Et on dit : il a préservé la chasteté de mille (1) femmes. Plusieurs avis ont été émis sur sa mort ; le plus fameux et le plus authentique – celui auquel al-Khatîb al-Baghdâdî (2) a rapporté l’unanimité – est qu’il mourut en l’an cinquante.
Parmi eux, on compte al-Miqdâd ibn al-Aswad Abû Ma‘bad al-Kindî (3), allié des Banû Zuhra.
L’imam Ahmad (4) a dit : « Nous raconta ‘Affân, nous raconta Hammâd ibn Salama, d’après Thâbit, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn Abî Laylâ, d’après al-Miqdâd ibn al-Aswad : “Je suis arrivé à Médine avec deux compagnons (5). Nous nous sommes montrés aux gens, mais personne ne nous a offert l’hospitalité. Alors nous sommes allés trouver le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) et nous l’en avons informé. Il nous emmena alors chez lui, où il y avait quatre chèvres. Il dit : ‘Ô Miqdâd, traites-les, divise leur lait en quatre parts et donne à chacun la sienne.’ Je fis comme il m’avait dit. Une nuit, je mis de côté pour le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) sa part (6), mais il se fit attendre et je m’étendis sur ma couche. Mon âme me souffla : ‘Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) est allé chez des gens des Ansâr : si tu te levais pour boire sa part…’ Elle n’arrêta pas de m’inciter (8) jusqu’à ce que je me lève et boive sa part. Quand ce lait fut entré dans mon ventre et s’y fut installé (9), je fus saisi de remords, car je me suis dit : ‘Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) va revenir affamé et assoiffé (10) sans rien trouver dans le récipient.’ Alors je couvris mon visage avec mon vêtement.
Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) arriva et salua d’une voix qui peut être entendue par l’éveillé mais n’éveille pas le dormant. Il examina le récipient et n’y trouva rien. Il leva la tête au ciel et dit : ‘Ô Dieu, abreuve qui m’a abreuvé, et nourris qui m’a nourri.’ J’ai alors saisi l’opportunité de son invocation. Je me levai, pris le couteau et m’approchai des chèvres. Je palpai chacune afin de voir laquelle était la plus grasse à égorger. Je posai la main sur le pis de l’une d’elles : il était plein (11). Je regardai les autres : toutes étaient pleines de lait. Je les trayai donc dans un récipient et l’apportai au Prophète (que Dieu le bénisse et le salue). Je lui dis : ‘Bois !’ Il me dit : ‘Qu’y a-t-il, ô Miqdâd ?’ Je répondis : ‘Bois, puis je te dirai.’ Il dit : ‘Certaines de tes mauvaises actions, ô Miqdâd ?’ Il but, puis me demanda de boire. Je lui dis : ‘Bois, ô Prophète de Dieu.’ Il but jusqu’à être rassasié (12), puis je pris le récipient et bus à mon tour. Ensuite, je lui racontai ce qui s’était passé. Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) s’exclama : ‘Hîh ! Voilà donc ce qu’il en était !’ Puis il dit : ‘C’est une bénédiction qui nous est descendue de…’”.”