieu répand largesse et récompense !
Quand la guerre dévoile son âpreté, il la pourfend
De son glaive blanc, prompt à s’élancer à la rencontre de la mort.
Nul ne lui est semblable parmi eux, et nul ne l’a précédé dans sa valeur,
Et il n’existera jamais tant que le temps s’écoule. »
Il a été dit plus haut que ‘Amr ibn Jarmûz al-Tamîmî le tua dans le Wâdî as-Sibâ‘ alors qu’il était endormi. Certains disent plutôt qu’il se releva encore tout ensommeillé, enfourcha sa monture et affronta Ibn Jarmûz : lorsque al-Zubayr l’attaqua avec détermination, deux acolytes de ce dernier, Fadâla et Nufay‘ (8), vinrent en renfort et ils le tuèrent. ‘Amr ibn Jarmûz s’empara alors de sa tête et de son sabre. Lorsqu’il les présenta à ‘Alî, ce dernier – en voyant l’épée d’al-Zubayr – s’exclama : « Voilà une épée qui a si souvent dissipé l’adversité du visage du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) ! » Puis ‘Alî ajouta : « Annonce au meurtrier du fils de Safiyya qu’il ira en enfer. »
On rapporte qu’‘Amr ibn Jarmûz, en entendant ces propos, se donna la mort. Toutefois, il est plus juste de dire qu’il vécut après la mort de ‘Alî, jusqu’à l’époque d’Ibn al-Zubayr, lequel confia le gouvernement de l’Irak à son frère Mus‘ab. De crainte de la vengeance de Mus‘ab, ‘Amr ibn Jarmûz se dissimula, craignant d’être mis à mort par représailles pour le meurtre du père de Mus‘ab. Mais Mus‘ab déclara : « Faites-lui savoir qu’il est en sûreté. Pense-t-il que je vais le tuer pour Abû ‘Abd Allâh ? Non, par Dieu, ils ne sont pas comparables. » C’est là un témoignage de la clémence, de la sagesse et du sens de la gouvernance de Mus‘ab.