At-Tirmidhî (1) a rapporté, d’après Zayd ibn Akhzam, d’après ‘Uthmân ibn Farqad, d’après Ja‘far ibn Muhammad, qui a dit : Ibn Abî Râfi‘ m’a informé en disant : « J’ai entendu Shuqrân déclarer : “Par Dieu, c’est moi qui ai étendu la qatîfah (pièce de tissu) sous le Messager de Dieu ﷺ dans la tombe.” » Et selon Ja‘far ibn Muhammad, d’après son père : « Celui qui a creusé la niche (2) de la tombe du Prophète ﷺ est Abû Talhah, et celui qui y déposa la qatîfah (3) est Shuqrân. »
Puis At-Tirmidhî ajouta : « Il s’agit d’un hadith “hasan gharîb” (4). » Il est déjà rapporté que Shuqrân assista à la toilette funéraire du Messager de Dieu ﷺ, descendit dans sa tombe et y déposa la qatîfah sur laquelle le Prophète ﷺ priait, en disant : « Par Dieu ! Personne ne la portera après toi. » Al-Hâfizh Abû al-Hasan ibn al-Athîr a en outre mentionné dans son ouvrage Al-Ghâbah (5) que la descendance de Shuqrân s’est éteinte et que le dernier de ses descendants mourut à Médine à l’époque de Hârûn ar-Rachîd.
Parmi eux se trouve également Dumayrah ibn Abî Dumayrah al-Himyarî (6), qui fut capturé avant l’islam. Le Prophète ﷺ l’acheta alors et l’affranchit, comme l’a relaté Mus‘ab az-Zubayrî. Il mentionne que Dumayrah possédait une maison au Baqî‘ et eut une descendance. ‘Abd Allâh ibn Wahb a rapporté, d’après Ibn Abî Dhi’b, d’après Husayn ibn ‘Abd Allâh ibn Dumayrah, selon son père, d’après son grand-père Dumayrah, que le Messager de Dieu ﷺ passa un jour auprès de la mère de Dumayrah alors qu’elle pleurait. Il lui demanda : « Pourquoi pleures-tu ? Es-tu affamée ? Te manquent-ils des vêtements ? » Elle répondit : « Ô Messager de Dieu, on m’a séparée de mon fils. » Alors le Messager de Dieu ﷺ dit : « On ne sépare pas une mère de son enfant. » Puis il fit appeler celui qui détenait Dumayrah, l’invita à venir et le lui acheta contre un chameau. Ibn Abî Dhi’b ajouta ensuite : « Il me lut un document dont il disposait : “Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Il s’agit d’un écrit rédigé par Muhammad, Messager de Dieu, à Abû Dumayrah et à sa famille : le Messager de Dieu les a affranchis et ils sont une famille issue des Arabes. S’ils souhaitent demeurer auprès du Messager de Dieu, ils le peuvent ; s’ils préfèrent regagner leur peuple, ils le peuvent également. Nul ne doit jamais s’en prendre à eux, si ce n’est de plein droit. Que tout musulman qui les rencontre soit bienveillant envers eux. Écrit par Ubayy ibn Ka‘b.” »
Parmi eux se trouve également Tahmân (8), que l’on nomme parfois Dhakwân, ou encore Mihrân, ou Maymûn, et d’aucuns l’ont appelé Kaysân, ou ont dit