Section : Quant à ses serviteurs – qu’Allah le couvre de bénédiction et de paix – qui l’ont servi parmi les Compagnons sans être ses affranchis, il y avait notamment Anas ibn Mâlik ibn an-Nadr (1) ibn Damdam ibn Zayd ibn Ḥarâm ibn Jundub ibn ‘Âṣim ibn Ghanm ibn ‘Adî ibn an-Najjâr al-Anṣârî an-Najjârî, Abou Ḥamza al-Madanî, qui s’établit par la suite à Bassora. Il servit le Messager de Dieu – qu’Allah le couvre de bénédiction et de paix – durant toute la période de son séjour à Médine, soit dix années, sans jamais être réprimandé pour quoi que ce fût. Jamais le Prophète ne lui dit au sujet d’une chose qu’il avait faite : « Pourquoi l’as-tu faite ? » ni pour ce qu’il n’avait pas faite : « Pourquoi ne l’as-tu pas faite ? »
Sa mère était Umm Sulaym bint Milḥân ibn Khâlid ibn Zayd ibn Ḥarâm. C’est elle qui l’offrit au Messager de Dieu – qu’Allah le couvre de bénédiction et de paix – qui l’accepta, puis elle lui demanda de prier en sa faveur. Il invoqua alors : « Ô Allah, multiplie pour lui ses biens et sa descendance, prolonge sa vie et fais-le entrer au Paradis. » Anas dit : « J’ai vu deux de ces invocations se réaliser et j’attends encore la troisième. Par Dieu, j’ai des biens considérables, et mes enfants et les enfants de mes enfants atteignent environ cent âmes. » Dans une autre version, il est rapporté : « Ma vigne produit deux fois par an, et j’ai de ma propre descendance cent six enfants. »
On diverge au sujet de sa participation à la bataille de Badr. Al-Anṣârî a rapporté de son père, rapportant de Thumâma que l’on demanda à Anas : « As-tu assisté à Badr ? » Il répondit : « Où pourrais-je donc être parti pour manquer Badr, que ta mère te perde !? » Cependant, la version la plus connue est qu’il ne la rejoignit pas en raison de son très jeune âge, et il ne participa pas non plus à Uḥud pour la même raison. En revanche, il assista à al-Ḥudaybiya, à Khaybar, à la ‘Umra de réparation, à la Conquête (de La Mecque), à Ḥunayn, à la bataille de Ṭâ’if et aux campagnes subséquentes.
Abou Hurayra (3) dit à son sujet : « Je n’ai vu personne dont la prière ressemble autant à celle du Messager de Dieu – qu’Allah le couvre de bénédiction et de paix – que celle du fils d’Umm Sulaym, c’est-à-dire Anas ibn Mâlik. » Quant à Ibn Sîrîn (4), il affirma qu’il était l’homme dont la prière était la plus accomplie, en voyage comme sur place.
Anas mourut à Bassora. Selon ‘Alî ibn al-Madînî (5), il fut le dernier Compagnon à y avoir survécu, et son décès eut lieu en l’an 90. D’autres disent qu’il mourut en 91, ou en 92, ou encore en 93 de l’Hégire, et c’est cette dernière date qui est la plus souvent retenue. Concernant son âge au moment de sa mort, l’imam Aḥmad rapporte dans son « Musnad » (6) : « Nous a rapporté Mu‘tamir ibn Sulaymân, d’après… »