Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsque nous avons évoqué son récit, c’est en raison de sa médiocrité(1) et de sa faiblesse, et parce qu’il contredit la raison et la transmission.

Pour ce qui est de la raison : comment serait-il possible que Dieu anéantisse le fils de Noé à cause de son infidélité, alors que son père est le Prophète de la communauté et le chef des croyants, et qu’Il n’anéantisse pas ‘Awdj (ou ‘Awj) ibn ‘Anq – ou ‘Anâq – lequel, d’après ce qu’ils rapportent, serait plus injuste et plus tyrannique ?! Comment se pourrait-il que Dieu ne fasse miséricorde à aucun d’entre eux, pas même à la mère de l’enfant ni à l’enfant lui-même, tout en laissant ce prétentieux, ce despote, cet insolent rebelle, ce vicieux, ce mécréant, ce diable obstiné, tel qu’ils le décrivent ?!

Quant à la transmission : Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « Puis Nous noyâmes les autres » (Ash-Shu‘arâ’, v. 66), et il est rapporté que Noé a dit : « Ô mon Seigneur, ne laisse sur la terre aucun des mécréants » (Nûh, v. 26). De plus, la hauteur qu’ils mentionnent va à l’encontre de ce qui est établi dans les Deux Sahîh d’après la parole du Messager de Dieu (ﷺ) : « Dieu a créé Adam avec une taille de soixante coudées, puis la création n’a cessé de diminuer jusqu’à aujourd’hui »(2).

Ceci est l’affirmation de l’Authentique, du Véridique infaillible, qui ne parle pas sous l’effet de la passion mais s’exprime par une révélation inspirée : il affirme que la création n’a cessé de décroître depuis Adam jusqu’au moment où il en a informé les hommes, et qu’il en sera ainsi jusqu’au Jour de la Résurrection. Voilà qui implique qu’il n’existe parmi la descendance d’Adam personne de plus grand que lui. Comment pourrait-on ignorer ce texte et se tourner vers les dires des menteurs mécréants parmi les Gens du Livre, qui ont altéré les Livres révélés de Dieu, les ont falsifiés, interprétés arbitrairement et détournés de leur sens ? Que penser de ce qu’ils transmettent eux-mêmes et de la confiance qu’on pourrait leur accorder – eux qui sont des traîtres et des menteurs, sur qui pèsent les malédictions successives de Dieu jusqu’au Jour de la Résurrection(3) ? Il est fort probable que cette histoire concernant ‘Awj ibn ‘Anâq ne soit qu’une invention de la part de certains de leurs zindîqs et de leurs impies qui étaient les ennemis des prophètes. Dieu est plus savant.

Ensuite, Dieu – Exalté soit-Il – évoque l’imploration de Noé auprès de son Seigneur au sujet de son fils et son interrogation sur la raison de sa noyade, à titre de demande de clarification et d’explication. La question étant : « Tu m’as promis de sauver ma famille avec moi ; or, il en fait partie, et il s’est noyé. » Il lui fut alors répondu qu’il ne faisait pas partie de sa famille, c’est-à-dire de ceux qui étaient promis au salut. N’avons-nous pas dit : « et ta famille, à l’exception de ceux contre qui la Parole s’est déjà réalisée » (Al-Mu’minûn, v. 27) ? Celui-ci fait partie de ceux sur qui la Parole s’est réalisée du fait de son infidélité. C’est pourquoi le destin l’a mené à s’écarter du groupe des croyants et à périr avec le parti des mécréants et des tyrans.

Puis Dieu – Exalté soit-Il – dit : « Il fut dit : “Ô Noé, descends avec paix de Notre part, et bénédictions sur toi et sur des communautés issues de ceux qui sont avec toi ; et il est des communautés que Nous gratifierons [d’un bienfait], puis un châtiment douloureux les touchera de Notre part.” » (Hûd, v. 48).

C’est là un ordre adressé à Noé (sur lui la paix), une fois les eaux retirées de la surface de la terre et le déplacement redevenu possible, afin qu’il descende de l’arche qui

(1) Ainsi dans les manuscrits B et l'édition imprimée. Al-suqāṭa désigne ce qui est tombé d'une chose. Dans le manuscrit A, c'est al-sāṭil : al-sāṭil est la poussière soulevée, et al-sāṭil peut aussi signifier ce qui est porté (vêtement). (2) Rapporté par al-Bukhārī (3326) dans "Les Prophètes", et par Muslim (2841) dans "Le Paradis et ses délices ainsi que ses habitants". (3) Le texte entre les deux crochets a été omis dans l'édition imprimée, mais il est conservé dans les manuscrits A et B.
لما تعرَّضنا لحكايتها؛ لسُقاطَتِها (١) ورَكاكَتها، ثم إنَّها مخالفةٌ للمعقول والمنقول. أما المعقولُ: فكيف يسوغُ فيه أن يُهْلكَ اللَّه ولدَ نوحٍ لكفره وأبوه نبيُّ الأمة وزعيمُ أهل الإيمان، ولا يُهْلكَ عَوجَ بن عَنق -ويقال عناق- وهو أظلمُ وأطغى على ما ذكروا؟! وكيف لا يرحم اللَّه منهم أحدًا ولا أُمَّ الصَّبيِّ ولا الصَّبيَّ، ويترك هذا الدَّعيَّ الجبَّار العنيدَ الفاجرَ الثديدَ الكافرَ الشيطانَ المريدَ، على ما ذكروا؟! وأما المنقولُ: فقد قال اللَّه تعالى: ﴿ثُمَّ أَغْرَقْنَا الْآخَرِينَ﴾ [الشعراء: ٦٦] ﴿وَقَالَ نُوحٌ رَبِّ لَا تَذَرْ عَلَى الْأَرْضِ مِنَ الْكَافِرِينَ دَيَّارًا﴾ [نوح: ٢٦] ثم هذا الطول الذي ذكروه مخالفٌ لما ثبت في الصحيحين عن رسول اللَّه ﷺ أنه قال: "إن اللَّه خلقَ آدمَ وطولُه ستون ذراعًا، ثم لم يزل الخلقُ ينقصُ حتى الآن" (٢) . فهذا نصُّ الصَّادقِ المصدوقِ المعصومِ، الذي لا ينطق عن الهوى إن هو إلا وحيٌ يُوحى؛ أنَّه لم يزلِ الخلقُ ينقصُ حتَّى الآن، أي: لم يزل النَّاس في نقصان طُولهم من آدمَ إلى يوم إخباره بذلك، وهلُمَّ جرًا إلى يوم القيامة. وهذا يقتضي أنه لم يُوجد من ذريَّة آدم من كان أطول منه، فكيف يُتركُ هذا ويُذْهلُ عنه، ويُصار إلى أقوال الكَذَبة الكَفَرةِ من أهل الكتاب، الذين بدَّلوا كُتُب اللَّه المنزلة وحرَّفوها وأوَّلوها، ووضعُوها على غير مواضِعها، فما ظنُك بما هم يستقلون بنقله أو يؤتمنون عليه، [وهم الخونة والكذَبة -عليهم لعائنُ اللَّه المتتابعة إلى يوم القيامة-] (٣) وما أظنُّ أن هذا الخبر عن عَوج بن عَناق إلا اختلاقًا من بعض زنادقتهم وفُجَّارهم الذين كانوا أعداءَ الأنبياء، واللَّه أعلم. ثم ذكرَ اللَّه تعالى مناشدةَ نوح ربَّه في ولده، وسؤاله له عن غرقِه، على وجه الاستعلام والاستكشاف، ووجه السؤال: أنَّك وعدَتني بجاة أهلي معي، وهو منهمِ وقد غرقَ، فأجيب بأنه ليس من أهلك، أي: الذين وعدتُ بنجاتهم، أي: أما قُلنا لكَ ﴿وَأَهْلَكَ إِلَّا مَنْ سَبَقَ عَلَيْهِ الْقَوْلُ مِنْهُمْ﴾ [المؤمنون: ٢٧] فكانَ هذا ممن سبقَ عليه القولُ منهم بأنه سيغرق بكفره، ولهذا ساقتْه الأقدارُ إلى أن انحاز عن حوزة أهل الإيمان، فغَرِقَ مع حزبه أهل الكفر والطغيان، ثم قال تعالى: ﴿قِيلَ يَانُوحُ اهْبِطْ بِسَلَامٍ مِنَّا وَبَرَكَاتٍ عَلَيْكَ وَعَلَى أُمَمٍ مِمَّنْ مَعَكَ وَأُمَمٌ سَنُمَتِّعُهُمْ ثُمَّ يَمَسُّهُمْ مِنَّا عَذَابٌ أَلِيمٌ﴾ [هود: ٤٨] هذا أمرٌ لنوحٍ (عليه السلام) لمَّا نضبَ الماءُ عن وجهِ الأرض، وأمكنَ السَّعي فيها والاستقرار عليها، أنْ يهبطَ من السفينة التي
(١) كذا في ب والمطبوع. والسُّقاطة: ما سقط من الشيء. وفي أ وسطالتها: والساطل من الغبار المرتفع، والسَّاطلُ: المُلْبسُ. (٢) أخرجه البخاري (٣٣٢٦) في الأنبياء، ومسلم (٢٨٤١) في الجنة وصفة نعيمها وأهلها. (٣) ما بين حاصرتين سقط من المطبوع، وأثبته من أ وب.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies