Si quelqu’un outrepasse cela, il sera saisi et conduit auprès du Prophète ﷺ, car cela vient de Muhammad le Prophète. Et Khalid ibn al-Walid, sur ordre du Messager de Dieu, a écrit que nul ne devait surpasser ces limites de crainte de se faire du tort, en allant à l’encontre de ce que Muhammad avait ordonné.
Parmi eux – qu’Allah soit satisfait de lui –, se trouve az-Zubayr ibn al-‘Awwâm (1) ibn Khuwaylid ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzâ ibn Qusayy, Abou ‘Abd Allah al-Asadî : l’un des dix (compagnons promis au Paradis), et l’un des six membres du conseil (ash-Shûrâ) dont le Messager de Dieu ﷺ quitta ce monde en étant satisfait d’eux. Il était le ḥawârî (fidèle disciple) du Messager de Dieu ﷺ, fils de sa tante paternelle Safiyya bint ‘Abd al-Muttalib, et époux d’Asmâ’ bint Abi Bakr as-Siddîq (2) – qu’Allah soit satisfait d’elle.
‘Atîq ibn Ya‘qûb a rapporté, selon sa chaîne de transmission déjà mentionnée, que c’est az-Zubayr ibn al-‘Awwâm qui a écrit, pour les Banû Mu‘âwiya ibn Jarwul, la lettre que le Messager de Dieu ﷺ lui avait ordonné de leur rédiger. Ibn ‘Asâkir le rapporte également, avec sa propre chaîne de transmission, d’après ‘Atîq (3).
Az-Zubayr – qu’Allah soit satisfait de lui – embrassa tôt l’islam (4), alors qu’il était âgé de seize ans, ou, selon une autre version, de huit ans. Il participa aux deux grandes émigrations (vers l’Abyssinie et Médine) et assista à toutes les batailles. Il fut le premier à dégainer l’épée (5) dans le sentier de Dieu. (Le jour de la bataille du Fossé [al-khandaq], le Messager de Dieu ﷺ le gratifia de la formule « que mon père et ma mère soient donnés pour toi », et déclara : « Chaque Prophète a un ḥawârî, et mon ḥawârî est az-Zubayr ») (6). Il participa aussi à la bataille de Yarmouk, y brillait parmi les meilleurs combattants et traversa à deux reprises, de part en part, les rangs byzantins, ne subissant que deux coups sur la nuque. Il jouit de nombreux mérites et vertus.
Il trouva la mort le jour de la bataille du Chameau [al-Jamal]. Alors qu’il se retirait du combat, il fut rattrapé à un endroit appelé « Wâdî as-Sibâ‘ » par ‘Amr ibn Jurmuz, Fadâla ibn Hâbis et un troisième homme nommé Nufay‘ – tous trois originaires de la tribu des Tamîm. Tandis qu’il dormait, ‘Amr ibn Jurmuz le prit de vitesse et le tua. C’était un jeudi, le dix de Jumâdâ al-Oulâ de l’an 36 de l’Hégire, et il avait alors soixante-sept ans. Il laissa derrière lui – qu’Allah soit satisfait de lui – un patrimoine considérable. Il avait légué le tiers de ses biens après acquittement de deux mille deux cents mille (2 200 000) [dirhams ou dinars] de dettes. Une fois la dette réglée et le tiers prélevé, le reste fut réparti entre ses héritiers : chacune de ses quatre épouses reçut alors un million deux cent mille (1 200 000). Le total de ce qui fut évoqué comme patrimoine laissé (7) s’élève ainsi à cinquante-neuf millions huit cent mille (59 800 000). Il s’agissait exclusivement de biens licites, obtenus de son vivant au moyen du fay’, des butins ou d’activités commerciales autorisées. Tout cela fut acquis tout en s’acquittant systématiquement de l’aumône légale (zakât) en son temps, ainsi que de larges aumônes supplémentaires aux personnes qui en avaient besoin. Qu’Allah soit satisfait de lui et l’agrée, et lui accorde les jardins du Paradis.