Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La subsistance (ar-rizq) demeure tant que vos deux têtes peuvent encore bouger, car l’être humain naît de sa mère tout rouge(1), dépourvu de toute enveloppe, puis Dieu lui accorde Sa subsistance – Exalté soit-Il –.

Parmi eux – qu'Allah soit satisfait d'elle – se trouve également Dhu Mikhmar(2) — on l’appelle aussi Dhu Mikhbar(3) —, qui était le neveu du Negus, roi d’Abyssinie (certains disent qu’il était son neveu par sa sœur, mais l’opinion correcte est qu’il était bien le fils de son frère). On l’envoya pour servir le Messager de Dieu (que Dieu le couvre de prières et de salut) à la place du roi.

L’imam Ahmad(4) rapporta : « Abou an-Nadr nous a transmis (ce hadith), Hariz(5) nous a transmis d’après Yazid ibn Sulaïh, d’après Dhu Mikhmar — c’était un homme d’Abyssinie qui servait le Prophète (que Dieu le couvre de prières et de salut) — qui raconta : “Nous étions en voyage avec lui. Il hâta l’allure jusqu’à ce qu’il s’arrête, et il agissait ainsi parce que les provisions étaient maigres. Quelqu’un lui dit alors : ‘Ô Messager de Dieu, le peuple est resté derrière !’ Le Prophète s’arrêta(6) et fit arrêter les gens avec lui, jusqu’à ce qu’ils l’aient tous rejoint. Puis il leur demanda : ‘Ne voudriez-vous pas faire un petit somme ?’ (ou, selon une variante, c’est quelqu’un qui lui en fit la proposition). Ils mirent alors pied à terre, et le Prophète demanda : ‘Qui montera la garde cette nuit ?’ Je répondis : ‘Moi, que Dieu me prenne en rançon pour toi !’ Il me tendit alors la bride de sa chamelle et me dit : ‘Tiens, ne sois pas un sot !’ ”

Le narrateur poursuit : “Je saisis la bride de la chamelle du Messager de Dieu (que Dieu le couvre de prières et de salut) et celle de ma monture, puis je les fis agenouiller non loin de là et les laissai paître. Tandis que je les observais(7), le sommeil finit par m’emporter(8). Je ne sentis plus rien avant que la chaleur du soleil ne frappât mon visage. Je me réveillai, jetai un regard à droite et à gauche, et vis les deux montures non loin de moi. Je repris la bride de la chamelle du Prophète ainsi que celle de ma monture, puis je me rendis auprès des compagnons les plus proches et les réveillai en leur demandant : ‘As-tu prié ?’ Ils répondirent : ‘Non.’ Les gens se réveillèrent alors, les uns grâce aux autres, jusqu’à ce que le Messager de Dieu (que Dieu le couvre de prières et de salut) se réveille lui-même.”

Le Prophète dit alors : “Ô Bilal, y a-t-il de l’eau dans la mîda’a ?” — c’est-à-dire dans la gourde —, et Bilal répondit : “Oui, que Dieu fasse de moi ta rançon !” Il lui apporta de l’eau pour les ablutions, sans qu’on n’y ait mêlé la moindre poussière. Le Prophète ordonna à Bilal de faire l’appel à la prière. Puis le Prophète (que Dieu le couvre de prières et de salut) se leva pour accomplir les deux rak‘as surérogatoires de l’aube, sans se presser. Ensuite, il lui ordonna de faire l’iqâma (le second appel), et il accomplit la prière, tout aussi sereinement. Quelqu’un lui dit : ‘Ô Messager de Dieu, avons-nous manqué l’heure ?’ Il répondit : ‘Non. Dieu a saisi nos âmes, puis nous les a rendues, et nous avons bel et bien prié.’”

Parmi eux – qu'Allah soit satisfait d'elle – se trouvait également Rabi‘a ibn Ka‘b al-Aslami(9), Abou Firas. Al-Awza‘i a dit : « Yahya ibn Abi Kathir m’a rapporté, d’après Abou Salama, d’après Rabi‘a ibn Ka‘b, qui raconta : “Je passais la nuit auprès du Messager de Dieu (que Dieu le couvre de prières et de salut), je lui apportais l’eau pour ses ablutions et m’occupais de ses besoins. Le Prophète se levait durant la nuit et disait : ‘Gloire à mon Seigneur et louange à Lui (Subhan…)’” »

(1) Édition : (Aḥaymar). (2) Le terme n'existe pas dans A. (3) Sa biographie se trouve dans al-Istiʿāb (1/475), Asad al-Ghābah (2/222), et al-Iṣābah (1/488). (4) Musnad de l'imam Aḥmad (4/90-91), c'est un hadith ḥasan. (5) Édition : (Jarīr). Voir également Sīr al-ʿAlām an-Nubalāʾ (7/79). (6) Édition : (Fajlass). (7) Édition : (Kaslikh). (8) Dans A : (ḥattā, « jusqu’à »). (9) Sa biographie se trouve dans al-Istiʿāb (494), Asad al-Ghābah (2/268-269) et al-Iṣābah (1/511).
الرِّزْقِ ما تَهَزْهَزَتْ رُؤُوسُكما، فإنّ الإنسان تَلِدُهُ أُمُّه أحمر (١) ليس عليه قشرة، ثم يرزقه اللّه (عز وجل) ". ومنهم (رضي الله عنها) ذو (٢) مِخْمَر، ويقال: ذو مِخبَر (٣) ، وهو ابن أخي النجاشي مَلِك الحَبَشة، ويقال: ابن أخته. والصحيح الأول. كان بعثه ليخدمَ رسول اللّه ﷺ نيابةً عنه. قال الإمام أحمد (٤) : حَدَّثَنَا أبو النَّضْر، ثنا حَريز (٥) عن يزيد بن صُلَيْح عن ذي مِخْمَر - وكان رجلًا من الحبشة يخدم النَّبِيّ ﷺ قال: كنا معه في سَفَرٍ، فأسرعَ السَّير حتى انصرف، وكان يفعلُ ذلك لقلة الزاد. فقال له قائل: يا رسول اللّه، قد انقطع الناسُ، قال: فحبس (٦) وحبس الناسَ معه، حتى تكاملوا إليه، فقال لهم: "هل لكم أن نَهْجَعَ هَجْعَة؟ " أو قال له قائل: فنزل ونزلوا، فقال: منْ يَكْلؤنا الليلةَ؟ فقلتُ: أنا، جَعَلَني اللهُ فداءك، فأعطانيِ خِطامَ ناقتِهِ، فقال: " هاكَ لا تكونَنَّ لُكَعًا " قال: فأخذتُ بخطام ناقةِ رسولِ الله ﷺ وخطامِ ناقتي، فثَنَخَيْتُ غيرَ بَعيد، فَخَلَّيْتُ سبيلَهما تَرْعَيان. فإنّي في ذلك (٧) أنظرُ إلَيْهما إذ (٨) أخذني النومُ، فلم أشْعُرْ بشيء حتَّى وَجَدْتُ حَرَّ الشَّمْس على وَجْهي، فاستيقَظْتُ فنظرتُ يَمينًا وشمالًا، فإذا أنا بالراحلتين مني غيرَ بعيدٍ، فأخذتُ بخطام ناقةِ رسولِ اللّه ﷺ وبخطامِ ناقتي، فأتيتُ أدْنَى القَوْمِ فأيْقَظْتُهُ، فقُلْتُ: أَصَّلَيْتَ؟ قال: لا، فأيْقَظَ النَّاسُ بعضهم بَعْضًا حتى استيقظَ رسولُ الله ﷺ فقال: " يا بلالُ هل في المِيضأة ماءٌ؟ " يعني الإداوة، فقال: نعم جعلني الله فِدَاك، فأتاهُ بوَضوء لم يُلَتَّ منه الترابُ، فأمر بلالًا فأذَّنَ ثم قام النَّبِيّ ﷺ فصلَّى الركعتين قبلَ الصُّبْح وهو غَيْرُ عَجِلٍ، ثم أمره فأقامَ الصَّلاة، فَصَلَّى وهو غيرُ عَجِلٍ، فقال له قائل: يا رسولَ اللّه أفرَّطْنا؟. قال: " لا، قَبض اللهُ أرواحَنا وَرَدَّها إلينا، وقد صَلَّيْنا ". ومنهم (رضي الله عنها) ربيعة بن كعب الأسلمي (٩) أبو فراس. قال الأوزاعي: حدّثني يحيى بن أبي كثير، عن أبي سلمة، عن ربيعة بن كعب، قال: كنتُ أبيتُ مع رسول الله ﷺ فآتيه بوَضوئه وحاجته، فكان يقومُ من الليل فيقول: "سُبحانَ ربّي وبحمده (سبحان
(١) ط: (أحيمر). (٢) ليس اللفظ في أ. (٣) ترجمته في الاستيعاب (١/ ٤٧٥)، وأسد الغابة (٢/ ٢٢٢)، والإصابة (١/ ٤٨٨). (٤) مسند الإمام أحمد (٤/ ٩٠ - ٩١)، وهو حديث حسن. (٥) ط: (جرير). وانظر سير أعلام النبلاء (٧/ ٧٩). (٦) ط: (فجلس). (٧) ط: (كذلك). (٨) أ: (حتى). (٩) ترجمته في الاستيعاب (٤٩٤)، وأسد الغابة (٢/ ٢٦٨ - ٢٦٩)، والإصابة (١/ ٥١١).

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