De la même manière, il dit : « Quand tu rentreras auprès de ta famille, transmets-lui le salut. » Il embrassa l’islam après son retour et il était le frère de ‘Amr ibn Sa‘îd al-Ashdaq (1), que ‘Abd al-Malik ibn Marwân fit tuer.
Abû Bakr ibn Abî Shayba a dit : « Le premier qui écrivit la Révélation devant le Messager de Dieu (que la prière et le salut soient sur lui) fut Ubayy ibn Kaʿb. S’il n’était pas présent, c’est Zayd ibn Thâbit qui écrivait, et ‘Uthmân, Khâlid ibn Saʿîd ainsi qu’Abân ibn Saʿîd écrivaient également pour lui. » Il entendait par là (à Médine). Quant aux sourates mecquoises, Ubayy ibn Kaʿb n’était pas là lors de leur descente : elles ont donc été mises par écrit par les Compagnons à la Mecque.
Les avis divergent à propos du décès de ce Abân ibn Saʿîd : Mûsâ ibn ‘Uqba, Mus‘ab ibn ‘Abd Allâh, al-Zubayr ibn Bakkâr et la majorité des spécialistes des lignées affirment qu’il fut tué le jour d’Ajnâdîn, c’est-à-dire en Jumâdâ al-Oulâ de l’an douze (2). D’autres disent qu’il fut tué le jour de Marj al-Suffar, en l’an quatorze. Muhammad ibn Ishâq rapporte qu’il fut tué, lui et son frère ‘Amr, lors de la bataille d’al-Yarmûk, cinq jours après le début de Rajab de la quinzième année. On a également avancé qu’il vécut jusqu’à l’époque de ‘Uthmân, que celui-ci lui ordonna de dicter le Muṣḥaf de référence à Zayd ibn Thâbit, puis qu’il mourut en l’an vingt-neuf. Dieu sait mieux.
Parmi eux se trouve aussi Ubayy ibn Kaʿb ibn Qays ibn ‘Ubayd al-Khazrajî al-Ansârî (3), surnommé Abû al-Mundhir ou Abû al-Ṭufayl, le « maître des lecteurs ». Il fut présent lors du second serment d’al-‘Aqaba, à la bataille de Badr et aux événements qui suivirent. Il était de taille moyenne, mince, et portait des cheveux et une barbe blancs qu’il ne teignait pas.
Anas a déclaré : « Quatre hommes parmi les Anṣâr avaient compilé le Coran : Ubayy ibn Kaʿb, Mu‘âdh ibn Jabal, Zayd ibn Thâbit et un homme parmi les Anṣâr appelé Abû Zayd (4). » (5)
Dans les deux Ṣaḥîḥ (6), selon Anas, le Messager de Dieu (que la prière et le salut soient sur lui) dit à Ubayy : « Dieu m’a ordonné de te réciter le Coran. » Ubayy répondit : « Dieu m’a nommé à toi, ô Messager de Dieu ? » Le Prophète dit : « Oui. » Alors ses yeux s’embuèrent de larmes. Le sens de « te réciter le Coran » est ici une récitation de transmission et de mise à l’écoute, non pas une récitation pour l’apprentissage d’Ubayy. Personne parmi les savants ne l’entend autrement. Nous le précisons afin d’éviter toute interprétation contraire.