Et ʿAbd al-Razzâq (1) a rapporté, d’après Maʿmar, d’après al-Zuhrî (2), d’après Saʿîd ibn al-Musayyib, d’après Abou Hurayra, que le Messager de Dieu (ﷺ) demanda la main de Umm Hânî bint Abî Tâlib. Elle dit : « Ô Messager de Dieu, je suis déjà âgée et j’ai des enfants. »
Al-Tirmidhî (3) a également rapporté : ʿAbd ibn Humayd nous a transmis, ʿUbayd (4) Allâh ibn Mûsâ nous a transmis, de la part d’Isrâ’îl, d’après al-Suddî, d’après Abou Sâliḥ, d’après Umm Hânî bint Abî Tâlib, qui a dit : « Le Messager de Dieu (ﷺ) m’a demandée en mariage ; je me suis excusée auprès de lui et il m’en dispensa. » Puis Dieu fit descendre ce verset : « En vérité, Nous t’avons rendues licites tes épouses à qui tu as donné leur dot, ainsi que celles que ta main droite possède de ce qu’Allah t’a accordé, et [toutes] les filles de tes oncles paternels et de tes tantes paternelles, de tes oncles et de tes tantes maternels qui ont émigré avec toi » (Al-Aḥzâb, 50). Elle commenta : « N’étais-je donc pas licite pour lui ? Car je n’ai pas émigré : j’étais l’une des “ṭulaqâʾ” (les graciés). »
Cela laisse entendre que la femme qui ne faisait pas partie des émigrantes ne lui était pas permise (ﷺ). Le cadi al-Mâwardî a rapporté cette opinion, de façon générale, dans son “Tafsîr”, d’après certains savants. On a également dit que l’expression « celles qui ont émigré avec toi » (Al-Aḥzâb, 50) visait uniquement les parentes mentionnées dans le verset. Qatâda a dit : « Celles qui ont émigré avec toi » signifie « Celles qui se sont converties avec toi. » Ainsi, selon cette interprétation, ne lui seraient interdites que les femmes des mécréants, et toutes les musulmanes lui seraient alors permises. Cela ne s’oppose donc pas au fait qu’il ait pu épouser certaines femmes des Anṣâr, si la chose est avérée, mais il n’est pas entré en intimité avec l’une d’entre elles. Quant au propos rapporté par al-Mâwardî, se référant à al-Shaʿbî et selon lequel Zaynab bint Khuzayma — surnommée « Mère des pauvres » — serait Anṣârite, il n’est pas exact, car il existe un consensus sur le fait qu’elle était Hilâlite, comme cela a déjà été exposé. Et Dieu est plus savant.
Muhammad ibn Saʿd (6) a rapporté, d’après Hishâm ibn al-Kalbî, de son père, d’Abou Sâliḥ, d’après Ibn ʿAbbâs, qui a dit : « Laylâ bint al-Khaṭîm vint trouver le Messager de Dieu (ﷺ), lequel tournait alors le dos au soleil. Elle frappa son épaule et il dit : “Qui est-ce donc, ô mangeuse (7) d’(8) ?” Elle répondit : “Je suis la fille de celui qui nourrit les oiseaux, rivalise avec le vent ; je suis Laylâ bint al-Khaṭîm. Je suis venue me proposer à toi en mariage.” Il répondit : “Je l’ai déjà fait.” Elle retourna donc auprès des siens et leur annonça : “Je me suis mariée au Prophète (ﷺ).” Ils lui dirent : “Quel mauvais choix as-tu fait ! Tu es une femme très jalouse, et le Messager de Dieu (ﷺ) a déjà plusieurs femmes. Tu risques de le rendre jaloux et qu’il invoque Dieu contre toi. Va donc le prier de te délier.” Elle revint donc auprès du Prophète et dit : “Délie-moi, ô Messager de Dieu.” Il l’exauça. Elle épousa alors Masʿûd ibn Aws ibn Sawâd ibn Ẓafar, dont elle eut des enfants. Un jour, tandis qu’elle se lavait dans l’un des jardins de Médine, un loup noir bondit sur elle, la dévora en partie et elle mourut.”