“En vérité, il y a là un signe, alors que la plupart d’entre eux n’étaient pas croyants (121). Et ton Seigneur est assurément Lui, le Tout-Puissant, le Très Miséricordieux.” [Ash-Shuʿarâʾ : 119‑122]
Et Il (Exalté soit-Il) dit : “Il demeura donc parmi eux mille ans, moins cinquante années. Puis le Déluge les emporta alors qu’ils étaient injustes (14). Nous le sauvâmes, lui et les gens de l’Arche, et Nous en fîmes un signe pour l’univers.” [Al-ʿAnkabût : 14‑15]
Et Il dit encore : “Ensuite, Nous noyâmes les autres.” [Ash-Shuʿarâʾ : 66]
Il dit également : “Et Nous l’avons certes laissée comme un signe. Y a-t-il donc quelqu’un pour réfléchir ? (15) Et quelle fut alors Ma punition et Mes avertissements ? (16) Nous avons, certes, rendu le Coran facile pour la Remémoration. Y a-t-il donc quelqu’un pour réfléchir ?” [Al-Qamar : 15‑17]
Il dit aussi : “A cause de leurs fautes, ils furent noyés, puis introduits dans le Feu et ils ne trouvèrent point, en dehors d’Allah, de protecteurs (25). Et Noé dit : ‘Seigneur, ne laisse point sur la terre le moindre habitant d’entre les mécréants (26). Si Tu les laisses, ils égareront Tes serviteurs et ne feront naître que des pécheurs, de grands mécréants.’” [Nûḥ : 25‑27]
Dieu – à Lui la louange et la grâce – exauça son invocation, si bien qu’il ne resta parmi eux personne, pas même un clin d’œil. Les imams Abû Jaʿfar ibn Jarîr (1) et Abû Muḥammad ibn Abî Ḥâtim rapportent tous deux dans leurs recueils de Tafsîr, par la chaîne de transmission de Yaʿqûb ibn Muḥammad az-Zuhri, d’après Fāʾid, affranchi de ʿUbayd Allâh ibn Abî Rāfiʿ, qu’Ibrâhîm ibn ʿAbd Ar-Raḥmân ibn Abî Rabîʿah l’informa qu’ʿÂʾishah, Mère des Croyants, l’avait informé que le Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit :
“Si Allah avait fait miséricorde à quiconque du peuple de Noé, assurément Il aurait fait miséricorde à la mère de l’enfant.”
Le Messager d’Allah (sur lui la paix et la bénédiction) a dit : “Noé (sur lui la paix) vécut parmi son peuple pendant mille ans – autrement dit, moins cinquante années. Il planta des arbres pendant cent ans ; ils grandirent, se déployèrent de toutes parts. Puis il les coupa et en fit une arche. Les gens passaient devant lui et se moquaient en disant : ‘Tu fabriques un bateau sur la terre ferme ? Comment voguerait-il ?’ Il répondait : ‘Vous saurez bientôt.’ Lorsque Noé acheva [l’arche] et que l’eau commença à jaillir, en recouvrant les ruelles, la mère de l’enfant craignit pour lui ; elle l’aimait d’un amour intense. Elle gravit la montagne avec lui jusqu’au tiers de celle-ci, mais l’eau la rejoignit. Elle gravit plus haut jusqu’au sommet, et lorsque l’eau parvint à son cou, elle leva l’enfant de ses mains ; alors ils se noyèrent tous deux. Si Allah avait fait miséricorde à quiconque d’entre eux, assurément Il aurait fait miséricorde à la mère de l’enfant.””
C’est un ḥadîth qualifié de “rare” (gharîb). Un récit semblable a été rapporté par Kaʿb al-Aḥbâr, Mujâhid (2) et d’autres, et il est plus probable que ce ḥadîth soit un propos rapporté de ces premières sources, tel Kaʿb al-Aḥbâr, et Allah sait mieux.
Quoi qu’il en soit, Allah ne laissa aucun mécréant demeurer sur terre. Comment se peut-il donc que certains exégètes prétendent quʿAwj ibn ʿAnaq (3) – ou selon d’autres “ibn ʿAnâq” – ait vécu depuis l’époque de Noé jusqu’à celle de Moïse ? Ils disent qu’il était un incroyant rebelle, un tyran obstiné, né d’une filiation illicite : sa mère, ʿAnâq fille d’Adam, l’aurait enfanté d’un adultère. Ils avancent qu’il aurait pêché du poisson depuis le fond des mers grâce à sa gigantesque taille, puis l’aurait fait griller au soleil, qu’il se serait moqué de Noé dans l’arche en la traitant de vulgaire “gamelle”, et qu’il aurait mesuré trois mille coudées, trois cents trente-trois coudées et un tiers, ainsi que diverses autres absurdités. N’eût été le fait qu’elles figurent dans de nombreux ouvrages de tafsîr, d’histoire et de chroniques, on ne s’y serait même pas attardé.”