Il (– qu'Allah soit satisfait de lui –) se rendit à la cité prophétique en évoquant la description de sa conversion à l’Islam, au début de l’Hégire vers Médine. Il mourut en l’an trente-cinq, à la fin du califat de ‘Uthmân, ou au début de l’an trente-six. On a également avancé qu’il serait décédé à l’époque de ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb, mais la première opinion est la plus répandue.
Al-‘Abbâs ibn Yazîd al-Baḥrânî (1) rapporta que les savants ne doutaient pas qu’il ait vécu deux cent cinquante ans, et qu’ils divergeaient par ailleurs quant au surplus, allant jusqu’à trois cent cinquante ans. Certains hadithologues plus tardifs affirmèrent qu’il ne dépassa pas la centaine. Dieu est le plus savant de ce qu’il en est.
Parmi eux, on compte également Shuqrân l’Éthiopien (2), dont le nom est Ṣâliḥ ibn ‘Adiyy. Il fut hérité par (– qu'Allah leur fasse miséricorde –) de son père. Mus‘ab az-Zubayrî et Muḥammad ibn Sa‘d (3) déclarèrent qu’il appartenait à ‘Abd al-Raḥmân ibn ‘Awf, qui le donna ensuite au Prophète (ﷺ). Aḥmad ibn Ḥanbal rapporta, par l’intermédiaire d’Isḥâq ibn ‘Isâ, d’après Abû Ma‘shar, que celui-ci le mentionnait parmi ceux qui assistèrent à la bataille de Badr, en disant : « Le Messager d’Allah (ﷺ) ne lui attribua pas de part. » De même, Muḥammad ibn Sa‘d le compta parmi ceux qui étaient présents à Badr (4). Or il était esclave, raison pour laquelle on ne lui octroya pas de butin. Au lieu de cela, le Prophète (ﷺ) l’employa auprès des prisonniers ; chaque homme qui détenait un captif lui donna quelque chose, si bien qu’il obtint davantage qu’une part complète.
Il précisa en outre qu’à Badr, il y eut trois autres serviteurs en dehors de lui : l’un appartenait à ‘Abd al-Raḥmân ibn ‘Awf, un autre à Ḥâṭib ibn Abî Balta‘a, et un dernier à Sa‘d ibn Mu‘âdh. On leur donna de quoi faire, mais on ne leur attribua pas de part entière. Abû al-Qâsim al-Baghawî expliqua qu’il n’était pas fait mention de Shuqrân parmi ceux qui assistèrent à Badr dans le livre d’az-Zuhrî ni dans celui d’Ibn Isḥâq.
Al-Wâqidî (7) relata, d’après Abû Bakr ibn ‘Abd Allâh ibn Abî Sabra, lui-même rapportant d’Abû Bakr ibn ‘Abd Allâh ibn Abî Jahm, que le Messager d’Allah plaça Shuqrân, son affranchi, à la tête de tout ce qui fut trouvé dans les bagages [des gens] d’al-Muraysî‘, que ce soit de vieux objets, des armes, du bétail, des moutons, et de la mise à l’écart des familles.
L’imam Aḥmad (8) dit : « Nous raconta Aswad ibn ‘Âmir : Muslim ibn Khâlid nous transmit, d’après ‘Amr ibn Yaḥyâ al-Mâzinî, d’après son père, qu’il tenait de Shuqrân, l’affranchi du Messager d’Allah (ﷺ), lequel déclara : “Je l’ai vu — c’est-à-dire le Prophète (ﷺ) — se diriger vers Khaybar sur un âne, priant dessus en faisant de simples gestes.” » Ces hadiths témoignent qu’il (– qu'Allah soit satisfait de lui –) assista bel et bien à ces expéditions.