Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou Dâoûd (1) et Ibn Mâjah (2) ont rapporté, d’après la chaîne de transmission de Al-Walîd ibn Muslim, lequel la tenait de Ibn Thawbân, de son père, et d’Abou Kabsha al-Anmârî, que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) se faisait pratiquer la saignée (hijâma) sur le sommet de sa tête et entre ses deux épaules. At-Tirmidhî (3) a, pour sa part, rapporté ce qui suit : « Nous raconta Humayd ibn Mas‘adah ; il nous raconta que Muhammad ibn Humrân lui rapportait, de la part d’Abou Sa‘îd – c’est-à-dire ‘Abdallah ibn Busayr – qui dit : “J’ai entendu Abou Kabsha al-Anmârî dire : Les manches (4) des Compagnons du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) étaient larges.” »

Parmi eux se trouvait Abou Muwayhiba, son affranchi (– qu'Allah leur fasse miséricorde –). Il était issu des enfants nés chez Muzaynah. Le Messager de Dieu l’avait acheté, puis affranchi, et l’on ne connaît pas son nom (– qu'Allah soit satisfait de lui –). Mus‘ab (5) az-Zubayrî relate qu’Abou Muwayhiba participa à la bataille de al-Muraysî‘, et c’est lui qui conduisait la chamelle de ‘Â’ishah (– paix sur lui –).

Il a déjà été mentionné le récit rapporté par l’imam Ahmad avec sa chaîne de transmission (6) à son sujet, lorsqu’il accompagna le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) de nuit au cimetière d’al-Baqî‘. Là, le Prophète (– qu'Allah leur fasse miséricorde –) marqua un temps d’arrêt, pria pour eux et implora pour eux le pardon, puis il dit : « Heureux êtes-vous de ce qui vous échoit par rapport à ce que les gens vont subir (7) : voici que surviennent des tentations aussi obscures que les ténèbres de la nuit (8), se chevauchant les unes les autres, la dernière étant plus rude que la précédente. Heureux êtes-vous d’en être épargnés. »

Puis il reprit et dit : « Ô Abou Muwayhiba, on m’a offert le choix entre recevoir les clefs de tout ce qui sera abondamment octroyé à ma communauté après moi et le Paradis, ou bien la rencontre avec mon Seigneur ; j’ai choisi la rencontre avec mon Seigneur. » Il ajouta : « Il ne se passa alors que sept – ou huit – jours avant qu’il ne quittât ce monde. »

Tels furent donc ses serviteurs (– paix sur lui –). Quant à ses servantes (9) (– qu'Allah leur fasse miséricorde –), on compte parmi elles ‘Amatullâh bint Razînah (10). Cependant, la position correcte est que la Compagnie (as-suhbah) concerne plutôt sa mère, Razînah, comme il sera expliqué. Mais il a été rapporté

(1) Abū Dāwūd (3859). Sa chaîne de transmission est bonne. Ibn Thawbān est ʿAbd al-Raḥmān ibn Thābit ibn Thawbān al-ʿAnṣī, un narrateur honnête au hadith correct, comme nous l’avons expliqué dans al-Taḥrīr (2/309). Son père est fiable. (2) Ibn Mājah (3484). (3) al-Tirmidhī (1782), et sa chaîne est faible. (4) Les cumā-m (casquettes) des compagnons du Messager de Dieu ﷺ étaient plates ; le cumā est le pluriel de kummah, qui désigne la calotte. Autrement dit, elle était posée à plat, non dressée, donc collée à la tête et ne dépassant pas dans l'air (al-Nihāya : baṭḥ - kummam). (5) Tiré de : (Abū Muṣʿab). Le hadith dans Tārīkh Dimashq - Dār al-Fikr (4/301). (6) Tiré de : (w bisanadihi), le wāw est ajouté inutilement. Il est chez Aḥmad dans al-Musnad (3/488) et la chaîne est faible. (7) Tiré de : (baʿḍ al-nās). (8) L’expression n’est pas dans A. (9) A : (wa imā’uhu ﷺ). (10) Sa biographie est dans Tārīkh Dimashq (4/305), Asad al-Ghābah (7/23), et al-Iṣābah (4/302).
وروى أبو داود (١) وابن ماجة (٢) من حديث الوليد بن مسلم، عن ابن ثَوْبان، عن أبيه، عن أبي كَبْشَة الأنْماري، أنّ رسول اللّه ﷺ كان يَحْتَجِمُ على هامَتهِ وبين كَتفَيه. وروى الترمذي (٣) : ثنا حُمَيدُ بن مَسْعَدَةَ، ثنا محمد بن حُمْران، عن أبي سعيدٍ، - وهو عبد اللّه بن بُسْير - قال: سمعتُ أبا كَبْشة الأنْماري يقول: كانَتْ كِمام (٤) أصْحاب رسول اللّه ﷺ بُطْحًا. ومنهم أبو مُوَيْهِبة مولاه (رحمهم الله) ، كان من مُوَلَّدي مُزَيْنَة، اشتراه رسول اللّه فأَعْتَقَهُ، ولا يُعْرَفُ اسمُه (رضي الله عنه) . وقال مصعب (٥) الزُّبَيْري: شهدَ أبو مُوَيْهبة المُرَيْسيع، وهو الذي كانَ يقودُ لعائشة (عليه السلام) بعيرَها. وقد تقدَّم ما رواه الإمام أحمد بسند (٦) عنه في ذهابه مع رسول اللّه ﷺ في الليل إلى البقيع، فوقف (رحمهم الله) ، فدعا لهم، واستغفر لهم، ثم قال: "لِيَهْنكُم ما أنتُمْ فيه مما فيه الناس (٧) ، أتت الفتنُ كَقطَعِ اللَّيْلِ المُظْلِم (٨) يركَبُ بعضُها بعضًا، الآخِرَةُ أشدُّ من الأولى، فَلْيَهْنِكُم [ما] أنتم فيه" ثم رَجَعَ فقال: "يا أبا مُوَيْهبَة إني خُيِّرْتُ مفاتيحَ ما يُفْتحُ على أُمَّتي من بعدي والجَنَّةَ أو لقاءَ ربِّي، فاخْتَرْتُ لِقاءَ رَبِّي" قال فما لبث بعد ذلك إِلَّا سبعًا - أو ثمانيًا - حتى قبِضَ. فهؤلاء عبيده (عليه السلام) . إماؤه (٩) (رحمهم الله) فمنهن أمة اللّه بنت رَزينة (١٠) الصحيحُ أنَّ الصُّحْبَة لأُمِّها رَزينة كما سيأتي، ولكن وَقَعَ
(١) أبو داود (٣٨٥٩). وإسناده حسن، ابن ثوبان هو عبد الرحمن بن ثابت بن ثوبان العنسي صدوق حسن الحديث، كما بيناه في التحرير (٢/ ٣٠٩) وأبوه ثقة. (٢) ابن ماجة (٣٤٨٤). (٣) الترمذي (١٧٨٢)، وإسناده ضعيف. (٤) كانت كمام أصحاب رسول اللّه ﷺ بُطْحًا: والكمام جمع كُمّة، وهي القلنسوة، يعني أنها كانت منبطحة غير منتصبة، أي لازقة بالرأس غير ذاهبة في الهواء (النهاية: بطح - كمم). (٥) ط: (أبو مصعب). والخبر في تاريخ دمشق - دار الفكر (٤/ ٣٠١) -. (٦) ط: (وبسنده) والواو زائدة، وهو عند أحمد في المسند (٣/ ٤٨٨) وإسناده ضعيف. (٧) ط: (بعض الناس). (٨) ليس اللفظ في أ. (٩) أ: (وإماؤه ﷺ ). (١٠) ترجمتها في تاريخ دمشق (٤/ ٣٠٥)، وأسد الغابة (٧/ ٢٣)، والإصابة (٤/ ٣٠٢).

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