Le souverain d’Alexandrie, qui s’appelait Jurayj ibn Mînâ, offrit Mariya avec sa sœur Sîrîn(1). Abû Nu‘aym rapporte qu’il la lui offrit parmi quatre servantes – Dieu sait mieux –, ainsi qu’un esclave eunuque nommé Mâbûr et une mule appelée al-Duldul. Le Prophète (ﷺ) accepta alors ce présent.
Il choisit Mariya pour lui-même. Elle était originaire d’une localité d’Égypte nommée Hafn, dans la région d’Ansina. Plus tard, au cours de son gouvernement, Mu‘âwiya ibn Abî Sufyân supprima l’impôt foncier pesant sur les habitants de cette ville, en reconnaissance du fait qu’elle avait enfanté un fils du Messager de Dieu (ﷺ), à savoir Ibrâhîm (– qu'Allah leur fasse miséricorde –).
On raconte que Mariya était une femme belle et à la peau claire, dont le Prophète (ﷺ) fut particulièrement épris. Elle occupait une place importante auprès de lui, surtout après la naissance de leur fils Ibrâhîm. Quant à sa sœur Sîrîn(1), le Prophète (ﷺ) la donna à Hassân ibn Thâbit, et elle lui enfanta un fils, ‘Abd ar-Rahmân ibn Hassân.
S’agissant de l’eunuque appelé Mâbûr, il entrait auprès de Mariya et de Sîrîn sans permission, comme cela se faisait habituellement en Égypte. Certains s’en indignèrent, ignorant qu’il s’agissait d’un eunuque, jusqu’à ce que la vérité fût révélée(2), ce qui sera expliqué plus tard, si Dieu le veut.
Pour la mule, le Prophète (ﷺ) la montait régulièrement. Il est fort probable – Dieu sait mieux – que ce fût celle qu’il utilisa lors de la bataille de Hunayn. Cet animal vécut longtemps : il se trouva ensuite chez ‘Alî ibn Abî Tâlib pendant son gouvernement, puis après la mort de ce dernier, il passa à ‘Abd Allâh ibn Ja‘far ibn Abî Tâlib. La mule parvint à un âge avancé, au point que l’on devait broyer l’orge pour qu’elle puisse se nourrir.
Abû Bakr ibn Khuzayma(3) a rapporté, via une chaîne de transmission remontant à Burayda ibn al-Husayb, que « le gouverneur des Coptes envoya au Messager de Dieu deux servantes sœurs et une mule. Il se déplaçait en ville sur cette mule. Il garda l’une des deux servantes pour lui-même, qui lui enfanta Ibrâhîm, et il offrit l’autre. »
Al-Wâqidî rapporte également, selon Ya‘qûb ibn Muhammad ibn Abî Sa‘sa‘a, lequel tient de ‘Abd Allâh ibn ‘Abd ar-Rahmân ibn Abî Sa‘sa‘a, que « le Messager de Dieu (ﷺ) admirait Mariya la Copte, qui était blanche, aux cheveux bouclés et d’une grande beauté. Il l’installa, ainsi que sa sœur, chez Umm Sulaym bint Milhân. Le Prophète (ﷺ) alla alors à leur rencontre, leur proposa l’islam et elles se convertirent sur place. Il considéra Mariya dans le cadre de sa possession légale et la transféra sur un domaine qui lui appartenait dans la région d’al-‘Awâli, issu des biens des Banû an-Nadîr. Elle y demeurait en été et pendant la récolte des dattes, et le Prophète (ﷺ) se rendait auprès d’elle. Elle faisait preuve d’une belle pratique religieuse. Il donna sa sœur Sîrîn à Hassân ibn Thâbit, qui eut d’elle ‘Abd ar-Rahmân. Mariya mit au monde pour le Messager de Dieu (ﷺ) un garçon qu’il nomma Ibrâhîm. Celui-ci (ﷺ) sacrifia un mouton le septième jour, rasa la tête de l’enfant, donna en aumône le poids de ses cheveux en argent aux nécessiteux et fit enterrer ces cheveux. Il l’appela Ibrâhîm. »